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Culture

Rabat: Regard sur une capitale au passé glorieuxPar Abdellah TALEB*

Par L'Economiste | Edition N°:1453 Le 06/02/2003 | Partager

Penser à un pays nous amène instinctivement à nous remémorer le nom de sa capitale. Il y a aussi cette impression bizarre que les noms des pays du monde entier sont assortis à ceux de leurs capitales, et cela, dans toutes les langues. Rabat en fait partie. Une ville glorieuse, chargée d'histoire et de culture. Evoquons une date toute récente: Rabat des années 60-70. Heureux sont ceux qui ont eu la chance d'y vivre à cette époque. Du temps où les quartiers nous enchantaient avec leurs maisons et villas rustiques, aux petits murs et clôtures en bois et portillons, au bord de chaussées bien entretenues. Le centre-ville, où les avenues Mohammed V et Allal Ben Abdellah avaient tout leur charme. C'était l'âge d'or de Rabat, avec ses galeries Lafayette, sa plage aux cabanons. On pouvait traverser la ville de long en large, d'une périphérie à l'autre, de jour comme de nuit, sans le moindre souci de sécurité. Une ville bien aimée. On la quittait à regret, on y revenait avec plaisir.Je me souviens à l'occasion d'une fête nationale, où une foule de personnes ont chanté en choeur toute la nuit avec l'artiste marocain Vigon, en plein avenue Mohammed V, dans une ambiance et un ordre dignes des villes les plus civilisées. Pas la moindre anicroche ni vandalisme.Comme toute bonne ville qui se respecte, Rabat avait aussi sa banlieue. Des quartiers populaires sans densité démographique. La juste dose d'habitations et d'habitants. Les gens y vivaient en communauté, où tout le monde se connaissait. Ces quartiers avaient certes aussi leurs bandes de durs, avec leurs hiérarchies habituelles, sans rien de méchant. Jamais de violence gratuite et aveugle. Pas de psychotropes ou de drogues dures. Pas de lames de rasoir ni d'épées; d'ailleurs, tous les casse-cou d'antan se sont convertis en bons pères de famille.. Dégradation Toutes les capitales ont connu, dans leur histoire, des périodes de déclin. Il n'y a aucune gêne à citer et recenser les problèmes de la ville dans le but de les circonscrire. Depuis deux décennies, Rabat connaît un processus de transformation intensif et extensif qui affecte tant la morphologie urbaine que la distribution au niveau espace des populations citadines. Aujourd'hui, c'est une ville qui est dans un état préoccupant. Le vieillissement radical des réseaux d'infrastructures urbaines a atteint un stade de dégradation critique. Rien, non plus, n'a été entrepris pour préserver et sauvegarder le patrimoine existant.Le contexte ne permet pas d'énumérer tous les déboires et les dommages subits par la ville. Limitons-nous à un seul exemple, qui résume à lui seul toute l'ampleur du problème. Le cas des deux avenues, Mohammed V et Allal Ben Abdellah, les plus animées du centre-ville, qui, jadis, étaient des fleurons. Les commerces et magasins huppés étaient tenus de façon impeccable, reflétant le savoir-faire et le professionnalisme de ses gérants. Actuellement, le carrelage de la chaussée est parsemé de stationnements sauvages des deux roues. Pire encore, on y a planté des points fixes et permanents, de petits vendeurs de «décibels« en cassettes piratées, de cigarettes au détail et de friperie. Faut-il rappeler que Rabat, qui est de surcroît une capitale, a des droits, elle a des «tuteurs« qui sont sa préfecture, ses municipalités. Il ne faut pas oublier que tous ces hauts fonctionnaires de l'administration publique, des offices et organismes qui ont leur siège à Rabat, ceux-là mêmes qui, aujourd'hui, font partie de cette élite qui forme les cercles de prise de décision, ont, pendant des périodes de leurs vies, arpenté cette avenue qui les a couvé de ses vitrines, alors qu'ils étaient encore au tout début de leurs carrières. A présent, ils l'ont oublié?! Elle ne fait plus partie de leurs itinéraires?! Tenus par des obligations parlementaires, qui les obligent à se déplacer au centre-ville, certains Messieurs de la haute hiérarchie, ‘'pas tous, heureusement'', ne trouvent pas meilleur moyen de faire valoir leurs hauts grades et se sentir supérieurs qu'en garant leurs grosses voitures au beau milieu de la chaussée de l'avenue Mohammed V, sur un long tronçon, quotidiennement et pour des journées entières. Une démonstration on ne peut plus claire et convaincante du degré d'insouciance qui caractérise quelques-uns de nos intellectuels. Tout cela porte préjudice et contraste mal avec l'imposant édifice du Parlement, la plus prestigieuse des institutions du pays, “et tout ceci ne fera, évidemment, jamais l'objet d'une question orale”. Si c'est un problème de péage qui les poussent à agir ainsi; un petit badge de quelques centimètres carrés, au coin du pare-brise, après concertation avec la société des parkings de Rabat, remettra tout en ordre, si toutefois, il s'agit bien d'un problème d'horodateurs, au lieu de cette violation pure et simple des droits des piétons, obligés de faire des slaloms ou carrément marcher à même le macadam, risquant leurs arrières et leurs flancs. Rabat, ville réputée pour sa beauté tranquille, est en train de s'effriter sous le poids corrosif de l'indifférence. Son image de havre de paix n'en finit pas de ternir, rongée par un sentiment d'ingratitude de la part de ceux qu'elle a servi durant tant d'années et qui continuent à la brader pour le bonheur de certains «prédateurs«. Ces besogneux sans délicatesse sont en train de la soumettre aux vicissitudes d'une exploitation purement lucrative; la «métastasant« de centaines de panneaux de gardiennage, ornés de sabots hideux, côtoyant la présence pesante de bidules, distribuant des tickets en contrepartie de services nuls et imposés, telles des machines à sous, sans gains. L'état actuel des choses nous interpelle à orienter notre vision, sur une perspective d'avenir, garantissant à Rabat un développement urbain harmonieux, allant avec son statut de ville capitale, apte à s'acquitter de sa mission multidimensionnelle, où elle joue un rôle non négligeable d'un point de vue diplomatique, culturel et artistique.Rabat a un nouveau wali, de nouveaux élus, un nouveau gouvernement avec ses 39 ministres. Ils y habitent tous. Ils peuvent lui rendre toute sa splendeur de ville capitale. Il suffit d'un sursaut d'orgueil.


Capitale, reflet d'un pays

Généralement, les villes qui ont le statut privilégié de capitale administrative, où il y a une concentration accrue et permanente de la représentation diplomatique internationale, des ambassades et organisations, ces villes sont obligées de maintenir une évolution positive constante. Elles reflètent le vrai visage du pays hôte. C'est le passage obligé des politiques, des diplomates et des délégations d'hommes d'affaires étrangers, éventuels investisseurs. Les premières impressions, dès la première visite, comptent beaucoup dans l'idée qu'ils se font du pays et de la société qui le compose. En principe, ces villes jouissent d'attentions particulières en aménagements et en constructions architecturales où l'esthétique joue un rôle prépondérant.* Fonctionnaire

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