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Notre politique énergétique
Par Omar ELFETOUAKI

Par L'Economiste | Edition N°:2306 Le 27/06/2006 | Partager

Omar Elfetouaki est lauréat de l'Iscae, ancien haut fonctionnaire et consultant en produits pétroliersLe deuxième choc pétrolier fut marqué, au Maroc, par la création du ministère de l’Energie et des Mines (1979). C’est à partir de cette date qu’on avait commencé à poser les jalons de la politique énergétique du pays. Née du choc pétrolier, notre politique énergétique vit au rythme de la fluctuation du prix du baril. La première politique qui s’articule autour de sept  axes: - Approvisionner le pays en produits pétroliers dans les meilleures conditions; - Accélérer le programme d’équipement hydroélectrique;- Relancer la recherche pétrolière; - Entamer l’exploitation des schistes bitumineux; - Développer les énergies renouvelables; - Engager des efforts pour la maîtrise de l’énergie;- Introduire l’électricité d’origine nucléaire. Toute une panoplie de textes institutionnels et organisationnels nécessaires à la mise en œuvre de cette politique et au renforcement de l’intervention de l’Etat dans le secteur énergétique furent élaborés. Dans la foulée, trois établissements publics furent créés: - Le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) en 1982 pour, comme son nom l’indique, développer des énergies renouvelables et acquérir la technologie dans ce domaine, - L’Office national de la recherche et de l’exploitation pétrolière (ONAREP) en 1983 pour donner un coup de fouet à la recherche pétrolière;- Le Centre national des sciences et techniques et études nucléaires (CNESTEN) en 1986 pour maîtriser les techniques nucléaires et se préparer au lancement de l’électronucléaire au Maroc.. Des fardeaux Il faut reconnaître que ce fut une politique ambitieuse qui devait, si elle était menée à bien permettre, actuellement, au Maroc de maîtriser et diversifier d’une manière concrète ses ressources énergétiques. Malheureusement, c’est une politique qui n’a jamais dépassé le seuil de la théorie et des études. Ces établissements sont devenus un fardeau pour le budget d’un pays non producteur de pétrole et dont les moyens matériels sont limités. Vers fin 1986 et début 1987, les prix du pétrole ont considérablement chuté. Le contre-choc pétrolier avait donné l’impression d’abondance de l’énergie et toutes les actions ont été suspendues. Le drapeau de la politique énergétique fut de nouveau mis en berne. Le paroxysme fut atteint en 1997, le prix du baril chuta alors de 40% et se stabilisa autour des 10 dollars le baril. Le pétrole bon marché prend le dessus. Le secteur des hydrocarbures est privatisé. Cette baisse des prix du brut a freiné le développement des autres sources d’énergie. A partir de 1994 un ersatz de politique fut élaboré. On l’appela les grandes orientations stratégiques. C’est une relecture horizontale de l’ancienne politique énergétique et qui représente les prorogatives de certaines divisions du ministère. A partir de 2005, de nouveau le baril prend son envolée pour s’établir autour 70 dollars le baril actuellement. En principe cette envolée devait interpeller les responsables du secteur énergétique. Malheureusement, ces derniers semblent continuer à suivre le train-train de la gestion quotidienne sans aucune vision claire sur l’avenir du secteur. Car tant vaut l’économie d’un pays tant vaut sa politique énergétique.. Vérité des prix cachéeChez nous on continue à louvoyer à travers la péréquation des produits pétroliers et à cacher la vérité des prix. La subvention du butane et autres produits pétroliers avait représenté 7 milliards de dirhams pour l’année 2005. Elle doit en représenter bien plus l’année en cours. Cette somme importante d’argent aurait dû être versée à l’INDH pour l’investir dans le domaine du développement humain. Un Marocain nécessiteux a besoin beaucoup plus d’un emploi que d’une bouteille de gaz!! Le système d’indexation continue à subir des violations: on l’applique cinq ans, on l’arrête pour la partie distribution  à cause des cours très bas du pétrole. Les prix flambent, on le remet sur le tapis. Et maintenant on l’appliquerait à quelques produits seulement. Il est très facile de décréter une règle ou une décision avec l’arrière pensée qu’elle sera sûrement violée ou ne sera pas du tout appliquée. L’intervention de la Caisse de compensation et l’indexation ne sont ni des politiques ni des stratégies. Ce sont des subterfuges qui permettent tout simplement d’obnubiler le déficit en matière de politique énergétique. Le ministre en charge du dossier n’a pas dit un mot sur la recherche pétrolière et remet par la même occasion l’introduction de l’électronucléaire aux calendes grecques. Comme dans le passé, le dossier gaz naturel est placé à nouveau entre les mains des pétroliers qui voient en ce produit un produit concurrent. Les pétroliers contrôlent l’introduction de ce produit comme faisait la Société nationale des produits pétroliers (SNNP) des décennies durant. Actuellement, les pétroliers n’ont pas les moyens d’investir pour l’installation des capacités de stockage reliées aux différents ports du Royaume; et ce sont eux qui se proposent d’entamer un investissement qui coûte beaucoup plus que le stockage de produits pétroliers!! Où est passée la nouvelle stratégie des approvisionnements arrêtée par Sa Majesté le Roi au mois de mai 2004? Décidément, pour s’assurer définitivement son monopole de fait, la Samir utilise tous les moyens pour empêcher les sociétés de distribution des produits pétroliers d’investir dans le domaine des capacités de stockage reliées aux ports.Les experts internationaux et nationaux en matière énergétique, conviés au séminaire organisé par le Haut-Commissariat au Plan à Casablanca du 9 au 10 juin 2006 sous le thème «Prospective énergétique du Maroc: enjeux et défis» (voir L’Economiste du 13 juin) étaient d’accord pour affirmer que pour le moment le gaz naturel est l’héritier naturel du pétrole dans le court et le moyen termes. Pour le long terme, l’option électronucléaire est incontournable. Les énergies renouvelables ne peuvent apporter qu’une énergie d’appoint. Mis à part l’éolien qui reste relativement cher, le solaire, la biomasse et autres énergies renouvelables ne permettent pas d’avoir une force motrice, vecteur de tout développement.


La nouvelle donne pétrolière

Justement la majeure partie de l’interview du ministre de l’Energie et des Mines (L’Economiste du 29 mai 2006) est réservée, comme d’habitude, aux produits pétroliers. Ce qui montre la place de cette forme d’énergie dans notre consommation. La diversification des ressources énergétiques annoncée n’est qu’une antienne que l’on répète pour donner l’impression qu’on dispose des moyens pour faire face à une éventuelle crise énergétique. Les responsables du secteur ne sont pas encore convaincus que la longévité du pétrole est maintenant connue et se situe d’après les spécialistes internationaux en la matière entre 40 et 50 ans. Les plus optimistes parmi eux mettent la barre aux environs de 60 ans. Et actuellement rien n’indique que les prix vont baisser durant les décennies qui viennent: une demande de plus en plus grande pour une ressource de plus en plus rare. On s’attendait franchement à ce que cet entretien apporte des réponses aux questions que l’on commence à se poser sur l’énergie qu’on consommera demain au Maroc et les moyens à mettre en œuvre pour assurer l’approvisionnement du pays en énergie. La nouvelle donne aujourd’hui, contrairement aux chocs pétroliers précédents, c’est l’épuisement inéluctable des gisements de pétrole. C’est un véritable tournant dans l’histoire de l’humanité. Les pays conscients de cet épuisement fatal, y compris les pays producteurs, se préparent dès maintenant à l’après-pétrole, qui risque de surprendre plus d’un.

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