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Affaires

Les délocalisations ravivent le nationalisme économique

Par L'Economiste | Edition N°:1834 Le 17/08/2004 | Partager

. Les entreprises plaident l'adaptation à la concurrence internationale. De Bruxelles à Washington, les gouvernements cherchent la parade. Jusque-là épargné, le travail des cols blancs est lui aussi touchéLes délocalisations alimentent à nouveau le débat politique en Europe. Le sujet a fait aussi une entrée fracassante dans la campagne des présidentielles américaines. Les démocrates ont trouvé un nouvel argumentaire face à l'équipe de George Bush, accusée de ne rien faire contre la perte d'emplois de millions d'Américains. Les conseillers du candidat démocrate, John Kerry, lui ont discrètement soufflé d'envisager des incitations aux entreprises qui s'engageraient à garder leur activité sur le sol américain. Les opinions publiques reprochent aux pouvoirs publics de regarder impuissants, la désindustrialisation de régions entières, avec ce que cela implique en pertes d'emploi et situations dramatiques pour des milliers de personnes se retrouvant sans travail. Face à ce que certains économistes considèrent comme un mouvement naturel d'adaptation des entreprises aux contraintes de la concurrence internationale, les politiques ont l'air désemparé. Accusés de privilégier le cours boursier à l'emploi, les chefs d'entreprise sont sur la défensive. “Ces transferts d'activités sont nécessaires pour maintenir l'emploi dans le pays”, confiait Henri de Castries, président du directoire d'Axa à la “semaine sociale” organisée à l'automne dernier à Paris.Face aux angoisses de l'opinion publique, même le très libéral chance lier allemand Gerard Schröeder est monté au créneau en accusant Siemens de chantage à l'emploi et d'attitude antipatriotique après la révélation par la presse de l'intention du groupe de transférer une partie de son activité en République tchèque. Chez le voisin français, le débat fait aussi rage. Nicolas Sarkozy, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie a clairement indiqué qu'il entendait “conditionner l'attribution de l'aide de l'Etat à l'engagement des chefs d'entreprise de ne pas délocaliser leurs activités”.A Bruxelles, la Commission est sortie aussi du bois. Son nouveau président, le Portugais José Manuel Barroso, a fait de l'amélioration de la compétitivité de l'Union une priorité absolue. En clair, comment coordonner les politiques afin de construire une ligne de défense face à un phénomène qui touche désormais les emplois dits “nobles”. Contrairement à la première vague, les délocalisations ne concernent plus que la production des jouets et le textile-habillement, mais touchent aussi le travail des cols blancs. Bruxelles aura fort à faire car à l'intérieur même de l'Union, les distorsions fiscales et sociales créent des situations de concurrence déloyale.Quelle attitude faut-il adopter face aux délocalisations? Les contrarier ou les accompagner? Pour les activités dont le coût de la main-d'œuvre est déterminant dans les coûts de fabrication, la messe est dite. Tout au plus, peut-on décaler l'échéance mais pas le transfert, estiment les auteurs du rapport du Sénat français sur les délocalisations. “Le transfert de leurs segments de production les plus concurrentiels dans les pays à bas coûts est un processus irréversible”..L'exemple des pays scandinavesCompte tenu du différentiel de départ, l'option de livrer une bataille frontale aux pays émergents sur les charges sociales n'est pas tenable, reconnaissent-ils. Il est possible de s'attaquer à certaines rigidités du marché de l'emploi sans remettre en cause le modèle de protection sociale. Mais la révision à la baisse des “acquis sociaux” n'est pas en soi une garantie d'efficacité contre les délocalisations. L'exemple américain est éloquent à cet égard. La baisse du salaire ouvrier moyen aux Etats-Unis n'a pas endigué la vague de délocalisations, en Chine notamment.Le Sénat français dominé par la droite, se défend de toute position théologique (idéologique) sur le traitement des délocalisations. Le rapport fustige au passage ceux qui font de l'augmentation du temps de travail le remède miracle contre les délocalisations. Plusieurs sociétés en Allemagne ont réussi à convaincre leurs salariés de travailler plus (sans hausse de salaire) en échange du maintien de l'activité. Au grand dam des syndicats, de nombreuses firmes en France reviennent sur les “35 heures” à travers des référendums internes. Dans leur rapport, les sénateurs reconnaissent qu'il n'existe aucune potion magique en le domaine mais recommandent d'observer l'expérience des pays scandinaves aux régimes de protection sociale parmi les plus généreux de la planète. Sans trouer les filets sociaux, le Danemark, la Suède, la Finlande, voire les Pays-Bas, ont injecté une dose de flexibilité sur le marché de l'emploi en assouplissant la législation du travail. Ces pays ont par ailleurs concédé plus de liberté aux entreprises dans l'organisation de leur cycle de production. Résultat: ce sont de rares économies qui échappent au chômage de masse en Europe, sans que les “nouveaux” emplois ne soient des jobs précaires comme en Grande-Bretagne.Abashi SHAMAMBA


