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    Economie

    Médicaments: La revanche des génériques en France

    Par L'Economiste | Edition N°:523 Le 07/06/1999 | Partager

    · La France décide d'appliquer le droit de substitution

    · 30 à 35% des médicaments prescrits seront remplacés par des génériques


    Alors que le gouvernement et les professionnels des secteurs médical et des assurances marocains sont en plein débat sur l'AMO (assurance-maladie obligatoire) et sur l'établissement d'une liste des médicaments génériques(1), la France a décidé de franchir un grand pas quant à l'utilisation de ces médicaments.
    L'ensemble des pharmaciens se sont engagés à substituer 30 à 35% des médicaments prescrits par des génériques, rapporte la revue Science et Avenir dans son numéro de juin 1999. Grâce à ces mesures, le gouvernement espère doubler la place de ces médicaments dans la consommation pharmaceutique d'ici fin 1999.
    Copies conformes des médicaments de marque dont le brevet est arrivé à échéance, les génériques peuvent être de 30 à 50% moins chers en Europe.
    Le but de cette action menée en collaboration entre les pharmaciens français est de faire économiser 4 milliards de FF (6,7 milliards de DH) par an à la Sécurité Sociale. Chaque Français contribuera ainsi à réduire les dépenses de santé en payant moins cher ses médicaments.

    80% des Français d'accord


    La goutte d'eau qui a fait déborder le vase des dépenses est l'augmentation de 8,1% en 1998 de la facture globale des remboursements de médicaments. La cause principale est due, selon les industriels, au fait que les médecins de ville prescrivent de nouveaux médicaments dont l'usage était jusqu'alors strictement réservé aux hôpitaux.
    Le gouvernement français a ainsi accéléré la démarche et une loi donnant le pouvoir au pharmacien de remplacer un médicament prescrit par un autre, moins cher, a été adoptée le 27 décembre 1998. Ce droit est appelé droit de substitution.
    Pour l'heure, 80% des Français seraient prêts à accepter le principe de substitution. Un chiffre éloquent quant à la confiance de ceux-ci vis-à-vis de leurs médecins et pharmaciens.
    Les Américains et les Européens du Nord, eux, ont par contre bien assimilé les avantages des médicaments génériques. Depuis plusieurs années déjà, entre 25 et 50% des médicaments utilisés dans ces pays sont des génériques, contre seulement 5% en France.
    Au Maroc, le prix des médicaments reste l'un des principaux obstacles à l'établissement du système AMO. Cependant, et selon le Ministère de la Santé Publique, la consommation de génériques atteint près de 20% du total. Ce taux peut quadrupler lorsqu'il s'agit d'appels d'offres que le Ministère passe pour l'approvisionnement des hôpitaux.

    (1) Cf L'Economiste n°517 du 31 mai 1999, Dossier Assurance-Maladie Obligatoire.


    1999, l'an I des génériques


    Pourquoi ce retard en France? M. Claude Le Pen, professeur de sciences économiques et spécialiste en économie de la Santé, donne des éléments de réponse à cette question. Selon lui, dans les pays d'Europe du Nord et aux Etats-Unis, les génériques détiennent une forte part de marché uniquement grâce à la mise en place de mesures incitatives, voire de pressions. La France aurait donc perdu trois ou quatre ans, mais il ajoute que 1999 est l'an I des génériques.

    Wissal SEGRAOUI

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