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Exiflor'93 : La floriculture s'étiole

Par L'Economiste | Edition N°:63 Le 21/01/1993 | Partager

La culture des fleurs est un agrément au niveau du jardinage. C'est un casse-tête quand elle devient agro-industrie. Royalties, exportations, fret, quotas... Exiflor'93 reste le “fleuron" de nos salons, mais initie des débats autour des secteurs en crise.

“LA situation n'est plus rose dans la floriculture". Avec ce jeu de mots facile, un professionnel résumait la situation du secteur à Exiflor'93, tenu du 15 au 17 Janvier à Marrakech.

La rose était le produit de bataille des exportateurs de fleurs coupées. Elle ne l'est plus, et 30 hectares vont disparaître la saison prochaine. Les marchés européens appellent à la diversification et les Marocains se lancent dans l'oeillet, le glaïeul et d'autres variétés plus fines.

La conjoncture n'est pas "rose" non plus, elle est même "morose". La récession a rendu la ménagère européenne plus regardante. Dans son panier, les fleurs passent après les carottes et les patates, vendues sur les mêmes marchés. En période de crise, la priorité est aux produits de première nécessité. C'est, disent les professionnels, "l'étiolement de la demande".

La crise surprend un secteur investi par des "battants", des groupes confirmés dans l'agro-industrie (autour de M. Larbi Sekkat, de Bennani Smires de Delassus), ou de nouveaux entrepreneurs, au look jeune chic et "branché". Mais ils n'ont pas gagné. Ils livrent encore deux batailles.

La première vise l'Europe où ils écoulent 85% de leur production. Les fleurs marocaines subissent des quotas: 500 tonnes pour la France, 300 tonnes pour la CEE. Au-delà, elles sont grevées par des droits de douanes de 15%. "Injuste et pénalisant", clament nos exportateurs qui ne risquent pourtant pas de noyer le marché de la Communauté. Ils ne représentent que 3,2% des fournisseurs hors Europe. “Il y a surmédiatisation du potentiel agricole marocain", explique M. Sasson du Ministère de l'Agriculture. Il suggère de nouer des contacts avec les européens pour leur expliquer nos coût, nos frais d'approche. Les quotas se justifient d'autant moins que d'autres pays bénéficient d'exonération (Colombie, Kenya...) ou de contingent supérieur, de toute façon, à leur capacité (17.000 tonnes pour Israël).

Les négociations Maroc-CEE en étant encore aux "prémisses", après les "conversations exploratoires ", les membres d'Ampexfleur useront de lobbyisme, grâce aux relations privilégiées qu'ils entretiennent avec les importateurs français. Ils rappelleront à la Communauté que 60% de leurs intrants (boutures, serres, matériels d'irrigation...) sont européens.

"Le Maroc bénéficie de la clause de la nation la plus défavorisée", ironise M. Abdellatif Moumile, Président d'Ampexfleur. Il explique que les marges de certaines entreprises sont déjà réduites à 2 ou 3%, et ne peuvent donc supporter un droit de douanes à 15%.

Un autre handicap au développement de l'exportation est le coût du fret aérien.

La fleur, objet délicat et périssable, se fane de 8 à 15 jours après la coupe. L'avion, relayé par le camion frigorifié, est un moyen idoine mais onéreux. “Il en coûte 11 à 12DH d'envoyer un kilo de fleurs d'Agadir à Paris. En Automne, cela représente 35 à 40% du prix", affirment les membres d'Ampexfleur. Ils reconnaissent que "Royal Air Maroc a mis les capacités". La compagnie est allée jusqu'à conclure un accord avec Fouya, un transporteur routier français, pour compléter par route ses liaisons aériennes sur Paris et l'axe Marseille-Nice. Par ce "concept intermodal", les fleurs marocaines parviennent en 6 heures après leur débarquement dans la région parisienne, en 8 heures dans le Nord-Est, en 24 heures ailleurs.

Le programme d'équipement en B-737, avion "petit", favorise la multiplication des destinations et leur fréquence quotidienne. Aux pôles Marseille-Nice, Paris CDG-Orly, s'ajoute le pole Bénélux (Amsterdam et Bruxelles). L'Atlantique Nord peut être desservi par des accords avec d'autres compagnies. L'expertise et les réseaux pourront servir un jour, sur les primeurs, les biens industriels. La RAM estime avoir rempli sa mission par le montage de service approprié. Si le service mis en place n'est pas contesté, la pierre d'achoppement reste le prix.

Royal Air Maroc se dit compétitive. La compagnie ne s'oppose pas à l'entrée de transporteurs étrangers sur le marché et se défend de tout monopole sur le fret. Pas de droit particulier (monopole) pas de devoir particulier, de service public ou de vente à perte de service public ou de vente à perte pour une cause aussi grande soit-elle. Paradoxalement, la compagnie d'Etat défend cette position libérale, alors que des chefs d'entreprises privées défendent, pour elle, la logique de monopole, dans la mesure bien sûr où elle aboutit à l'Etat Providence, qui subventionne le fret. Ils soutiennent que des subventions au transport sont accordées dans les pays concurrents, ou au client, quand l'importateur prend en charge le transport. "Pourquoi KLM, Air France ou Lufthansa feraient concurrence à la RAM, accordant des faveurs à un Marocain. Chaque compagnie ne favorise que le commerce extérieur de ses nationaux. Cette donnée fausse la concurrence ", se défend un industriel. Les flori-culteurs réclament donc "les mêmes conditions de fret que dans les pays concurrents, compte tenu de la distance". A l'Etat, et donc aux contribuables d'autres secteurs d'y pourvoir. Le fret est un élément du coût de la compétitivité. Laquelle est aussi affaire de qualité, de diversification. Le représentant du ministre du Commerce Extérieur conseille de ne plus vendre de la “fleur marocaine", mais des labels personnalisés par chaque producteur.

Khalid BELYAZID

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