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    Politique Internationale

    L'Europe rose vire au bariolé

    Par L'Economiste | Edition N°:520 Le 02/06/1999 | Partager

    · Le chômage rassemble tout un monde d'anciens contestataires dans la très calme ville de Cologne
    · Les manifestants ont voulu marquer leur place en prévision du Sommet de demain


    UN grand défilé bariolé de chômeurs français, d'anars espagnols, de Belges de Renault-Vilvorde, de communistes italiens, d'antifascistes allemands, de Kurdes au service d'Ocalan, et de contestataires de tout le continent a ouvert samedi dernier la semaine européenne de Cologne.
    Sous les yeux souvent ébahis des passants allemands, affairés, le cortège des exclus et révoltés de l'Europe, hérissé de drapeaux noirs, rouges ou multicolores, a pris possession du centre-ville, tout décoré de petits fanions bleus étoilés en l'honneur du Sommet européen attendu aujourd'hui et demain. Avant l'arrivée des chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze, les manifestants ont voulu montrer qu'une Europe de la contestation frémit et s'organise.
    "Chaud, chaud, chaud, chômage ras-le-bol. Qui sème la misère, récolte la colère", "Marcha, marcha popular. Contra la Europa del capital": En tête du cortège, slogans en français et en espagnol alternent. Dans cette contre-Europe en marche, la préséance nationale ne joue pas: les manifestants allemands ont été relégués plus loin, pour laisser l'honneur aux quelque 250 Français, Belges et Espagnols venus à pied de Bruxelles (la plupart des autres "marcheurs" sont venus par train ou en bus). Quelques Allemands ont bien tenté de déployer en tête de manif leurs banderoles contre les bombardements de l'OTAN en Serbie. Ils ont été prestement chassés par les cris des militants d'AC!-Agir-ensemble-contre-le-Chômage.
    Pour les manifestants, "l'Europe rose" a à peu près tout faux. «Ces gouvernements de gauche mènent une politique néo-libérale de droite". Plus loin dans le cortège, une association de chômeurs autrichiens, venue de Vienne en 12 heures de bus, dit un peu la même chose, en image: déguisés en prélats, ces représentants de la très catholique Autriche proposent "la sainte bénédiction de l'Euro". Aspergé par un balai WC, un jet d'eau froide sur les badauds symbolise les "bienfaits" de la monnaie unique: mesures d'austérité, concurrence accrue, réductions d'effectifs...
    "D'Alema! Boia! (Bourreau)", "Clinton! Boia!", "Schröeder! Boia!": un peu plus loin, les cris des Italiens délaissent cette année le terrain social pour se focaliser sur la guerre de l'OTAN. «Les deux causes vont de pair, assure Luciano Muhlbauer, 36 ans, délégué Cobas (Comités de base, mouvement syndical d'extrême-gauche) venu par train spécial de Milan.
    Indésirables en tête du cortège, les Allemands se rattrapent en milieu de parcours par des "NATO raus!" (Dehors l'OTAN!) à gorge déployée. Là aussi, on assure que la guerre contre la Serbie et "l'Europe du capital" sont deux faces du même problème. Avec un peu d'imagination, un slogan en allemand a même réussi à réunir les deux principales causes de la manif: "Mettez l'OTAN au chô-mage!".


    Lorraine MILLOT
    Syndication L'Economiste-Libération (France)

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