×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Industrie du disque
La musique marocaine est-elle «exportable»?

Par L'Economiste | Edition N°:2302 Le 21/06/2006 | Partager

. Priorité à la restructuration du secteur . Les chaînes de télévision, véritable force de frappe. Le terreau artistique est riche mais sous-exploitéLA musique comme produit commercial, peut-elle s’exporter ? Comment y parvenir ? Les interrogations se bousculent, mais les idées ne manquent pas. Un préalable sur lequel les professionnels sont unanimes: exporter la production musicale marocaine exige une restructuration du marché local. Plusieurs propositions sont à l’ordre du jour. Pour Khalid Nokry, SG de l’APPEP, convertir une partie du secteur informel semble être une solution. Les vendeurs ambulants sont, depuis longtemps, des maillons incontournables du circuit. Pourquoi ne pas les intégrer en leur créant des kiosques, a-t-il suggéré. L’idée aurait le mérite de développer une partie de la chaîne de distribution. Quant à Malek, directeur artistique de Platinium Music, il propose un autre concept: la création de circuits alternatifs au souk traditionnel. «Il s’agit tout simplement de proposer de la musique à travers des structures qui ne la vendent pas forcément», a précisé Malek. Le but est de «réinventer» la distribution de la musique au Maroc. Il pense, entre autres, à une alliance entre les maisons de disques et la presse. Mais aussi aux grandes surfaces, aux duty free ou encore aux opérateurs télécom. Ces derniers proposeraient par exemple un pack à double offre (portable + CD). Platinium en a fait l’expérience avec une compagnie maritime notamment. «Les circuits alternatif consacrent un militantisme musical», a affirmé Malek. Il fait bien sûr allusion à la lutte contre le piratage. Mais pour pouvoir s’exporter, il faut penser aussi au respect des normes: la qualité du «gravage» des CD, de la jaquette de l’album… A l’étranger, la législation et les associations de consommateurs sont intraitables à ce sujet. D’autant plus que la concurrence se fait dure. Le marché international du disque est en train de se reconfigurer: le téléchargement légal de la musique a fait son entrée. Par ailleurs, la mise en place d’une politique gouvernementale ciblée est indispensable (Voir encadré). L’appui des chaînes de télévision et des radios est un plus non négligeable.C’est ce qui se fait par exemple au Moyen-Orient. Les artistes libanais et égyptiens parviennent à percer dans les marchés arabes et le Maroc ne fait pas exception. Comment sont-ils parvenus à se dégager du peloton ? Leur industrie de disque, contrairement à la nôtre, est parfaitement structurée. Certes, ils souffrent de piratage. Mais à moindre échelle. D’autant plus que le lobby des syndicats des métiers de la musique a un poids. «En Egypte, un chanteur ne peut se produire sans avoir au préalable un agrément du syndicat. En plus, il lui verse une partie des bénéfices du concert», précise Nokry. Le secteur est aussi hautement professionnalisé. Au Maroc on n’en est pas encore là. C’est bien dommage, car selon les professionnels, il existe un véritable terreau artistique qui demeure largement sous-exploité. «Nos artistes sont très créatifs», fait observer Maurice El Baz, DG de Ftg-Records . «Des producteurs libanais m’ont affirmé que des musiciens comme Saïda Fikri, Saïd Mosker et les frères Bouchenak les ont inspirés», commente le directeur artistique de Platinium Music, Malek. Ils ne pensaient pas que la musique marocaine pouvait fusionner avec d’autres styles, poursuit-il. Pour sa part, le syndicat des métiers de la musique marocain (SMM). pense qu’» il ne fait aucun doute qu’il y a eu une intention délibérée de conquérir le marché marocain. Quant au public il l’est déjà». La consécration récente de la chanteuse Elyssa au World Music Award confirme cette volonté. «Certes, la chanson/produit est médiocre, avec une durée de vie limitée. Mais elle génère des bénéfices», a précisé le syndicat. Surtout que les chaînes satellitaires comme Rotana ou Mazzika prennent le relais. Toutefois nombreux sont les professionnels marocains qui misent sur la libéralisation audiovisuelle. «Elle va promouvoir la production musicale au Maroc. Voire même offrir une ouverture sur la scène internationale», a expliqué le syndicat libre des musiciens marocains (SLMM). Mais là aussi c’est une autre paire de manches.


Pourquoi pas un «bureau d’export»

EN France, le «Bureau export de la musique» qui dépend du ministère de la Culture et de la Communication coordonne l’ensemble des actions internationales de la filière musicale française. En fonction des priorités des labels, il peut intervenir pour favoriser la diffusion sur les écrans (Etats-Unis, Brésil, Japon...), aider à développer les prises de licences, soutenir les professionnels sur les festivals et les salons. Il peut aussi subventionner des tournées d’artistes. Et sans oublier l’organisation des voyages promotionnels et l’élaboration d’études pour chercher de nouveaux publics ou des marchés de niche. Le Bureau export de la musique s’appuie également sur RFI et TV5 et sur le réseau diplomatique. Ils font de la promotion des musiques produites en France une priorité. Les résultats suivent, malgré la crise que traverse le secteur. Les 35% des disques produits en France sont vendus à l’étranger. En 2004, Patricia Kaas, pionnière de l’export musical français, a dépassé les 200 000 avec son album «Piano Bar». Pourquoi pas la même initiative au Maroc?


«Hogra»

«UNE chanteuse française, comme Lara Fabian, peut toucher un cachet de près de 900.000 DH», a affirmé le DG de l’agence d’événementiel One Way Concept, Jean Claude Guarese (1). Les stars libanaises ne font pas exception. Est-ce imaginable pour les artistes marocains? «Nos chanteurs partent au Caire notamment pour faire carrière (Samira Saïd, Asma Mnaour, Sofia de la star academy libanaise..)», a expliqué le SG de l’APPEP, Khalid Nokry. Comme quoi, il faut s’exporter pour acquérir de la valeur. Les cachets suivent et l’accueil est différent.Faiçal FAQUIHI--------------------------------------------------------------------------(1)Il a été l’un des invités de l’émission «L’économie en question» du 14 juin dernier diffusée sur la SNRT (ex-TVM).

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc