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Problématique de l'eau: Un double défi
Par Abdelkebir Zahoud, secrétaire d'Etat chargé de l'Eau

Par L'Economiste | Edition N°:1706 Le 17/02/2004 | Partager

L'eau est un élément naturel et essentiel à l'humanité, à son essor économique et social et au maintien de l'équilibre écologique. Le manque d'eau, comme d'ailleurs son excès, consécutifs aux périodes de sécheresse et d'inondation, constituent des facteurs limitants et des handicaps majeurs de développement durable dans plusieurs régions du monde.Nombre de conférences et réunions internationales à l'échelle mondiale, avec l'appui et le soutien de plusieurs organisations internationales, ont depuis déjà quelques décennies incité à une meilleure prise de conscience des enjeux stratégiques mondiaux en relation avec l'eau. En effet, une des principales conditions d'un développement économique durable à long terme, est la gestion efficace des ressources en eau, et le renforcement des capacités de leur planification et de leur gestion, ceci par l'élaboration d'une stratégie nationale indispensable à la mise en œuvre d'une politique de l'eau, guidée par des objectifs précis. Les grandes rencontres internationales, depuis la 1er conférence de l'ONU à Stockholm sur l'environnement, jusqu'au Forum mondial de l'eau à Kyoto en mars 2003 qui a vu à l'actif du Maroc sa participation hautement distinguée par l'octroi du 1er trophée Hassan II de l'eau, en passant par Mar Der Plata (1977), Dublin (1992), Marrakech (1997), Paris (1998), La Haye (2000), la déclaration du Millénaire (2000) et le sommet de la Terre à Johannesburg (2002) ont recommandé la mise en oeuvre d'importantes mesures à moyen et long termes pour protéger l'eau et la mettre en valeur à des fins de lutte contre la pauvreté dans le cadre d'un élan soutenu de solidarité internationale.La tradition de l'eau au Maroc est ancestrale. En effet, les premières grandes villes marocaines sont nées près des cours d'eau ou de sources pérennes. Fès fut fondée il y a 12 siècles au bord de oued Fès, non loin du Sebou au milieu de dizaines de sources jaillissantes. A chaque ville marocaine, on pouvait associer le nom d'un oued ou d'une source. Les pluies relativement abondantes étaient capricieuses. Leur absence ou leur retard plongeait le pays dans la détresse. L'irrigation se pratiquait par le biais d'ouvrages de dérivation des eaux des oueds. Et s'il est évident que ces ouvrages réalisés il y a de cela environ trois siècles, ne répondaient plus aux besoins d'une population en progression exponentielle, leur présence a permis d'accumuler au fil des ans une expérience dont la richesse a permis au Maroc d'aujourd'hui d'assimiler plus facilement les techniques modernes de mobilisation et de gestion de l'eau. Il faudra, cependant, attendre 1929, pour voir naître le premier grand barrage marocain.Depuis cette date et jusqu'en 1967, la politique de mobilisation de l'eau a consisté en la construction de barrages sur les grands cours d'eau où existaient des potentialités importantes de production d'énergie hydroélectrique. Au total, 16 barrages ont été réalisés en 40 ans.1967 devait marquer un tournant décisif dans la politique des barrages. C'est au cours de cette année que feu Sa Majeste Hassan II, dans un discours prononcé à Erfoud, a donné le coup d'envoi à ce que l'on appella désormais la “politique des barrages” et annoncé en même temps, l'objectif d'irriguer 1 million d'hectares avant l'an 2000. En 35 ans d'efforts soutenus, le parc des grands barrages est passé de 16 à 103 et le million d'hectares irrigués a été atteint en 1997.13 systèmes de transfert d'eau et des milliers de forages et puits de captage d'eau souterraine ont été réalisés. Cependant, la stratégie adoptée, basée principalement sur la satisfaction de la demande par la multiplication d'aménagements de plus en plus coûteux, a commencé à montrer ses limites dès le début des années 80, d'abord à travers l'émergence et la compétition pour l'eau entre les secteurs de l'eau potable et de l'irrigation, ensuite à travers les difficultés de gestion de la pénurie d'eau qui sont apparues avec les cycles de sécheresse de ces deux dernières décennies.Ainsi, le Maroc aura à relever un double défi. D'abord, celui de continuer à mobiliser de l'eau pour faire face à la croissance de la demande imposée par l'amélioration des conditions de vie et l'évolution de la démographie, alors que les opportunités d'aménagement deviennent plus rares et que les coûts correspondants sont de plus en plus élevés. Ensuite, il se doit de promouvoir et d'instaurer les conditions nécessaires à l'utilisation efficace de l'eau, en vue de tirer le meilleur profit des efforts financiers que la collectivité consacre au secteur, en faisant asseoir les bases d'un développement durable et une gestion intégrée des ressources en eau.Il est à noter, à ce niveau, que le ratio des ressources en eau naturelle par habitant, avoisine déjà le seuil de 1000 m3/habitant/an, communément admis comme seuil critique, indiquant l'apparition de situations de pénurie. Cet indicateur se situerait autour de 760 m3/habitant/an vers l'an 2020.Sous la conduite éclairée de SM Mohammed VI et sa grande sollicitude au secteur de l'eau, le Maroc s'inspirant aussi des grandes orientations stratégiques mondiales s'est doté d'une nouvelle politique de l'eau, qui s'articule autour des principaux objectifs suivants:• faire face aux besoins et sécuriser l'approvisionnement en eau potable des populations urbaines et rurales;• contribuer à la sécurité alimentaire du pays en favorisant le développement de l'agriculture irriguée;• restaurer, améliorer et protéger le patrimoine hydraulique national, et promouvoir la stratégie de lutte contre la pollution, l'économie de l'eau dans ses différents usages et le développement du secteur de l'assainissement;• assurer la protection des populations et des biens contre les crues et les inondations;• réduire la dépendance vis-à-vis de l'extérieur en valorisant les potentialités hydrauliques pour la production de l'énergie ;• promouvoir le développement régional en favorisant un accès équilibré à l'eau à travers tout le Royaume.Le Maroc, riche de sa grande expérience dans la gestion globale et intégrée de ses ressources en eau est entièrement disposé à la partager et à en faire profiter tous les pays frères et amis qui en exprimeraient le besoin.Mon pays, qui a été le lieu privilégié durant des années, de rencontres scientifiques internationales comme la vôtre aujourd'hui et par le passé pour ne citer que le Congrès mondial sur les changements climatiques, le Forum mondial de l'eau, les rencontres des différentes associations en relation avec l'eau, régionales et internationales, continue aujourd'hui de s'activer avec dynamisme et conviction pour le développement du secteur de l'eau dans le continent africain. Le travail que réalise actuellement le Conseil des Ministres africains chargé de l'eau “AMCOW” est porteur de grands espoirs pour un continent qui a tant besoin pour son développement durable de promouvoir et coordonner ses politiques de l'eau.


