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France: la «pipolisation» qui désacralise la politique
Par Hubert Coudurier

Par L'Economiste | Edition N°:2733 Le 12/03/2008 | Partager

Hubert Coudurier a été journaliste à France 3 puis rédacteur en chef et directeur de l’information au Télégramme de Brest. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage remarqué, «Le monde selon Chirac» (Calmann Levy, 1998), qui décrivait ce que serait la diplomatie chiraquienne et qui s’est révélé prémonitoire en tout point. Coudurier appuie ses analyses sur la connaissance précise des caractères des hommes et des femmes en charge des grands dossiers. C’est le «style Coudurier» (Ph. Télégramme)Le rejet du politique est-il accru ou atténué par la «pipolisation» de l’information? Si l’un des conseillers du président de la République française peut se targuer que son patron accompagné de Carla Bruni, ait régulièrement les honneurs du magazine «Voici», il n’est pas certain que les politiques traditionnellement protégés par la loi française sur le respect de la vie privée aient gagné au change. A tout le moins, cela apparaît comme une certaine américanisation de la société française.. Sondages et style débridéOn impute souvent au style débridé de sa présidence, la chute de Nicolas Sarkozy dans les sondages. Certes le comportement de l’actuel chef de l’Etat français n’est pas seul en cause car comme dans toutes les démocraties, les questions économiques priment. En particulier la déception des Français sur leur pouvoir d’achat érodé par l’inflation s’est traduite dans les urnes aux élections municipales. Il n’empêche, sans être aussi baroque et excessif que Silvio Berlusconi, le numéro Un français a créé la rupture par rapport à ses prédécesseurs de la Ve République. Nous avions jusqu’alors de grands commis de l’Etat, issus pour la plupart de l’ENA, dignes et parfois empesés. Mais rarement efficaces depuis la fin des «30 Glorieuses» (NDLR : les trente ans de croissance de l’économie française, des années 50 aux années 80) qui virent la dette publique exploser et les scandales financiers se multiplier comme celui du Crédit Lyonnais.Décomplexé, Nicolas Sar-kozy l’est assurément et a contribué à transmettre ce comportement à son camp. La Garde des Sceaux, Rachida Dati, ayant été critiquée pour ses robes Dior et sa propension à s’afficher dans les soirées mondaines, le président lui aurait dit «Tu te fais plaisir et tu les emmerdes». Un palier important fut néanmoins franchi lors d’un déplacement dans le petit port breton du Guilvinec où le chef de l’Etat se fit traiter «d’en…»   par un pêcheur. Puis lors d’une visite au Salon de l’Agriculture où Nicolas Sarkozy glissa entre ses dents à un quidam qui refusait de lui serrer la main «Casse-toi, pauvre con». Morceaux d’anthologie largement repris sur Internet, le premier à l’initiative du quotidien «Le Télégramme», le deuxième mis en ligne par le site du «Parisien». . DésacralisationOr, de tels excès ne font qu’accroître la désacralisation d’une fonction présidentielle que la mondialisation avait déjà renvoyée à son impuissance à maîtriser le cours des choses. Surtout faute d’appliquer la cure libérale qui s’impose partout dans le monde, avec les résultats que l’on observe sur le taux de croissance.Dans un pays souffreteux dirigé jusqu’en 2007 par un vieux président ayant peur de l’avenir et rongé par un assistanat que l’idéologie sociale-démocrate avait élevé au rang de vertu, les provocations de Sarkozy eurent au départ un effet roboratif. Beaucoup moins au fil des mois où ses initiatives controversées comme la dernière en date sur la mémoire de la Shoah furent perçues pour de l’agitation d’un enfant-roi encore immature. Son manque de tenue lors de sa visite officielle au Maroc en octobre dernier aurait d’ailleurs choqué l’entourage du Souverain marocain avec lequel il partage une véritable complicité étant tous les deux de la même génération. On constate qu’avec le dénommé «Sarko», toutes les barrières de la préséance ont été enfoncées. C’est d’ailleurs la psychologie d’un homme sans limites saisi au début de son quinquennat par l’ivresse de la «toute-puissance» qui pose aujourd’hui problème même s’il convient de ne pas sombrer dans l’hystérie ambiante. A tout le moins, le plébiscite dans les sondages du Premier ministre François Fillon (qui ne perd rien pour attendre car il résonne comme un désaveu du chef de l’Etat) pose un réel problème politique à l’Elysée. Les sondages indiquent clairement le type de présidence que souhaitent les Français: plus sobre et conforme aux traditions de la Ve République que Nicolas Sarkozy s’emploie à bousculer. La seule chose qui importe aux citoyens français, bien plus que l’affichage parfois ostentatoire du bonheur présidentiel, c’est la satisfaction de leurs propres intérêts.


