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Colloque de l'Istiqlal sur le développement

Bennani PDG de Wafabank: "Nous sommes masos!"
Par L'Economiste | Edition N°:618 Le 18/10/1999 | Partager

· L'Istiqlal fait un pas vers le monde des affaires
· Rénovation du discours politique avec à la clef l'acceptation de l'ouverture et de la globalisation


Entre 300 et 400 personnes de tous bords, mais toutes liées au monde économique et social, ont fait hier le déplacement pour écouter et donner leur point de vue lors du colloque du Parti de l'Istiqlal sur "la problématique du développement au Maroc du XXIème siècle".
Le vieux parti continue ainsi sa mue et son rajeunissement et ce, en commençant par la régénération de ses thèmes de combat politique. Un signe parmi d'autres, l'Istiqlal a choisi parmi les ouvrages et articles de son leader historique Allal El Fassi une collection de citations qui vont toutes dans le sens du changement, de l'évolution: "Nous devons combattre l'immobilisme, le réactionnisme, les vieilles traditions et transmettre à la Nation un message de rationalité...".
L'Istiqlal maintient donc sa stratégie de rénovation interne et surtout vis-à-vis de l'extérieur, où son image reste encore vieilliste, figée et crispée.
Il a donc du pain sur la planche. Mais il joue le jeu.
Ainsi, lorsque le secrétaire général, M. Abbès El Fassi, introduit les travaux sur le thème de la "crise économique et sociale", la programmation des exposés place quasi dans sa foulée, M. Abdelhaq Bennani, PDG de Wafabank, qui lance à la salle: "Nous nous faisons du mal, nous sommes un peu trop masochistes!".
Au-delà de ces divergences de points de vue, dont le Parti attendant justement la rénovation de ses messages politiques, l'Istiqlal, par la voix de son secrétaire général, marque son approbation à l'ouverture des frontières économiques. "La crise profonde, dit en substance M. Abbès El Fassi, ne peut pas être réglée avec des solutions sécuritaires". Le protectionnisme des années passées "a profité aux intermédiaires et a nui aux producteurs et aux consommateurs", poursuit-il, s'inscrivant en faux par rapport aux images qu'a le parti dans le monde économique. Ce dernier voit plutôt l'Istiqlal comme un parti favorable à l'isolationnisme, méfiant vis-à-vis de l'étranger.
Et M. Abbès El Fassi reprend: "L'entreprise ne peut pas toute seule supporter le poids du redressement". Il réclame alors l'appui de politique gouvernementale" sur des thèmes comme l'alphabétisation, la lutte contre la marginalisation rurale, la lutte contre les "cordons de pauvreté qui entourent les villes".
Le patron des patrons, M. Abderrahim Lahjouji, qui effectivement appartient à la mouvance de l'Istiqlal, sans y avoir de rôle politique personnel, se fait applaudir sur le thème du "nouveau nationalisme dans le contexte de la globalisation". Le président de la CGEM insiste sur le fait que le "temps politique doit rejoindre le temps économique". Autrement dit, le monde politique doit "se remuer un peu". A bon entendeur politique, salut!
M. Abderrazak Afilal, secrétaire général de l'UGTM depuis des lustres et membre du Bureau Exécutif de l'Istiqlal, confirme le changement de politique chez son syndicat. Il met en avant les nouveaux instruments tels que les conventions collectives, la négociation, la responsabilisation syndicale dans l'entreprise. Il se fait applaudir par la salle lorsqu'il lance son nouveau mot d'ordre "Le syndicalisme participatif".


La dimension sociale de l'UGTM


M. Abderrazak Afilal, secrétaire général de l'UGTM, s'est beaucoup servi de l'exemple germanique pour faire passer ses idées. En Allemagne, syndicats et patronat avaient opté pour la concertation afin d'imprimer une dimension sociale au développement.
Outre les bourses au profit des enfants des salariés et les allocations de chômage, le leader de la centrale marocaine a proposé de réfléchir à des formules pour mieux préparer les départs à la retraite. Pour cela, la première tâche consiste à recenser ceux qui partent afin d'assurer une adéquation avec ceux qui arrivent sur le marché du travail. Ce n'est pas encore le cas au Maroc où l'on assistera cette année au départ de 17.000 retraités. Pourtant, le gouvernement ne prévoit la création que de 11.000 postes. M. Afilal estime que le développement doit profiter à tout le monde. C'est ainsi que la couverture sociale obligatoire doit s'étendre à l'ensemble de la classe ouvrière. Sur ce registre, l'accord tripartite du 1er août 1996 prévoyait de porter le nombre d'adhérents, à la Sécurité Sociale à 2,5 millions contre 1,06 million actuellement. L'UGTM veut étendre ces dispositions sociales aux ouvriers agricoles. Toujours sur le registre de cet accord, la centrale syndicale réclame au gouvernement de verser intégralement sa quote part fixée à 2% du budget d'investissement pour la réalisation des logements sociaux.

Nadia SALAH

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