La Chine, l'usine du monde

L'Empire du Milieu est devenu une terre d'accueil des investissements étrangers avec un total de 53 milliards de dollars en 2002, ce qui le place au sixième rang mondial des pays destinataires. Cet afflux des IDE (investissements directs à l'étranger) bénéficie de la dynamique du mouvement d'implantations massives des industries à forte intensité de main-d'oeuvre: textile, cuir, articles de sport, jouets, etc. Le coût horaire de la main-d'œuvre en Chine est de 0,41 dollar (0,70 sur la zone côtière), contre 15,9 en France et 22,8 dollars au Japon. Sur ce type d'activités, le combat est perdu d'avance. Le Maroc ne peut plus rattraper Pékin, dont les salariés ont une bien meilleure productivité, en plus d'une flexibilité quasi infinie dont profitent les industriels. Il faudra donc cibler des activités à plus forte valeur ajoutée. Mais attention! la Chine est en train aussi de prouver qu'elle n'était pas qu'une usine de production de chemises et que son attractivité n'était pas uniquement fondée sur le coût horaire du travail. Pékin émerge en effet sur des pôles d'excellence qui concentrent des firmes leaders sur les marchés mondiaux. Un tiers de la production mondiale de lecteurs de CD, 60% des têtes laser pour les DVD et 70% des photocopieurs sortent des usines chinoises. Idem pour la moitié des fours à micro-ondes vendus dans le monde. A. S.


Et l'Inde, le bureau du monde

C'est l'appellation désormais consacrée du sous-continent indien. Ce pays d'un milliard d'habitants dispose d'atouts décisifs pour séduire les investisseurs: une main-d'œuvre abondante, flexible et économiquement compétitive, souligne le rapport d'information du Sénat français sur la délocalisation des industries de main-d'œuvre(1). Valeur aujourd'hui, ce pays compte plus d'ingénieurs que la Sillicon Valley. L'Inde dispose de 650.000 ingénieurs, tous anglophones, et du même niveau que n'importe quel lauréat d'une grande école ou université européenne, et de 29 millions d'étudiants. Ce matelas de matière grise ne cesse de s'étendre. Tous les ans, le système éducatif met sur le marché près de 165.000 jeunes diplômés d'écoles d'ingénieurs de haut niveau.Si l'Inde doit son attractivité au fait d'être une destination “low-cost”, ce pays se démarque de la concurrence de pays émergents pour avoir privilégié dès le départ les nouvelles technologies, les services et la formation. Les résultats sont sans appel: En 2003, l'Inde a exporté pour 12 milliards de dollars de services informatiques. Lufthansa et Swiss ont délocalisé leur comptabilité à Bombay, tandis que le groupe Axa y a transféré une partie de son activité anglaise. Même le journalisme n'échappe pas à la nouvelle tendance des délocalisations, celle du travail des cols blancs. Reuters envisage de recruter plusieurs dizaines de journalistes chargés de couvrir les nouvelles technologies à partir de Bombay plutôt que de gonfler ses effectifs en Angleterre.----------------------------------------(1) Le document a été publié le 24 juin 2004 dans une atmosphère de polémique sur les “délocalisations boursières”.A. S.

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