×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Le point sur la transplantation rénale au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:152 Le 03/11/1994 | Partager

    Le service uro-néphrologique du CHU Ibn Rochd de Casablanca réalise des opérations de transplantation d'organes depuis 1990. Le donneur vivant augmente les chances de succès.

    Le Maroc s'est engagé dans le traitement de l'insuffisance rénale chronique (IRC) par hémodialyse depuis 1977. Mais jusqu'en 1985 seul un petit nombre de malades ont pu être pris en charge, comme l'a spécifié M. Abderrahim Harouchi, ministre de la Santé publique, lors de l'ouverture du Symposium sur la transplantation rénale tenu dernièrement à Casablanca. En effet, le premier réseau de centres de dialyse installé dans les polycliniques de la CNSS n'accueillait que les malades bénéficiant d'une couverture sociale. Comme le souligne le Pr. Driss Zaïd, néphrologue, dans son exposé lors de ce même Symposium, le secteur public connaissait une situation dramatique dans le domaine de la dialyse exprimée par une demande considérable face à des ressources limitées, voire inexistantes. "Cependant, poursuit-il, grâce à l'action d'associations de bienfaiteurs, un certain nombre de centres se développèrent dans le Royaume, et on pouvait désormais traiter des malades sans couverture sociale, le plus souvent à revenus limités". Aujourd'hui près de 1.200 malades sont dialysés dans 44 centres du pays. 70% d'entre eux sont affiliés à une mutuelle ou à une assurance. Les 30% restants sont pris en charge par les associations. D'après le Pr. Zaïd, le Maroc dispose de 10 postes de dialyse par million d'habitants, et seuls 40 malades par million d'habitants peuvent être traités. Plus de 100 malades marocains ont été greffés en France, dont 70% à l'aide de reins prélevés sur des sujets en état de mort cérébrale (cadavres) et 30% avec un rein d'un donneur familial.

    Face à l'insuffisance de l'équipement en matériel d'hémodialyse, et pour pallier de nombreux inconvénients de ce traitement (fatigabilité, déprime, impossibilité de combattre la stérilité, impuissance sexuelle et aménorrhée engendrées par la maladie), la nécessité de trouver une solution de rechange s'est vite imposée. Dès 1985, les Prs Zaïd et S. Benjelloun, Chefs respectifs des services de néphrologie et d'urologie du CHU Ibn Rochd de Casablanca ont entrepris de réfléchir aux moyens d'instaurer la pratique de la transplantation rénale dans leur bloc opératoire. "La phase de mise en place de l'infrastructure, explique Pr. Zaïd, a commencé par la création d'un laboratoire d'immunologie de greffe, grâce au concours du Pr. Benslimane, directeur de l'institut Pasteur". Ensuite, les équipes des services précités se sont engagées dans la préparation et la sélection des malades, l'équipe du Pr Benaguida devant assurer la logistique de réanimation. Par ailleurs, l'approvisionnement en médicaments immunodépresseurs devait être assuré en permanence, ce en quoi il faut saluer l'importante contribution des laboratoires Sandoz. Dès que le plateau technique devint fonctionnel, les premières greffes furent réalisées, en 1990. Après un recul de 5 ans permettant de juger du succès des opérations, les résultats des greffes du CHU d'Ibn Rochd furent publiés dans la revue médicale américaine Proceeding transplantation.

    La transplantation d'organes pose la question du donneur: vivant ou en mort cérébrale? Les cas sont possibles mais, dira le Pr Benjelloun, "plusieurs arguments plaident en faveur du donneur vivant: des résultats supérieurs, des suites opératoires plus simples avec obtention rapide de la diurèse, évitant les complications liées à la conservation prolongée d'un rein; la programmation de l'intervention chirurgicale, la parenté du donneur qui réduit les risques de rejet. Plusieurs éléments basés sur des statistiques mondiales attestent de la supériorité de la transplantation. rénale à partir d'un donneur vivant: les donneurs ont une espérance de vie égale à celle d'une population n'ayant pas donné de rein, le risque opératoire est quasiment nul, la fonction rénale du rein subsistant reste normale. Plus de 900 donneurs vivants gardent une fonction rénale normale depuis plus de 25 ans".

    Quant au prélèvement sur un sujet en état de mort cérébrale, qui doit survenir surtout sur des accidentés de la route, il nécessite une organisation et une infrastructure importantes: ramassage et réceptionnement rapides, réanimation pouvant assurer un état de vie neurovégétatif, structure d'analyse de compatibilité nécessaire. Une fois ces condition remplies, il faut consulter le relevé informatisé de tous les candidats identifiés susceptibles d'avoir le maximum de chances de compatibilité pour le rein prélevé.

    Les résultats obtenus par le service uro-néphrologique du CHU sont très encourageants: aucune complication majeure ni décès enregistrés sur transplantations réalisées, 12 excellents résultats et 2 retours à l'hémodialyse.

    Après la greffe, les 3 premiers mois demeurent astreignants, car en plus de 15 jours d'hospitalisation, le malade doit subir des contrôles réguliers 2 à 3 fois par semaine. La normalisation progressive de l'état physique concourt à la reprises de l'activité socioprofessionnelle et à l'amélioration de la vie psychoaffective. L'activité sexuelle et la capacité de reproduction reviennent à la normale.

    Reste maintenant à établir une législation rigoureuse devant réglementer les conditions de don et de prélèvement d'organes, ajoute le Pr Zaïd. Quant à M. Harouchi, il annonce la création prochaine d'une Ligue Marocaine pour la Transplantation Rénale, projet initié par S.M. le Roi.

    B.L.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc