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    Tribune

    La machine de l'enseignement

    Par L'Economiste | Edition N°:20 Le 12/03/1992 | Partager

    DANS l'éditorial de L'Econo-miste du 27 Février 1992, l'enseignement est présenté comme un domaine qui consomme d'importantes ressources avec un produit critiquable. De plus, il concerne directement une partie importante de la population et indirectement l'ensemble de la population.
    Sans contredire le journal sur ce constat et afin de contribuer à l'enrichissement du débat, je vous prie de réserver une place aux remarques suivantes:
    1- L'enseignement est certes une machine en panne mais c'est une machine qui a servi. Il suffit de comparer le niveau d'alphabétisation ou le nombre des cadres formés entre le lendemain de l'indépendance et le début des années quatre vingt dix, pour s'en rendre compte.
    2- La machine a fait partie d'un ensemble appelé "Entreprise du développement du Maroc". L'ensemble a fait des progrès mais de manière hétérogène.
    De toutes les machines, c'est finalement celle de l'enseignement qui a le mieux fonctionné.
    Elle a même su s'adapter à des contextes différents. Au lendemain de l'indépendance, elle a permis le remplacement des cadres étrangers qui sont partis. Plus tard, elle a continué à fournir les moyens humains du développement, jusqu'au moment où on a considéré, à tort d'ailleurs, qu'elle a dépassé les limites souhaitées, ou plutôt autorisées.
    L'enseignement, et surtout l'université, ont alors essayé de s'adapter. Ils ont concentré quelques difficultés du fait de l'impossibilité de l'environnement à identifier, et encore moins à préciser ses besoins réels présents et futurs.

    Exode des enseignants

    3- La machine a fonctionné dans une entreprise soumise à l'influence des événements et gérée en conséquence. Elle a bénéficié d'une attention particulière au moment où la demande était supérieure à l'offre. L'ouvrier, l'enseignant en l'occurrence, avait un statut social valorisant et des rôles faciles à accomplir. Il devait simplement former. Plus tard, son statut et ses rôles ont été modifiés dans le sens des difficultés. Il s'en est suivi des conflits, une désaffection, un exode des enseignants vers d'autres secteurs d'activité et finalement des problèmes pour l'enseignement.
    Les différents partenaires de l'enseignement ont alors adopté des attitudes en fonction de la logique de leurs intérêts réciproques qui ne sont pas toujours encourageants.
    4- Toutes les machines similaires finissent par rencontrer des pannes. L'enseignement est en effet, une sorte d'abeille qui produit du miel avant de laisser des restes. Dans le monde contemporain, tous les systèmes d'enseignement sont remis en question. Depuis deux siècles environ, ils ont permis un enrichissement et une utilisation du savoir. Après une phase d'émer-veillement et de triomphalisme, on assiste toutefois à des remises en question.
    Celles-ci concernent la machine la plus vulnérable, celle de l'enseignement, alors que celle-ci ne constitue qu'un maillon faible de toute une chaîne. La véritable remise en question devrait être celle de la culture et de l'organisation sociale, en général. Elle l'est d'ailleurs depuis quelques temps.

    Perception erronée

    5- La problématique de l'enseignement au Maroc est en définitive une problématique déterminée par des événements. Dans cette problématique il n'est pas possible de référer la responsabilité à l'un des partenaires. Tous les partenaires ont conscience de l'intérêt du savoir, de sa transmission et donc de l'enseignement. Des individus peuvent par contre avoir une perception erronée de leur propre intérêt et se conduire de manière suicidaire, sans s'en rendre compte. C'est le cas de ceux qui se sentent épargnés par les problèmes de l'enseignement de leur pays, ceux qui pensent par exemple trouver une satisfaction dans le cadre de la mission culturelle d'un pays étranger au Maroc ou dans les universités étrangères. C'est le cas également de ceux qui tentent d'expliquer leur paresse, leur profit instinctif et leur échec par des insuffisances du système d'enseignement. C'est le cas des nostalgiques, des privilèges et des rôles du passé pour un monde en mouvement. C'est le cas enfin de ceux qui manipulent des slogans, qui croient détenir la vérité et qui veulent imposer un point de vue à partir d'une logique donnée ou d'une position de force.
    L'enseignement marocain a été performant jusqu'à présent. Il a permis de franchir une première étape. Il en est passé par une deuxième, conflictuelle et difficile. Il doit se préparer pour une troisième étape qui n'est ni celle du parrainage, ni celle de la tutelle, ni celle de la responsabilité dans le cadre d'un véritable partenariat.

    Ahmed IRAQI

    Professeur d'anatomie pathologique à la Faculté de Médecine de Casablanca

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