Entreprises

Les experts-comptables jouent la continuité

Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

Les élections à l'Ordre des Experts-Comptables n'ont pas donné lieu à de grands chamboulements dans la composition des conseils. Les membres des Bureaux National et Régional seront connus avant fin janvier 1998. Reste maintenant à négocier le virage du nouveau visage du commissariat aux comptes.


De l'analyse des résultats des élections à l'Ordre des Experts-Comptables, il ressort que la base a choisi la continuité tout en injectant une dose de renouveau dans la composition des conseils, aussi bien aux niveaux national que régional (voir les résultats complets dans notre rubrique «Les managers qui bougent» en page 10). Globalement, plus de la moitié des membres sortants ont été reconduits. La réalité des urnes est bien là. Pour autant, elle ne doit pas occulter le sentiment de malaise latent chez une partie des jeunes experts-comptables. Certes, ce n'est pas encore un conflit de génération, mais des jeunes dans la profession déplorent «la tendance de la part des anciens à verrouiller l'accès aux postes de responsabilité dans l'Ordre». Ils estiment qu'ils ne sont pas suffisamment représentés dans les instances de l'Ordre. Ce à quoi on leur rétorque qu»'il n'y a pas eu de coup d'Etat», que le principe d'une voix un vote est le seul arbitre. C'est bien ça aussi la démocratie. Leur critique se concentre sur ce qu'ils appellent «l'immobilisme des organes de l'Ordre». A la décharge de la profession, il faut rappeler que cette instance existe seulement depuis trois ans. L'institution est encore jeune.

Formation continue


Il ne faut non plus verser dans la sévérité. Ce premier mandat aura été celui de la mise en place des institutions et des infrastructures. Demain, il faudra asseoir la profession, explique M. Tijani Zahiri, secrétaire général du Conseil National de l'Ordre.
A l'actif des instances sortantes (la composition des bureaux du Conseil National et de deux Conseils Régionaux sera connue avant la fin du mois de janvier 1998), il faut noter la tenue du premier congrès de la profession, l'élaboration d'un projet de manuel des normes et d'un barème d'honoraires, l'approfondissement de la coopération avec les associations professionnelles étrangères, etc.

Quoi qu'il en soit, pour la profession l'enjeu majeur sera incontestablement le passage au nouveau dispositif du commissariat aux comptes. Et sur ce point, tous les experts-comptables ne sont pas logés à la même enseigne. La transition exigera forcément une mise à niveau des professionnels. L'épineuse question de la formation continue revient donc sur le tapis. Si l'on en croit les professionnels, le thème n'aura pas été l'un des axes centraux de la campagne électorale. Pourtant, de l'aptitude à négocier le virage à la nouvelle formule du commissariat aux comptes dépendra la santé de bien des cabinets, mais aussi de la gestion des risques associés à la responsabilité du commissaire aux comptes. La plupart des cabinets vivent encore essentiellement de la révision comptable et du conseil fiscal, alors qu'ils seront à l'avenir appelés à intervenir dans les missions d'audit. Il faudra donc changer de culture, et peu d'entre eux y sont vraiment préparés.

Reste qu'il faut tout de même tempérer, car le jackpot entendu risque de ne pas avoir lieu. La population des SA qui constituaient la première clientèle du commis-sariat aux comptes se réduit comme une peau de chagrin. Hantés par la tonalité répressive du dispositif de la SA, de nombreux patrons transforment leurs entreprises en SARL. Même si, pour ces derniers, il est prévu également un audit légal pour les sociétés ayant un chiffre d'affaires au moins égal à 50 millions de DH, elles ne sont pas légion les PME qui atteignent ce chiffre. Malgré tout, dans la profession, on reste optimiste. Il devrait y rester au moins 4.000 SA sur le marché. Par rapport à l'effectif actuel des experts-comptables et ceux qui vont rentrer sur le marché (50 mémorialistes attendent à l'ISCAE), il y aura de la place pour tout le monde. . De nouvelles instances de l'Ordre qui seront connues d'ici fin janvier, les experts-comptables attendent également plus de présence auprès des centres de décision, question de peser dans l'orientation des mesures réglementaires ou législatives qui les concernent.

Abashi SHAMAMBA

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