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Politique

PJD: Otmani recadre Daoudi

Par L'Economiste | Edition N°:2387 Le 20/10/2006 | Partager

. «Nous n’avons jamais exclu la possibilité de rester à l’opposition». «Nous sommes pour la réforme de la Constitution»«La chasse aux sorcières»… est contre-productive et néfaste pour l’avenir de notre pays». Saâd Eddine El Otmani se met d’emblée en porte-à-faux avec la position de son acolyte au bureau politique du PJD, Lahcen Daoudi. “Non seulement elle nous replongerait dans le passé avec ses tensions et ses déchirures, mais aussi elle nous détournerait de la construction positive de l’avenir”, tranche le patron du PJD. Saâd Eddine El Otmani se montre conciliant. Sur plusieurs sujets que nous avons abordés avec lui dans cet entretien, qu’il a tenu à faire par écrit, il adopte la posture de celui qui rassure. Les messages foisonnent: “Il faut d’abord souligner l’inefficacité des campagnes et de l’approche répressive”. “Il faut améliorer l’environnement de l’entreprise en général et essentiellement les PME”. “Nous devons rendre notre pays plus attractif aux investisseurs nationaux et étrangers”. Mais le S.G. du PJD reste cependant prudent et surtout réaliste. “Nous ne pouvons pas prétendre avoir une baguette magique pour résoudre les problèmes dans une conjoncture internationale délicate”.. L’Economiste: Vous avez présenté 42 candidats au scrutin du 8 septembre. Vous étiez ainsi présents dans 11 régions sur 16. On voit que vous avez abandonné le principe “d’autorégulation”, adopté en 2002. C’est un prélude des élections de 2007?- Saâd Eddine El Otmani: Comme vous le savez, le PJD ne s’est présenté en 2003 dans les élections communales que pour 18 pour cent des sièges disponibles. Ainsi notre présence parmi les élus communaux est limitée dans plusieurs régions où nous nous sommes contentés de soutenir d’autres candidats. Donc c’est la gestion d’une situation effective plutôt qu’une position politique. . Vous lancez partout des signaux pour dire que votre parti est prêt à gouverner. Dans ce cas, comment comptez-vous le faire et avec qui? Autrement dit, quels seront vos alliés?- Un parti politique doit se préparer à cette éventualité. Mais nous ne prétendons pas avoir une baguette magique pour résoudre les problèmes dans une conjoncture internationale délicate. Si jamais nous participons à un gouvernement, c’est dans le cadre d’une coalition qui dépendra des résultats des élections de 2007. Mais nous n’avons jamais exclu la possibilité de rester à l’opposition. . En guise de programme politique, vous parlez “d’améliorer la gouvernance, de combattre la corruption et de réformer l’administration et la justice”. Comment comptez-vous procéder pour atteindre ces objectifs?- La corruption et le gaspillage sont une réalité angoissante dans notre pays. C’est ce que montrent les résultats des enquêtes. Les études relatives à ce domaine montrent aussi que la corruption met en péril le fonctionnement de l’administration, freine le développement du pays, nuit à l’entreprise et fait fuir les investisseurs. Pour combattre la corruption, il faut d’abord souligner l’inefficacité des campagnes et de l’approche répressive. Nous insistons sur l’amélioration du mode de gouvernance et la mise en œuvre de mesures efficaces. Elles concernent les niveaux institutionnel, organisationnel, législatif, réglementaire et opérationnel. Par exemple, la loi actuelle relative à la déclaration du patrimoine est inefficace. Elle ne contient pas de mécanismes pour la vérification et le suivi des déclarations, elle ne prévoit pas de sanctions pour les contrevenants. Elle doit également s’élargir aux différents fonctionnaires. Un autre niveau consiste à instaurer la transparence et le respect du droit à l’information dans l’administration et dans la gestion des affaires publiques. Enfin, il ne faut pas oublier l’importance de l’éducation et de la sensibilisation, et l’importance de la contribution de la société civile et des