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Culture

JO d'AthènesL'Odyssée des «hommes nus»

Par L'Economiste | Edition N°:1835 Le 18/08/2004 | Partager

. Les Spartiates, les plus couronnés. Un entraînement militaire. Des performances qui traversent les millénairesA voir toutes les recherches scientifiques conduites sur les vêtements de sportifs, qui croirait que “gymnaste” veut dire “homme nu”!? Les Grecs antiques, qui n'étaient pas des anges, ne voulaient pas de femme sur leur stade. Pour être sûr du fait, il suffisait de ne laisser entrer que des “gymnastes”.Dès 776 av. J.-C. jusqu'au Ve siècle de notre ère, soit pendant 1.200 ans, le stade d'Olympie recevait toutes les cités grecques durant sept jours pour participer aux jeux dédiés à Zeus. Mais athlète aujourd'hui, ou il y a deux mille ans, c'est toujours l'homme qui concourt. Le registre des performances a traversé les millénaires. Et l'histoire nous enseigne bien sûr l'évolution des valeurs. Evolution des règles, multiplication des jeux, des exploits, de l'entraînement, mais l'homme est resté homme. Aujourd'hui comme hier, les athlètes “professionnels” commencent leur carrière dès leur plus jeune âge et suivent un entraînement intensif. Sauf qu'aujourd'hui, l'athlète est trop entouré, sujet à spéculation, et l'environnement médiatique dans lequel il baigne fait de lui un levier à business. Aussi, il ne joue plus pour un Dieu, mais pour son pays, ou celui dont il a reçu la nationalité… pour des firmes et pour une gloire de plus en plus éphémère dans le temps. Il n'est pas non plus érigé en héros que l'on retrouvera dans des poèmes ou dont la statue ornera sa cité, comme ses ancêtres. L'athlète moderne ne se contente plus de lauriers pour récompense, mais de médailles d'or, d'argent ou de bronze et autres gratifications pécuniaires annexes. Lors des jeux antiques, c'était un brin différent. Les rapporteurs se faisaient l'écho d'exploits empreints d'héroïsme dignes de ceux d'Alexandre le Grand et d'Ulysse, et les athlètes n'étaient pas vêtus de tissus signés. L'on rapporte même qu'à une certaine période, ils jouaient nus (gymnase veut d'ailleurs littéralement dire homme nu).Les jeunes Grecs, dès sept ans, étaient sélectionnés pour dédier leur vie à l'athlétisme, “à la vie à la mort”. La plupart étant issus de familles de notables. Commencent alors les entraînements et une rude éducation à la spartiate, qui donneront par la suite ces exploits rapportés par l'Histoire.. Les meilleurs entraîneurs pour Athéniens et SpartiatesSi aujourd'hui, le centième de seconde fait la différence, hier, la force, le courage et autres valeurs guerrières faisaient office de mesure. Le référentiel de cette époque tourne autour d'Ulysse, qu'Homère immortalisa, Hercule, des héros mythiques et mystifiés. La force d'Ulysse, ses aventures et son art du tir à l'arc traverseront le temps et sont rapportés jusqu'à nos oreilles modernes. Ainsi, dans la Grèce antique, les athlètes, sélectionnés dès leur plus jeune âge, sont pris en charge par des maîtres spécialisés. Ils apprenaient à chasser et à combattre. Les Athéniens et Spartiates ont bénéficié des meilleurs entraîneurs. Les Spartiates, connus pour la sévérité de l'éducation qu'ils prodiguaient, entraînèrent les athlètes à un rythme militaire. “Les maîtres voulaient que leurs élèves soient prêts à défendre la cité, même jusqu'au sacrifice de leur vie”. D'ailleurs, des performances relatées au fil des âges, celles des Spartiates sont les plus nombreuses. Aux Jeux olympiques, de 720 à 576 av. J.-C., sur 81 vainqueurs connus, 46 sont Spartiates. Et ils auraient accompli des exploits dans la course à pied notamment où, sur 36 connus, il y a 21 Spartiates. Ainsi, dès l'âge de sept ans, le petit Spartiate était confié à un pédonome, dont les prérogatives de l'éducation lui sont déléguées par l'Etat. L'entraînement se faisait dans les gymnases. Discobole, javelot, course simple, saut en longueur, lutte, course de chars, de chevaux... sont les quelques disciplines auxquelles étaient initiés ces athlètes.A douze ans, le futur athlète devenait “garçon”. Il vit en “internat” avec le reste de ses camarades et dort à même le sol. Dès sa seizième année, et jusqu'à ses vingt-et-un ans, il sera dénommé “Irène”: il peut former à son tour les plus jeunes.Le régime est dur, trop dur, comparé aux normes modernes, mais donne des résultats qui traversent les millénaires. Travaux d'endurance, danse, armes et un régime alimentaire strict (à base de blé, d'huile d'olive et de fruits secs) seront le lot quotidien des sportifs en guise d'entraînement avant d'aller concourir pour leur cité.


Gymnase: La sueur, le sable et l'huile

Le gymnase grec se composait de deux ensembles: la palestre et les pistes de course. La palestre était une cour, bordée de portiques, sur laquelle s'ouvraient différentes salles où les athlètes pouvaient se préparer en s'enduisant d'huile et se lavaient après avoir enlevé, à l'aide d'un strigile (sorte de racloir), le mélange de sueur, de sable et d'huile qui les couvrait.Les exercices se pratiquant nu, les soins du corps avaient une importance primordiale.


Femmes athlètes? Horreur!

Les jeux antiques interdisaient, sous peine de mort, la participation des femmes. Elles avaient leurs propres jeux, les jeux héréens, dédiés à la déesse Héra, femme de Zeus. Toutefois, il se rapporte que des femmes se déguisaient en homme pour participer aux Jeux olympiques. Elles pouvaient également y participer indirectement en tant que propriétaires de chevaux. Et seules les vierges pouvaient assister aux jeux.Selon la légende, Kallipateira (ou Phereniki), en 440 av. J.-C., est la seule femme à avoir été admise aux jeux. Fille de Diagoras, un fameux boxeur de Rhodes, elle prend en charge son fils pour l'amener à concourir à Olympie. Quand il vainquit, elle sauta la barrière où se tenaient les entraîneurs et, dans la précipitation, perdit son déguisement, dit la légende. Elle ne sera pas punie par respect pour son père et ses fils et frères, tous vainqueurs olympiques. Mais elle sera à l'origine d'une loi adoptée exigeant des entraîneurs comme des athlètes de se mettre nus au moment de leur enregistrement. Question de faciliter la vérification!


Sponsoring et dopage… antiques

EH non, le sponsoring, les grosses sommes d'argent pour faire participer un athlète émérite en son nom, n'est pas le propre de la vie moderne! “Dans l'Antiquité déjà, ceux qui réalisaient des prouesses étaient sûrs de trouver sponsors, surtout à partir du Ve siècle av. J.-C., quand les athlètes professionnels font leur apparition sur les podiums”, rapporte la chaîne franco-allemande Arte dans ses riches documentaires sur les JO diffusés ce mois d'août. Ainsi, débaucher un athlète se faisait déjà… mais était beaucoup plus risqué qu'aujourd'hui. Ainsi, le coureur crétois Sotadès a concouru pour une autre ville en échange d'une importante somme d'argent: il fut condamné à l'exil de Crète à tout jamais, considéré tout bonnement comme un traître. Aujourd'hui, pouvons-nous dénombrer le nombre de transferts?Le dopage n'est également pas le propre des JO modernes. Les athlètes antiques prenaient des décoctions de plantes, de sang de taureau ou d'alcool, qui sont devenues proscrites lors des jeux. Mais il n'y avait aucun moyen de contrôle.


Trêve sacrée

L'atmosphère mythique des jeux antiques faisait évidemment toute la différence avec les jeux d'aujourd'hui, où la “trêve sacrée” ne veut plus rien dire, où la compétition sportive est telle, qu'on dit que le sport réussit là où la politique échoue. Mais il échoue aujourd'hui à influer sur le cours des choses. Dans un environnement internationalisé et ouvert, et où les règles de la guerre ne sont même plus respectées… comment honorer l'esprit même des JO qui veut que la paix soit assurée un mois avant et un mois après le déroulement des jeux?L'on aurait pu rêver si nous étions à une autre époque (en Grèce antique?), que la Palestine et Israël, qui participent toutes deux aux JO d'Athènes de 2004, annoncent une trêve et un armistice. Si ces pays pouvaient arrêter de compter leurs morts pendant qu'ils se concentraient sur les médailles. Mouna KADIRI

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