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Enquête

Marché des informaticiens: La course a commencé

Par L'Economiste | Edition N°:454 Le 02/03/1999 | Partager

Bug plus Euro plus nouvelles technologies. Le compte est bon pour aspirer les compétences existant au Maroc et les reloger en Europe, notamment en France, où les compétences locales sont elles-mêmes aspirées par le développement sans précédent apparu aux Etats-Unis.

Des cabinets de recrutement français et canadiens sont en train de s'installer au Maroc pour chercher des compétences informatiques.
«Le déficit du marché français en matière d'informaticiens est de l'ordre de 25.000 personnes» estime M. Laurent Touati (d'origine marocaine), responsable de FT Consulting, un cabinet de recrutement qui ouvre ses portes à Casablanca. Il recherche des profils d'ingénieurs grands systèmes, réseaux, Internet/Intranet, client-serveur... Même les débutants sont acceptés, tant la soif du marché est grande. Et FT Consulting n'est pas le seul.

Recherche ingénieurs permanents


La pénurie s'est organisée en Europe autour du syndrome de passage à l'an 2000, lequel vient en plus télescoper les deux ans de travail qui reste pour l'installation définitive de l'Euro.
Les cabinets de recrutement se défendent de chercher des temporaires de haut niveau: "le bug et l'Euro ne sont que des urgences supplémentaires dans un marché qui, de toute façon, va croître très rapidement sur les nouvelles technologies du téléphone et de l'informatique". "Les informaticiens que nous cherchons ne seront pas des MRE saisonniers, mais des techniciens qui pourront faire carrière", explique M. Stéphane Fitoussi (d'origine tunisienne), associé au Bureau FT Consulting.
La mise à niveau des systèmes d'information pour parer aux dysfonctionnements du bug et les mettre à jour pour inclure la monnaie unique européenne représente pour les sociétés de service d'informatique et d'ingénierie (SSII) une aubaine et une terrible contrainte: les informaticiens du vieux continent sont déjà démarchés depuis dix-huit mois par les chasseurs de têtes américains. Ces derniers ont aussi écrémé le canada voisin et les pays asiatiques à bas salaires, et c'est justement là que le bât blesse pour les pays comme le Maroc.
Et, il n'y a pas de solution miracle, sauf les augmentations de salaire et le cadre motivant pour le travail.

Volontarisme américain


Selon M. Abdelmajid Guergachi, président de l'Association des Utilisateurs des Systèmes Informatiques au Maroc (AUSIM) et directeur des systèmes d'information à l'OCP, "il n'est pas question de fermer nos frontières", cela ne servirait à rien . "Les entreprises et administrations doivent batailler sur ce terrain à travers une politique de ressources humaines capable d'intéresser nos ingénieurs pour les fidéliser face à cette demande pressante du marché international des technologies de l'information», recommande-t-il.
Au niveau de la démarche de recrutement, ces cabinets de conseil en ressources humaines canadiennes et françaises principalement organisent des rencontres avec les candidats potentiels dans les grands palaces de la capitale économique. Une fois les entretiens tenus et les CV pris, le conseiller contacte ses clients pour leur présenter la banque de compétences qu'il vient de constituer. Ce n'est que par la suite que le contact sera établi sur la base des profils des candidats potentiels.
La pénurie française, similaire à d'autres pays d'Europe et au Canada, s'explique par le décalage des systèmes de formation, mal adaptés aux évolutions des NTIC. Mais aussi par la migration de cerveaux principalement aux Etats-Unis. «D'abord pour y poursuivre des études dans des meilleures conditions, puis pour un grand nombre afin d'y créer des entreprises dans le domaine de l'ingénierie informatique en particulier», souligne M. Stéphane Fitoussi. En plus, aux Etat-Unis, les charges sociales sont moins élevées, les impôts plus faibles et surtout il y a le capital risque... Pour accompagner la forte demande, le Président Bill Clinton a donné son feu vert pour une augmentation exceptionnelle du nombre des visas temporaires autorisés: les besoins sont estimés à 300.000 personnes...


Hausses prévisibles des salaires dans le secteur


Il n'y a pas vraiment de solution contre la concurrence que se livrent les recruteurs sur le marché mondial des informaticiens, excepté la mise à niveau des salaires et des cadres de travail assortie d'une production accrue d'informaticiens.
Le cas de Cap'Info est intéressant à suivre. Regroupant quatre entreprises de service informatique et ingénierie, la nouvelle entité a totalement rénové son cadre de travail fin 1998-début 1999 et redéfinit les relations de travail. En outre, Cap 'Info a aussi joué la carte de l'internationalisation en travaillant sur des marchés à l'export.
MM. Mouaâd Jamaï et Youssef Harrouchi, responsables à Cap 'Info(1), expliquaient à cette époque déjà que l'enjeu était la concurrence sur un marché du travail internationalisé. "La chance du Maroc, c'est d'offrir un cadre de vie, un climat général difficilement reproductible en Occident", soulignent les cadres de Cap'Info.
La météo, la convivialité et, il faut bien le dire, la possibilité de s'offrir les services d'employées de maison viennent donc au secours du Maroc.
Mais les chasseurs de têtes ne manquent pas d'arguments non plus.
Ils avancent la possibilité de baigner dans un environnement intellectuellement et techniquement plus stimulant. Ils font aussi miroiter les opportunités de s'établir à son compte grâce aux mécanismes de capital-risque, de marché boursier pour les start-up, mécanismes inexistants au Maroc.
De son côté, le Comité de Suivi des Technologies de l'Information (CSTI), dans son rapport sur la " stratégie nationale pour les nouvelles technologies" (avril 1998), avait insisté pour accroître très fortement le nombre de jeunes à former. Les cinq principales écoles marocaines d'ingénieurs forment chaque année environ 1.500 ingénieurs, tous corps d'Etat confondus. Si l'on compte les écoles privées, le nombre atteint péniblement 2.000 personnes. Le CSTI voudrait que le rythme de sortie devrait être multiplié par dix: l'infrastructure existante suffit et le marché n'en sera pas bouleversé, estime-t-il. Il faut profiter de l'explosion prévisible de la demande, nationale ou internationale.

(1) Cf L'Economiste du mercredi 3 février 1999, sur Cap'Info, le premier regroupement d'entreprises dans le secteur.

Rachid JANKARI

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