Stratégie

Les axes stratégiques de mise en oeuvre de cette politique volontariste de développement hydraulique, sur lesquels le gouvernement du Maroc travaille actuellement, fort de ses ressources humaines compétentes et de sa longue et riche expérience dans le domaine de l'eau, s'articulent autour de:1. l'amélioration de l'état de connaissance et d'évaluation des ressources en eau;2. une gestion de l'eau s'inscrivant dans la perspective de l'impact grandissant des changements climatiques et des scénarios adéquats de développement des ressources en eau;3. la consolidation de la gestion de l'offre qui vise à mobiliser les ressources en eau renouvelables non encore mobilisées, y compris les ressources dites non conventionnelles;4. la promotion de la gestion de la demande en eau pour mieux valoriser les ressources en eau, déjà mobilisées et éviter les pertes d'eau et la dégradation de l'environnement;5. l'amélioration du cadre institutionnel et juridique pour asseoir une base solide en vue du renforcement d'une gestion décentralisée, concertée et intégrée des ressources en eau et assurer un développement cohérent et durable du secteur de l'eau;6. la protection de l'environnement naturel par la mise en place des mécanismes financiers, réglementaires et juridiques, pouvant stimuler la préservation et la protection des ressources en eau;7. l'encouragement de la participation du secteur privé et des usagers de l'eau dans la gestion des ressources en eau et dans le financement de l'infrastructure hydraulique.* Discours prononcé le 6 février à l'occasion du symposium international de l'eau qui s'est tenu à Ifrane.

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