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Politique

Modernité contre obscurantisme: Alternatives engage la réflexion

Par L'Economiste | Edition N°:1540 Le 16/06/2003 | Partager

. L'Etat devrait être religieux ou laïc et non les deux à la fois. L'ONG appelle à un débat national pour un projet de société moderneAprès la surprise et l'indignation, voici venu le temps de la réflexion et de l'engagement. Alternatives, qui a engagé la réflexion sur l'après-attentats du 16 mai, a appelé, jeudi à Casablanca, à réfléchir sans concessions «en prenant le taureau par les cornes«. La conférence-débat portant sur le thème «La modernité face à l'obscurantisme« a été tout un symbole. La symbolique du lieu d'abord, qui a abrité l'événement: L'hôtel Farah a été justement l'une des cibles des kamikazes de Casablanca. Cette conférence a été également l'occasion pour ces militants de la société civile de faire leur mea culpa, mais également de mettre à l'index l'anachronisme de l'Etat qui doit faire aujourd'hui son choix: «soit être un Etat religieux ou laïc et non les deux à la fois«. Driss Ben Ali, président de l'association Alternatives, a reconnu dès le début que les forces du progrès n'ont pas été suffisamment vigilantes. Conséquence: un choc psychologique qui a sorti les Marocains du monde des certitudes à celui des inquiétudes.Accroître les espaces de liberté, renouveler la réflexion et la pensée, repenser l'école, réconcilier le Marocain avec le drapeau, crédibiliser les institutions, donner une visibilité au pays... plusieurs solutions ont été émises pour faire face à l'obscurantisme. Les diverses interventions ont tenté de faire le diagnostic pour apporter le ou les remèdes. Les participants ont été unanimes toutefois à avertir des dangers que comporte la seule approche sécuritaire.Il faut aller au-delà, insiste le président d'Alternatives. Certes, il faut affirmer la présence de l'Etat pour rassurer la population, mais on ne résout pas le problème par le sécuritaire seulement, affirme Ben Ali. l'exemple de notre voisin, souligne L'Economiste, montre bien que le sécuritaire n'est pas la solution idoine. En revanche, «il ne faut surtout pas battre en retraite«. Il faut d'abord accroître les espaces de liberté afin de permettre aux citoyens eux-mêmes de faire barrage à l'obscurantisme rampant. Ensuite, renouveler la réflexion et la pensée, car seule une pensée nouvelle peut semer l'espoir dans le pays. Le message de désespoir véhiculé par les forces de l'intégrisme trouve aujourd'hui au Maroc un terrain d'entente tandis que la politique est devenue l'affaire de professionnels qui gèrent leur carrière et oublient que leur principale mission est d'encadrer les citoyens et de mener la réflexion sur un projet de société fédérateur. Force est de constater néanmoins, affirme Ben Ali, que tandis que «les partis politiques étaient immobilisés par l'ombre du mouvement intégriste, les forces de l'extrémisme faisaient en effet du militantisme et de la proximité auprès des populations«. «Ce qui manque en fait aux Marocains, c'est cette absence d'engagement politique. Car, si les Marocains étaient tous engagés politiquement, ce genre de phénomène aurait pu être évité«. Une des pistes serait, selon Alternatives, un engagement militant et conséquent pour faire face aux forces de l'extrémisme.Alternatives appelle également à repenser l'école qui était dans les années 60 et 70 un lieu d'égalité sociale. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. «Il existe une école de qualité pour l'élite et une école de rabais pour la masse«, constate avec amertume Driss Ben Ali. Parmi les solutions proposées, la crédibilisation des institutions. Mais pour cela, dit le président d'Alternatives, il faut mettre un terme à la falsification des élections, et à toutes les pratiques qui entachent notre démocratie naissante.Pour Nacer Chraïbi, membre du bureau d'Alternatives, il s'agit en fait d'une crise de projet de société. Le défi aujourd'hui est de créer un projet de société porteur. Pour rallier les citoyens à un projet de société moderne intégrateur, il suffit de leur donner des motifs de mobilisation. Les marches organisées sur la question de la femme est un exemple de ce pouvoir de mobilisation. En tout cas, il est plus facile, estime Chraïbi, de faire des promesses pour l'au-delà que d'apporter des solutions aux problèmes socioéconomiques du pays. La note de présentation de la conférence confirme bien que «la référence au sacré permet de faire l'économie d'une explication, et le recours à la symbolique religieuse fait disparaître l'analyse«.Quant au politologue El Berdouzi, il considère que «l'intégrisme islamiste est sous-développé, arriéré et stupide«. Le Maroc a déjà connu dans les années 70 une opposition virulente, mais l'emploi de la violence était orienté contre l'appareil de l'Etat et non contre des victimes innocentes. Pour El Berdouzi, la situation est le résultat de l'anachronisme cultivé par l'Etat ces dernières années avec des partis politiques qui se proclament religieux et des associations religieuses légales ou tolérées.En bref, Alternatives propose la modernité face à l'obscurantisme. La solution est de revenir à la modernité, dit Ben Ali. «La modernité, c'est la fin des certitudes primaires et des compromis. Elle est aussi la créativité et la liberté pour aller de l'avant«, souligne Ben Ali.Pour Chraïbi, il s'agit de la rationalité contre l'archaïsme et le passéisme. Le débat allait montrer en effet que la notion de modernité n'est pas assimilée de la même manière chez tout le monde. L'obscurantisme, on l'a vu le 16 mai, la modernité, il faut encore bien la situer. Noureddine FASSI

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