Deux « premières dames »

Le vaudeville imposé, au début du règne, à son ex-mari par Cécilia Sarkozy, laquelle doit épouser Richard Attias le 22 mars prochain, a grandement abîmé la dignité de la fonction.Avec ses allers-retours Paris-New York, ses «no-show» au sommet du G8 en Allemagne ou au pique-nique chez les Bush, en août 2007, l’ex-first lady mit en pièces un protocole auquel les épouses de président se pliaient jusqu’alors, de bonne ou mauvaise grâce. C’est dire le travail qui attend Carla Bruni pour redorer la fonction de «première dame» avec sa sensibilité particulière et sa grande intelligence. Madame Sarkozy s’est engagée dans une interview à l’Express à «faire le job pour la durée du quinquennat», comme l’ont montré ses premiers pas en Afrique du Sud et à la fin du mois à la Cour d’Angleterre. Si l’on veut comprendre la réussite d’un homme, cherchez la femme, dit souvent le proverbe. Cécilia Sarkozy joua durant vingt ans ce rôle de mère protectrice. Par-delà le démarrage en fanfare du nouveau couple tant à Eurodisney qu’à Louxor, en décembre dernier, et cette union que beaucoup de Français ont jugé quelque peu précipitée, Carla Bruni devra être une compagne loyale pour que le président puisse enfin se concentrer à 100 % sur les réformes qu’attendent les Français, condition nécessaire d’une amélioration de leur niveau de vie.


«Bling bling» autour du président

Le Président de la république française est un avocat, redoutable orateur, maîtrisant parfaitement les techniques de communication mais se laissant souvent déborder par son impulsivité. La première salve, tranchante comme l’acier, fut lancée par son ex-femme Cécilia dans un livre à succès de la journaliste du «Point» Anna Bitton qui décrétait «Il n’aime personne, pas même ses enfants. Il ne fait pas président». Effrayée par l’impact de ses confidences empreintes d’une certaine aigreur, l’ex-first lady a démenti devant les enquêteurs avoir reçu un SMS du président publié par Le Nouvel Observateur : «Si tu reviens, j’annule tout». Ce qui, convenons-en, aurait été fort désobligeant pour Carla Bruni en marquant la persistance d’une emprise sur son ex-mari.Au lendemain des élections, le week-end présidentiel sur le yacht de Vincent Bolloré, le «Paloma», avait suscité l’indignation d’une certaine gauche bien-pensante ayant définitivement rangé l’heureux élu dans le camp de la droite «bling-bling». Terme désignant ces rappeurs américains fortunés portant volontiers en bandoulière médailles, pendentifs et autres breloques lesquelles sonnent allègrement «bling bling». On connaît le goût de Nicolas Sarkozy qu’il partage d’ailleurs avec le socialiste Julien Dray pour les grosses montres au prix élevé. Le fait est que l’homme a toujours vécu sur un grand pied, s’affranchissant du côté parfois misérabiliste de certains bourgeois socialistes ou d’hommes de droite honteux. Sa campagne a d’ailleurs été axée sur l’enrichissement personnel de ses compatriotes à travers la fin des 35 heures et les heures supplémentaires.

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