médias. Bref, nous avons un programme détaillé dans ce sens. Déjà dans notre programme électoral de 2002, nous avions proposé dix-huit mesures pour contribuer à la moralisation de la vie publique. Celle-ci est une condition nécessaire pour le développement de notre pays. . Comment comptez-vous faire concrètement pour combattre le chômage? - Pour les grands problèmes économiques ou sociaux, il n’y a jamais de solutions miracles, mais des séries de mesures intégrées et synergiques dans un processus d’efforts soutenus pour résorber le déficit actuel et répondre aux demandes ultérieures. Il faut améliorer l’environnement de l’entreprise en général et essentiellement des PME. Nous devons rendre notre pays plus attractif aux investisseurs nationaux et étrangers. . Vous faites de la moralisation de la vie publique votre cheval de bataille. Lahcen Daoudi, qui est membre du bureau politique du PJD, n’a pas hésité à promettre une “chasse aux sorcières” en cas d’accès de votre parti au pouvoir. Partagez-vous son analyse? - L’approche de “la chasse aux sorcières”, comme vous l’appelez, est contre-productive et néfaste pour l’avenir de notre pays. Non seulement elle va nous replonger dans le passé avec ses tensions et ses déchirures, mais elle va aussi nous détourner de la construction positive de l’avenir. J’ai cité les mesures figurant dans notre programme pour la moralisation de la vie publique . Lors du forum de la jeunesse du PJD à Meknès, vous vous êtes approprié les 40 ans d’existence du MPDC du Dr El Khatib. Etes-vous, à ce point, en quête de légitimité? - Pourquoi “approprié”, c’est l’histoire du parti lui-même, qui continue sur les mêmes principes de son fondateur Dr Abdelkrim El Khatib. Et, en plus, cette histoire est à la base de tous les documents du parti. C’est un comportement de fidélité envers l’histoire du parti et ses fondateurs historiques dans une continuité harmonieuse entre les fondateurs et les successeurs. . Depuis le congrès extraordinaire du PJD, vous n’avez de cesse d’appeler à “continuer la résistance” face à Israël et aux Etats-Unis. De quelle forme de résistance parlez-vous? De la résistance armée?- Il s’agit du problème palestinien et irakien. On ne peut pas interdire à un pays occupé de lutter pour son indépendance. Comme on ne pouvait pas reprocher à la résistance nationale de mener la lutte armée contre le protectorat imposé à notre pays et elle était qualifiée à l’époque de “terroriste” dans la presse coloniale. Les souverains et le peuple marocains ont toujours soutenu les pays prônant leur indépendance. Il ne faut pas oublier que la première somme d’argent et les premières armes qu’a eues Nelson Mandela pour lutter contre l’Apartheid étaient fournies par S.M. Hassan II qui en avait chargé Dr El Khatib en 1962? Les Marocains n’ont-ils pas aidé, dans le même esprit, le peuple algérien et les Palestiniens de l’OLP?. Est-ce de la démagogie ou est-ce votre propre conviction? En appelant vaguement au “Jihad”, ne craignez-vous pas d’induire en erreur une jeunesse en manque de repères et prête à tout? - Pas du tout. Les choses sont claires. Il s’agit de la lutte des peuples sous occupation contre leur occupant.❏


Rééquilibres des pouvoirs

Ramid assure mordicus qu’il faut changer la Constitution y compris les pouvoirs inscrits à l’article 19. Sur le coup, El Otmani tempère. Aujourd’hui, le propos est mitigé: “Nous sommes pour la réforme de la Constitution, pour un certain rééquilibre des pouvoirs, pour l’indépendance totale de la justice, pour une transformation de la deuxième Chambre ou sa suppression”, souligne le S.G. du PJD. “C’est une évolution historique normale qui doit s’inscrire dans le cadre de la concertation et le consensus, garantissant l’intérêt général de la nation. L’évolution des réalités historiques millénaires ne se fait pas par des actes de rupture et dans la hâte. C’est pour cela que je suis optimiste pour l’avenir”, dit-il.Propos recueillis parKhadija RIDOUANE

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