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    Fès: Le recasement de Douar El Askar lancé

    Par L'Economiste | Edition N°:2922 Le 17/12/2008 | Partager

    . 3.000 familles concernées, près de la moitié déjà recasée. Démolition de 122 baraques cette semaineC’EST une fin d’année heureuse pour 122 ménages habitant le plus grand bidonville de la capitale spirituelle communément connu sous le nom de Dhar El Mehraz ou Douar El Askar. En effet, ces familles seront relogées à partir de cette semaine dans des appartements neufs. C’est la société Al Omrane qui initie l’opération de recasement. «La livraison des maisons est une condition sine qua non pour la démolition des baraques», indique son directeur Abdeljalil Cherkaoui. Et d’ajouter que l’opération de relogement de Dhar El Mehraz est une priorité. «C’est une population problèmes qu’il faut reloger. Son recasement est une “opération chirurgicale” inévitable», répète Mohamed Rherrabi, le wali de Fès. Mitoyen des facultés de Dhar El Mehraz et de l’hôpital El Ghessani, ce bidonville, rappelons-le, était devenu, depuis des années, source de plusieurs conflits entre les étudiants et les militaires. Séparer les uns des autres n’est pas une mince affaire. Composé de cinq «îlots» d’habitats insalubres, ce quartier regroupe près de 3.000 ménages. Sur ce total, près de 1.000 familles ont profité d’un premier recasement. Cette semaine, d’autres ont accepté le principe de relogement. Ainsi, 40 parmi elles ont payé cash leurs participations, affirme Cherkaoui. Un cash estimé à 70.000 DH pour un appartement de 68 m2, soit trois fois moins le prix réel sur le marché. Conscients de cet impératif, les responsables d’Al Omrane sensibilisent également les populations les invitant à améliorer leur cadre de vie. Seulement, dans certains cas, le caractère socioéconomique prime. Sur le plan social, les familles du bidonville ont, généralement, de très faibles revenus: à Douar El Askar, elles représentent près de 60% des foyers. Le reste est constitué de militaires retraités qui louent les baraques aux étudiants de la faculté de Dhar El Mehraz. Ils gagnent ainsi, grâce à ce commerce, entre 1.000 et 7.000 DH par mois. Les recaser, c’est donc les priver d’un revenu important. C’est pourquoi ils résistent à l’opération de relogement (cf. www.leconomiste.com). «C’est seulement une question de temps et nous sommes déterminés à mener l’opération jusqu’au bout», assure le directeur d’Al Omrane. Et de rappeler que la population ciblée est estimée à quelque 3.000 familles. De ce total, 1.200 sont déjà recasées. Pour le reste (1.800 ménages), un accord a été trouvé satisfaisant l’ensemble des parties. Ainsi, dans quelques semaines, Douar El Askar fera partie de l’histoire. Histoire qui a démarré dans les années 80 avec l’installation de la première baraque. En 2005, l’on en comptait plus de 2.800 où proliféraient trafic de drogue et prostitution. Un véritable cocktail qui dérangeait les autorités en permanence. La solution inévitable et obligatoire était donc de nettoyer ce secteur en rasant le bidonville. On passe alors à l’action. En 2006, une première tranche de 660 appartements a été livrée. Le financement du projet est évalué à près de 500 millions de DH. Il vise, outre le relogement des ménages, la restructuration de 300 bâtisses. Dès le lancement, les familles bénéficiaires de la première tranche ont versé partiellement ou totalement, en une semaine, les montants dont elles doivent s’acquitter. L’accès aux logements peut se faire soit par appropriation immédiate contre paiement de 55.000 DH pour les appartements de 60 m2 et de 70.000 DH pour ceux d’une superficie de 68 m2, soit par un système de location-vente. Un loyer inférieur à 300 DH/mois pour les démunis est envisagé.Outre le recasement, Al Omrane, appuyée par les autorités locales et les élus, veille sur la démolition des baraques et la mise à niveau des quartiers sous-équipés. Bref, l’heure est véritablement à la restructuration. De fait, le programme de mise à niveau urbaine et de lutte contre l’habitat insalubre, présenté au Souverain en décembre 2004, atteint sa vitesse de croisière. Lundi dernier, environ 50 baraques ont été démolies. L’opération est de taille. Elle constitue une avancée dans le cadre du programme «villes sans bidonvilles». Programme qui concerne également quelque 5.000 familles réparties sur les deux plus grands bidonvilles de Fès. Il s’agit des secteurs d’Aïn Smen et Douar El Askar qui se sont développés sous forme d’habitats informels où des milliers de personnes vivent dans des baraques, édifiées en dehors de toute normes réglementaires de sécurité. Et afin de reloger tout ce «beau monde», la construction de 4.000 unités de logement à Fès est en cours grâce à un partenariat public/privé. Liant le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme et les promoteurs immobiliers privés, en l’occurrence, «le groupe Addoha», «société Amlak», «société Khadiri immobilier», «société Menzel Yasmine», «Saïss-développement» et «société Azzahrae Al-Jadida», ce partenariat offre aux professionnels un foncier public assaini et valorisé, et prévoit un investissement de l’ordre de 800 millions de DH. De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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