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Maroc-France
Quand les diplomates se sentent inutiles

Par L'Economiste | Edition N°:1619 Le 09/10/2003 | Partager

. Le tiers des échanges extérieurs se fait avec la France. L'Euromed passe par le maroco-françaisSurtout ne pas chercher à tout prix un sens à la tournée actuelle de Jacques Chirac au Maroc. La visite du président de la République française n'aurait pas étonné même si les Etats-Unis n'existaient pas, même si ce n'était pas l'année de l'Algérie en France, et même si la paix régnait dans le monde…Au-delà des enjeux internationaux actuels, il y aura toujours une bonne raison pour les chefs, les gouvernements et les hommes d'affaires de ces deux pays de se rendre visite. Ça marche tellement tout seul que les diplomates se sentent parfois inutiles. Investissement étranger, aide au développement, tourisme, recettes MRE, premier fournisseur, premier marché de destination…L'Hexagone est une carte maîtresse pour le Maroc, autant le Royaume une destination de choix. La France compte pour 30% des échanges extérieurs du Royaume.De l'Hexagone, le Maroc a importé 26,8 milliards de DH, l'année dernière (Office des Changes). Soit 20,5% du total des importations. C'est aussi le premier débouché des exportations nationales. Lesquelles ont atteint 29,1 milliards de DH (2002), soit 33,7% du total des exportations. Au titre du premier semestre 2003, les proportions restent inchangées. En termes de flux touristique, le marché français a permis au Maroc de maintenir le cap malgré les récentes crises internationales et les attentats du 16 mai. Plus du tiers des recettes de voyages provient de l'Hexagone, avec quelque 900.000 touristes français qui se rendent annuellement au Maroc, devant les Allemands et les Espagnols.Quelque 400 entreprises françaises sont actuellement implantées au Maroc. Elles assurent plus de 65.000 emplois. Sur le marché national, les entreprises françaises détiennent la part du lion. Devant l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne, elles sont présentes à hauteur de 20%. La France a, depuis 2001 (et après la privatisation de Maroc Telecom avec Vivendi, l'arrivée d'Auchan, investissements de Lafarge, Accor…), reconquis sa place de premier investisseur étranger. En 2002, les investissements français représentaient 37,8% des investissements étrangers. Au premier semestre 2003, plus de la moitié des investissements sont tricolores. L'histoire d'amour franco-marocaine est certainement due au lien historique. Sans oublier le contrecoup de la colonisation, qui, s'il a répandu la langue de Molière au Royaume, a emmené à l'Hexagone bon nombre de Marocains. Ceux qu'on appelle aujourd'hui MRE. Ils drainent presque la moitié des recettes MRE (première rentrée en devises du Maroc). Ils sont plus de 800.000 actuellement, selon l'Association des Marocains en France (AMF). Ce sont également eux, parmi les communautés étrangères, qui ont le plus été naturalisés français. La position du Maroc se traduit moins par sa situation économique que par l'évolution des tendances culturelles françaises. Le Maroc est le 20e client et 17e fournisseur de la France. Le succès du tempo maghrébin dans la musique, ou encore l'intrusion de mots marocains (“yallah”) dans la langue française en sont quelques exemples (plus de 12.500 mots arabes sont utilisés, mais les premiers remontent à la Bataille de Poitiers en 732). Bien que la montée du racisme soit une sérieuse entrave à la bonne entente des deux peuples. C'est un point noir qui risque à tout moment de gripper la machine. Qu'ils soient politiques, économiques ou même sociaux, les intérêts des deux pays s'entrelacent. Ceux français dépassent de loin le legs de la colonisation. Les grandes enseignes, de plus en plus présentes, se disputent des projets d'envergure. Le partenariat franco-marocain symbolise la passerelle qui rapproche les deux rives. Euromed passe par le maroco-français… ce qui n'est pas sans agacer Madrid.


Bonus pour un bon élève

Le Maroc, considéré comme un “bon élève” respectueux des étapes du calendrier européen, a droit à de plus en plus d'aide. Pour la période 2002-2004, il est même devenu le premier bénéficiaire des crédits du MEDA (programme de partenariat euro-méditerranéen). Les perspectives liées à l'accord d'association prévu pour 2012 accélèrent la cadence. C'est le pays le plus aidé par la France, avec une aide publique de 194 millions d'euros en 2002 (dont 168 millions au titre de l'aide publique au développement et 24 millions via les programmes MEDA). La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) intervient dans le secteur des PME-PMI, l'aménagement du territoire, la politique du logement et les technologies de l'information, en collaboration avec son homologue, la Caisse de Dépôts et de Gestion (CDG). La CDC a également contribué à la création en 2002 du Fonds d'amorçage Sindibad, doté de 5 millions d'euros. Une trentaine d'entreprises innovantes, devraient en bénéficier. Le programme de Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP), géré par le ministère des Affaires étrangères, vise à rapprocher l'université de l'entreprise marocaine, avec un budget de 3,6 millions d'euros. Le prêt de l'Agence française pour le développement (AFD) pour la formation professionnelle de 15,24 millions d'euros a pour but de renforcer les compétences humaines des entreprises. D'autres formes d'aide sont déclinées pour développer le tissu économique: soutien aux prêts, système de garantie, apport de capital, encadrement des fonctionnaires de l'Urbanisme, la Justice, l'armée…Mouna KADIRI

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