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Guerre des taux: Bank Al-Maghrib tance les banques

Par L'Economiste | Edition N°:1566 Le 22/07/2003 | Partager

. Les risques de dérives compromettent l'équilibre du système. La réaction du gouverneur de Bank Al-Maghrib ne s'est pas fait attendre. Prudence, la publicité peut induire en erreurLa guerre des taux d'intérêt fait rage. Saison estivale oblige, les crédits immobiliers sont en première ligne. Les banques commerciales se frottent les mains car la période est propice aux acquisitions de logements, par les MRE notamment. Alors les banques ne se font pas de cadeaux. Ce qui a poussé la Banque centrale à monter au créneau. Bank Al-Maghrib vient en effet d'aviser le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) des risques de dérives. «Certaines banques, animées par le seul souci de défendre leurs parts de marché, distribuent des crédits à la clientèle à des taux anormalement bas, qui sont parfois proches de ceux observés sur le marché interbancaire et ce, dans un contexte marqué par la baisse continue des marges bancaires», signale le gouverneur dans une lettre datée du 11 juillet 2003. Le rappel à l'ordre est clair: les banques sont tenues de se conformer aux dispositions de l'article 36 de la circulaire de BAM relative au contrôle interne et de veiller à ce que les taux consentis à la clientèle soient fixés de manière à intégrer les coûts opérationnels et de financement, le coût du risque de défaillance des contreparties et une rémunération minimale des fonds propres.Fait marquant de la campagne actuelle: les taux variables sont largement mis en avant. Les banquiers, qui résistent encore à l'appel des sirènes, dénoncent (anonymement!) «le manque de déontologie» de leurs confrères. «La publicité mentionne que le client peut à tout moment transformer le taux variable en taux fixe, mais oublie de préciser que l'écart peut aller de 1,5 point à 2 points». Au total, le débiteur qui avait contracté son crédit logement à un taux variable de 5,75% se retrouverait aujourd'hui avec un taux fixe de 8 à 8,5% et davantage si entre-temps les taux montaient.Les mêmes banquiers dénoncent aussi volontiers «le manque de transparence de la concurrence»: le montant de la commission relative à l'assurance sur le crédit habitat n'est pas toujours précisé. Attention à ne pas signer l'avenant sans avoir pris le temps de le lire et à comparer les taux pratiqués sur la place.Idem pour les frais du dossier. Il est vivement conseillé de s'enquérir du montant exact. Il varie de 2.000 à 3.000 DH.Il faut également rester vigilant sur la période de gratuité des frais du dossier. C'est de la date de signature du contrat qu'il s'agit. Le client doit donc éviter de signer dans la précipitation sous prétexte d'économiser quelques milliers de dirhams.Sur toutes ces offres, Abdellatif Jouahri a pris la mouche et ne ménage pas ses mots: «J'attire l'attention des banques sur les risques que constituent, pour un exercice sain de la concurrence, des présentations de caractère publicitaire insuffisamment descriptives de la réalité des conditions offertes et je les invite à être prudentes et rigoureuses en la matière». Un conseil qui vaut aussi pour les clients.Face au besoin pressant d'accéder à la propriété, le particulier se laisse facilement convaincre. Mais il risque d'aller de surprises en surprises. De commissions en frais de dossier, il s'en sort avec un taux bien plus élevé que celui mentionné dans les affiches. En plus, il endosse la totalité du risque de retournement de tendance des taux. Si la banque oublie de le lui rappeler, c'est à lui de l'avoir à l'esprit. Le risque est bel et bien réel. Certes, la baisse des taux persiste depuis quelques années et peut se prolonger encore quelque temps. Grâce au chèque d'Altadis, le Trésor aura encore un peu de répit. Mais jusqu'à quand? A rappeler que cette abondance de liquidités n'est pas de nature durable car les besoins du pays sont structurellement énormes (infrastructures, dépenses budgétaires...). Viendra le temps où les ressources de l'Etat se feront plus rares. Le Trésor n'aura alors d'autre choix que de se tourner vers le marché. Et les taux repartiront à la hausse. C'est inévitable.En attendant, l'emprunteur s'engage pour 10 à 30 ans. Les banquiers reconnaissent que l'évolution des taux comme celle du cours de change est difficilement prévisible sur le long terme, compte tenu de la multiplicité des facteurs exogènes qui interfèrent.Le gouverneur de Bank Al-Maghrib tire donc la sonnette d'alarme, invitant les banques à plus de prudence et de rigueur en matière de communication sur les conditions de financement. Là aussi, le conseil vaut aussi pour la clientèle.La mise en garde concerne d'ailleurs l'ensemble des crédits distribués. Mais l'immobilier serait particulièrement visé. Bien sûr, il n'y a pas péril en la demeure puisque sur ce créneau, les engagements des banques privées demeurent encore marginaux. En 2002, ils s'élevaient à près de 22 milliards de DH dont 17 milliards destinés aux particuliers. Les engagements globaux approchaient, eux, des 130 milliards de DH. Il ne faut pas d'ailleurs s'attendre à une véritable explosion de cette activité car les banques commerciales restent limitées par leurs fonds propres et ne disposent pas de ressources longues. Elles sont plutôt tentées d'utiliser la manne des dépôts faiblement rémunérés et donc peu coûteux pour elles. D'ailleurs, à ce jour, elles ne se sont pas bousculées pour émettre des emprunts obligataires et lever des fonds stables au coût du marché.


Nouveau tour de vis

Le gouverneur de Bank Al-Maghrib invite chaque banque à soumettre avant le 30 septembre, à la direction du Contrôle des établissements de crédit, le plan adopté pour se mettre en conformité avec les dispositions de l'article 36 relatives au contrôle interne et le calendrier de sa mise en oeuvre.En attendant la mise en place de ces outils, les banques devront communiquer à la même direction, le volume, la nature et les conditions des concours nouvellement accordés à la clientèle, «dès lors que ces derniers seraient assortis de taux inférieurs aux taux de référence majorés de 100 points de base». Il s'agit du taux moyen pondéré (TMP) des bons du Trésor à 52 semaines, observé au cours du trimestre précédent (pour les crédits de durée inférieure à 2 ans); du TMP des bons du Trésor à 5 ans observé au cours du semestre précédent (pour les crédits de 2 à 7 ans) et du TMP des bons du Trésor à 10 et 15 ans observé au cours du semestre précédent (pour les crédits allant au-delà de 7 ans). La majoration du taux de référence peut être ramenée de 100 à 70 points de base quand les crédits sont couverts par des nantissements de fonds ou assortis de cautions bancaires réalisables à première demande.Mouna KABLY

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