Economie

Le PPS marque son changement de cap

Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

Le PPS n'a pas fini d'étonner: c'est un programme fort libéral que ce «petit parti très influent» présente par la bouche de son nouveau secrétaire général.


LE Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) a mis au point un programme de «développement économique» libéral. Moulay Ismaïl Alaoui, le nouveau secrétaire général, plaisante d'ailleurs sur la convergence entre le «moins d'Etat» des libéraux et la disparition de l'Etat chez les marxistes.
Quelque 130 personnes sont restées au-delà de minuit, le mardi 14 octobre, pour le Dîner Politique de L'Economiste. C'est en effet avec un esprit conciliant et libéral que M. Alaoui s'est plié à la discipline des questions pour expliquer son programme, lequel est maintenant édité dans un document de 46 pages.
Parmi les sujets-clés figure la réforme de l'Administration et de la Justice via notamment le renforcement de son indépendance à l'égard des autres pouvoirs, «notamment l'appareil exécutif». La surprise vient de la ferme attaque du PPS contre les déficits budgétaires: ce sont les pauvres qui payent en définitive, dit le secrétaire général. Il fixe le plafond au-dessous de 3% avec une maîtrise de l'inflation à moins de 4%. Néanmoins, il admet qu'il peut y avoir des dépassements «par moments».
Sur le même ton, M. Alaoui met en exergue la nécessité de promouvoir les ressources hu-maines avec une liquidation appropriée de l'analphabétisme et une revalorisation de la formation professionnelle. Il propose une loi pour «la formation continue au sein de l'entreprise». Il fait de ce thème «une condition non négociable» en cas de coalition gouvernementale.

Il propose des «avantages fiscaux sur l'IS en faveur de la formation» avant d'indiquer que les taux d'impôts doivent baisser. Le secrétaire général donne un calendrier étalé pour cette baisse: horizon 2010. Même approche pour la TVA, où M. Alaoui se dit intéressé par l'expérience asiatique où les taux de TVA sont inférieurs à 10% «et plus conformes aux possibilités d'un pays en voie de dévelop-pement».
En revanche, il trouve «inadmissible» que les gros revenus agricoles jouissent de l'exonération fiscale: «Les gros se cachent derrière les petits». Il souhaite aussi établir un impôt foncier régionalisé «dans une première phase».
Concernant la dette extérieure, le Parti propose son règlement via un «traitement politique et intelligent» mais sans pour autant donner les détails, mais rappelle «qu'un pays doit tenir ses engagements».
Le PPS se montre critique sur les privatisations, au moins sur une, celle d'ICOZ: pas transparente et sujette à soupçons. Critique aussi sur l'Entraide Nationale et la Promotion Nationale: gaspillage et gabegie. Critique encore sur la Caisse de Compensation: seulement 17% des pauvres en profitent. Moulay Ismaïl Alaoui veut remplacer les aides actuelles aux pauvres par un «système de sécurité (...) plus sélectif».

Flexibilité: Avec garde-fou


La flexibilité du travail a longuement retenu la salle. Ce concept doit, selon M. Alaoui, «être soumis à des règles bien précises, car son application totale comporte aussi bien des avantages que des risques pour les employés». Il ne partage pas l'opinion selon laquelle il ne faut pas faire de législation du travail en temps de crise et stigmatise les lenteurs de la réforme du code.
Côté emploi, le Parti souligne la «nécessité de l'engagement du secteur privé». L'invité de L'Economiste explique fermement que «l'Administration ne peut pas recruter tous les lauréats». D'où le développement du nombre des travailleurs temporaires. Sur ces derniers, le secrétaire général du PPS précise que «c'est une question de rapports de forces. Il faut attendre que les choses mûrissent».
Toujours concernant le chômage, M. Alaoui estime que la lutte contre ce phénomène devrait commencer dès l'école. Avec le système actuel d'enseignement, les jeunes n'ont pas le sens de l'initiative. «Il faut revoir toute la politique de l'enseignement».
Interrogé sur la corruption, M. Alaoui explique que l'arsenal juridique en vigueur a besoin d'être rectifié. Le corrupteur et le corrompu ne doivent pas être jugés sur un pied d'égalité. D'autres difficultés sont relevées au niveau de l'arsenal juridique, notamment la «sur-protection des locataires».

Rafik IKRAM

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