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    Courrier des Lecteurs

    Masse monétaire: l'accalmie se précise

    Par L'Economiste | Edition N°:50 Le 22/10/1992 | Partager

    AU cours du mois d'Août 1992, la masse monétaire a atteint 142,6 milliards de DH contre 140,8 milliards en Juillet, soit une hausse de 1,31%. Ce taux de croissance reste inférieur aux 2,42% enregistrés en Juillet. Par rapport à Août et Décembre 1991, elle s'est accrue de 11,45% et 6,42% respectivement.
    Les disponibilités monétaires (monnaie fiduciaire + monnaie scripturale), qui ont augmenté de 3,24%, à 109,3 milliards de DH (chiffre rectifié) en Juillet 1992 par rapport à Juin, n'ont affiché au cours du mois d'Août qu'une faible progression par rapport à Juillet, soit 0,64%. Elles se sont établies à 110 milliards de DH, contre 103,6 milliards en Décembre 1991 (+6,16) et 101,4 en Août 1991 (+8,48).
    Prise à part, la monnaie fiduciaire en Août 1992 a connu, relativement au mois précédent, un accroissement de 2,74%, à 38,5 milliards de DH. Pour le mois de Juillet, cette même masse s'était accrue de 5% par rapport à Juin.
    Le développement de la monnaie fiduciaire au cours du mois considéré s'est effectué au détriment de la monnaie scripturale. En raison de l'importance des retraits effectués en Août, la monnaie fiduciaire est passée au cours de ce même mois à 72,7 milliards de DH contre 72,8 milliards en Juillet, accusant ainsi un recul de 0,09%. La baisse de 0,23%, à 65,1 milliards de DH qu'ont connue les dépôts à vue dans les banques centrales, en Août par rapport à Juillet, confirme cette tendance.
    Parmi les trois types de dépôts que comptent les dépôts à vue (comptes chèques, comptes sur carnet et comptes courants ordinaires), les comptes chèques et comptes sur carnet ont en effet enregistré, de Juillet à Août 1992, un recul de 2,7 et 0,7% respectivement. Celui-ci s'explique par la reprise de l'inflation qui a poussé les ménages à puiser dans leurs réserves d'épargne pour maintenir leur niveau de consommation. L'institution par la loi des Finances de 1992 d'un prélèvement à la source de 20% a exercé un effet dépressif sur les comptes sur carnets. Autrement dit, la rémunération réelle de ces comptes étant devenue négative, les ménages ont été amenés à réduire leurs dépôts.

    Après avoir chuté de 0,3% en Juillet 1992 par rapport à Juin, les disponibilités quasi-monétaires, c'est-à-dire les dépôts à terme, ont enregistré, en Août par rapport au mois précédent, une reprise de 3,63%, à 32,6 milliards de DH. De source bancaire, cet accroissement serait dû au retour "à la normale" des retraits de liquidités, après la hausse exceptionnelle des mois de Juin et de Juillet. Pendant plusieurs années, la période estivale a toujours été l'occasion d'une redynami-sation du marché intérieur. Cette redynamisation s'explique en grande partie par le comportement ostentatoire des RME. Les retraits bancaires qu'ils ont effectués aux mois de Juin-Juillet 1992 se sont, en effet, élevés à 3,8 milliards de DH, en progression de 26% par rapport aux mois d'Avril et de Mai de la même année et de 36% de plus qu'aux mois de Juin-Juillet 1991.
    L'examen des contreparties de la masse monétaire met en évidence, outre l'augmentation des avoirs extérieurs et celle des créances sur le trésor, un fléchissement des crédits à l'économie.
    Les avoirs extérieurs nets se sont accrûs de 1,7%, à 30,7 milliards de DH en Août 1992, contre 30,2 milliards de DH en Juillet. Une analyse plus fine de cette rubrique fait ressortir un accroissement de 1,44% et 11,74% des réserves internationales relativement à Juillet 1992 et Décembre 1991. Ce regain est principalement dû à une amélioration de 1,76% des avoirs en devises convertibles de l'Institut d'Emission, en Août par rapport à Juillet.
    Quant aux créances sur le Trésor, elles ont grimpé à 56,2 milliards de DH en Août, contre 54,2 milliards un mois plus tôt, soit une hausse de 3,51%. A l'intérieur de cette rubrique, c'est le poste "dépôts des banques au Trésor" qui a enregistré l'évolution la plus remarquable, puisque de Juillet à Août 1992, ces dépôts ont été multipliés par trois environ (91 millions de DH au lieu de 31).
    Parallèlement à l'évolution positive des avoirs extérieurs nets et des créances sur le trésor, les crédits à l'économie ont reculé de 1,12% à 62,7 milliards de DH en Août par rapport à Juillet, alors qu'ils avaient progressé de 5,9% par rapport à Décembre 1991. Pour le mois de Juillet 1992, ils avaient également augmenté de 1,53% en comparaison à Juin de la même année.

    La progression limitée de la principale composante de la monnaie fiduciaire, c'est-à-dire les billets en circulation (+2,74% en Août par rapport à Juillet, contre +4,7% en Juillet par rapport à Juin) correspond donc à une baisse des crédits à l'économie distribués par l'Institut d'Emission. Ces derniers ont en effet fléchi de 2,34% en Août par rapport à Juillet, passant de 10,4 milliards de DH à 10,1 milliards.
    Les crédits à l'économie distribués par les banques de dépôt ont également connu une tendance à la baisse, mais moins prononcée que celle des crédits à l'économie Banque Centrale. Après avoir atteint 48,5 milliards de DH en Décembre 1991 et 53 milliards en Juillet 1992, ils ont reculé de 0,88%, à 52,5 milliards.
    Selon le ministre des Finances, la contraction des crédits à l'économie s'impose. "L'année dernière, nous avons eu une augmentation de 43% des crédits à l'économie, ce stock est toujours là, facteur potentiel d'inflation et de désordres (*)" déclare-t-il.
    L'analyse des crédits à l'économie selon leur nature rend compte d'une baisse de 2,21% des crédits de trésorerie en Août par rapport à Juillet 1992 (32,6 milliards de DH au lieu de 33,3 milliards), dont les facilités de caisse qui ont reculé de 1,48% , et celles des crédits à l'exportation(-1,44%). Le volume de ces derniers en Août (5,9 milliards de DH) dépasse à peine celui de Juin (5,7 milliards). Le fléchissement des crédits à l'économie s'inscrit alors dans le mouvement de décélération constaté tout au long de 1991.
    Le milieu bancaire estime que le mois d'Août constitue une période de "réajustement" et de "rattrapage". La modération du rythme d'évolution des principaux rubriques et postes de la masse monétaire et de ses contreparties amorce un retour "à la normale".
    Selon des cadres bancaires, l'examen des statistiques couvrant le mois de Septembre confirmera probablement cette tendance.

    H. E. M.

    (*) Cf L'Economiste du Jeudi 8 Octobre 1992, n°48 (pages 1 et 28)

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