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    Economie

    La déprime se propage à l’automobile

    Par L'Economiste | Edition N°:2874 Le 06/10/2008 | Partager

    . La crise financière internationale perturbe les ventes. Les experts prévoient une accalmie en 2009. Le marché ne décollera qu’en 2010Les constructeurs automobiles naviguent à vue. Jamais l’horizon n’a été aussi brouillé côté prévisions des ventes! Depuis plusieurs mois, le secteur traverse des zones de turbulences caractérisées par une inquiétante dégradation des parts de marché (Etats-Unis avec -27% en septembre, Europe, Russie…). Du coup, l’ambiance n’est pas à la fête en marge du Mondial de l’Automobile qui se poursuit à Paris jusqu’au 19 octobre. «Personne ne peut dire combien de temps cela va durer», déclarent les PDG de Renault et PSA en marge du salon parisien. Une incertitude ravivée par les dernières dépressions qui frappent les secteurs bancaires européen et américain. Les grands constructeurs mondiaux ont perdu en moyenne 14% au cours des 8 dernières séances. L’indice sectoriel Bloomberg est à son plus bas niveau depuis 3 ans. «Le secteur court un risque financier grave», avertit Carlos Ghosn, PDG de Renault. «Ce n’est pas la première crise que je traverse en tant qu’industriel, mais être plongé dans un tel brouillard est nouveau pour moi», a annoncé à la presse Christian Streiff, dirigeant du 2e constructeur européen (PSA). Sentiment partagé par Ghosn. Et pour cause, sur les principaux marchés automobiles, la marge de manœuvre des consommateurs s’est réduite et le pouvoir d’achat n’est plus celui qu’il était il y a quelques années. «Si le marché américain augure de quelque chose pour l’Europe, cela va aller vraiment mal», annonce Ghosn. Même les pays en voie de développement, principaux relais de croissance des constructeurs généralistes, sont dans une perspective de ralentissement économique. Ce qui risque de compromettre les habituelles marges d’un bon nombre de constructeurs en Afrique, Asie et auprès de plusieurs pays de l’Europe de l’Est. D’ailleurs, en anticipant sur un éventuel retournement de conjoncture, les principaux constructeurs européens ont été contraints de modérer leurs ambitions et de revoir à la baisse leurs programmes de production. Evidemment, pour préserver des parts de marché, les constructeurs n’ont d’autres choix que de rogner sur les marges bénéficiaires, de baisser les coûts de développement, de réduire leurs effectifs et de s’orienter vers le low cost. C’est justement ce qu’annonce le management de PSA. Un nouveau modèle à bas prix est programmé pour 2011 par le constructeur sochalien. Il s’agit d’un véhicule d’entrée de gamme qui sera assemblé en Chine, en Amérique latine et en Europe de l’Est. En termes de ventes automobiles, de nombreux experts prévoient une fin d’année difficile avec un repli de 1% des ventes. A en croire certains observateurs, 2009 serait encore plus morose. Plusieurs scénarios laissent croire que la reprise du marché n’est envisageable qu’à partir de 2010.Du coup, les actuelles proportions des marges seraient de moins en moins confortables. Ce qui explique au Maroc les ristournes enregistrées de 10.000, 20.000 voire 30.000 DH d’un seul coup sur de nombreux modèles. Mieux, l’on rallonge à souhait les durées de garantie ou l’on offre gracieusement chargeurs CD, jantes aluminium, bons de carburants… Même si le marché du completly built up (CBU ou importé monté) enregistre une hausse à 2 chiffres, les spécialistes n’excluent pas une éventuelle accalmie d’ici la fin de l’année, voire début 2009. Comparés à d’autres pays, les droits de douane restent quand même trop élevés au Maroc: 32,5% sur les véhicules importés d’Asie et 13% sur ceux d’origine européenne. Même si les taux arriveront à 0% sur le made in Europe en 2012 (démantèlement tarifaire oblige !), aucune baisse n’est par contre prévue pour les voitures d’origine asiatique. Pourtant, le made in Asia représente 50% des ventes sur l’importé monté. Si les prix en général doivent s’inscrire dans une tendance baissière d’ici 2012, côté consommateurs, les effets du démantèlement pour les voitures en provenance de la zone euro ne sont pas très perceptibles. Mis à part les citadines à moins de 100.000 DH, les prix restent trop élevés sur plusieurs segments. Pour de nombreux consommateurs, dans un contexte mondial de baisse du pouvoir d’achat, les concessionnaires automobiles sont eux aussi appelés à revoir à la baisse leurs marges bénéficiaires.A. R.

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