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    Economie

    Le Nord, la tête sous l'eau

    Par L'Economiste | Edition N°:291 Le 31/07/1997 | Partager

    Le tourisme à Tanger, mais aussi dans presque tout le Nord, continue à recevoir de véritables "coups de poing". A l'origine de son sinistre, l'absence d'infrastructures de base, d'animation, de propreté et l'insécurité... Son électrocardiogramme est aujourd'hui à plat.


    Incurable. Le Nord n'ar-rive plus à soigner son mal. Cliniquement morte, Tanger pleure son passé. En effet, considérée dans les années 60 comme le deuxième pôle touristique du pays, la ville du Détroit n'accueille quasiment plus que des touristes en transit.
    La plupart des hôtels ont vu leur taux d'occupation fondre de moitié par rapport à l'année dernière. L'amertume se ressent dans les propos des opérateurs.

    Refus de vendre Tanger


    D'après un sondage réalisé auprès de quelques hôteliers de la région, ces taux varient actuellement entre 20 et 40%. De son côté, la Fédération Nationale de l'Industrie Hôtelière (FNIH) avance une moyenne d'occupation de 10% pour le mois de juillet.
    Si aujourd'hui la campagne d'assainissement est montrée du doigt, les origines de la crise sont beaucoup plus lointaines et remontent bien au-delà de la Guerre du Golfe. Le manque d'infrastru-ctures de base, d'animation, de propreté, le laisser-aller et l'insécurité sont aussi autant de facteurs ayant poussé à la "fuite" des touristes marocains et étrangers. Même diagnostic auprès de M. Mohamed Alaoui M'hamdi, ministre du Tourisme. "La crise qui sévit dans cette région est principalement due à l'absence d'infrastructures. Cette situation lui fait perdre tout son attrait". Autre point soulevé par le ministre, l'environnement et la propreté qui incombent aux élus locaux. Quant à l'animation, M. Alaoui M'hamdi estime qu'elle ne relève pas de ses fonctionnaires d'organiser des événements culturels ou autres.
    Fait également défaut la rénovation d'un parc hôtelier vieillissant et "hors d'usage", selon M. Azzelarab Kettani, secrétaire général de la FNIH. Résultat: les TO étrangers refusent aujourd'hui de vendre Tanger. Au bord du gouffre, les hôteliers remplissent les pages de la presse et multiplient les promotions. "Jamais Tanger n'a été aussi proche!..." et à quel prix: 160 DH TTC par personne et par jour, logement en chambre double et petit déjeuner buffet, suggère un message publicitaire. Le "bradage" des prix reste donc la seule et ultime arme pour tenter d'attirer des touristes que les plages du Sud et l'Espagne lui ont ravis.

    En effet, l'Espagne, juste en face, fait miroiter ses atouts. Castagnettes, paella, animation et danses jusqu'au bout de la nuit font que les hôtels et les résidences affichent complet. Et à moindre prix. Ce pays dame donc le pion et rafle la clientèle traditionnelle au Nord. D'autres destinations ont également repris le relais en affichant des tarifs compétitifs.
    Pendant ce temps, le mouvement de vente des propriétés sur la côté marocaine se poursuit. Ceux qui ne trouvent pas preneur y reviennent pour amortir leur investissement. Pa-tience, encore un été pour des baigna-des, des balades et de l'ennui. Le tout arrosé de "chorros" et de "pépitas".
    A la question "quel remède pour faire revivre le Nord?", un hôtelier de la région répond: "laisser-libre cours à la contrebande". En effet, ce sont surtout Sebta, Mellilia, ainsi que les souks "zones franches" qui attirent la majorité des vacanciers.
    Dans tous les cas, le tourisme n'est pas une machine qui fonctionne toute seule. Il a besoin de l'orchestration des compétences des pouvoirs publics et de leurs partenaires. Parmi la thérapeutique proposée par les professionnels du secteur figurent la facilité d'accès au crédit, une meilleure promotion d'une région "oubliée par les campagnes menées à l'étranger et basées sur le soleil et le sable chaud du Sud". Récemment réunis, les hôteliers de Tanger ont décidé de suggérer au groupe Accor de s'implanter dans la région, avec l'espoir que cette installation serait la locomotive qui tirerait le produit vers le haut. Enfin, petite bonne nouvelle pour la ville de Tanger, un TO casablancais vient de signer un contrat avec la RAM pour acheminer 4.000 touristes allemands pour une dizaine de jours courant septembre.

    Meriem OUDGIRI & Abashi SHAMAMBA

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