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Economie

Euromed: La Femip veut accompagner le Maroc dans son programme de réformes
Entretien avec Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI

Par L'Economiste | Edition N°:2730 Le 07/03/2008 | Partager

. Epargne: investir dans les transferts de capitaux. Union avec la Méditerranée: exploiter la force de frappe de la BEIPhilippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI (Banque européenne d’investissement) et président de la Femip (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat), a présenté devant la presse à Bruxelles un rapport sur les activités 2007 de son institution dans la région méditerranéenne en général et au Maroc en particulier. Outre l’énergie et les transports/télécoms, le Maroc reste l’un des principaux pays bénéficiaires de l’assistance technique de la Femip, notamment dans les produits financiers novateurs pour soutenir le capital humain et les PME. Entretien exclusif.- L’Economiste: Lors de la conférence de Paris en mars 2007 sur les transferts d’argent des migrants, la Femip a identifié plusieurs domaines d’action prioritaires parmi lesquels le renforcement des liens entre les transferts financiers et l’investissement pour le développement dans le pays d’origine. Quelle serait, d’après vous, la ou les pistes les plus prometteuses dans ce domaine?- Philippe de Fontaine Vive: Aujourd’hui, pour permettre aux travailleurs méditerranéens immigrés en Europe d’envoyer plus facilement de l’argent dans leur pays d’origine et d’utiliser une partie de cet argent pour créer des emplois, il existe deux pistes à mon sens. La première, c’est qu’ils trouvent des agences bancaires en Europe qui leur proposent des produits qui leur coûtent moins cher pour envoyer l’argent au pays et des livrets d’investissements qui leur permettent d’épargner en Europe pour pouvoir débloquer cet argent plus facilement avec un prêt pour créer leur entreprise de l’autre côté de la Méditerranée. Plusieurs banques marocaines ou tunisiennes, d’un côté, françaises ou espagnoles, de l’autre, sont en train de travailler sur ce sujet. Qu’elles viennent voir la Femip, qu’elles viennent nous consulter et j’espère que, d’ici l’été prochain, on aura des propositions très concrètes de leur part que l’on pourra peut-être amener jusqu’à la table des chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union, plus exactement au Sommet de l’Union pour la Méditerranée à Paris en juillet 2008. La deuxième piste qui me semble prometteuse, c’est toute cette vitalité qui existe dans les associations de microfinances méditerranéennes que je réunirais à Tunis en mai prochain avec le réseau de microfinances qui s’appelle Sanabel. Nous devrions essayer ensemble de créer un lien entre les communautés de travailleurs immigrés en Europe et ces associations de microfinances qui peuvent leur donner confiance. C'est-à-dire que si les travailleurs eux-mêmes n’ont pas un projet personnel, mais qu’ils souhaitent favoriser le développement de leur pays d’origine ou de leur région d’origine, on devrait être capables de les mettre en contact avec une association professionnelle de microfinances dans ce pays. A ce moment-là, ils pourront avoir confiance dans le fait de voir leur argent effectivement réinvesti au bénéfice de familles et d’entrepreneurs dynamiques dans le pays d’origine et pas seulement, si eux-mêmes ont envie de repartir dans leur pays d’origine. - Quel incitant pourrait me conduire à réorienter mon épargne transférée vers un projet de développement?- La Femip a lancé une étude sur l’épargne privée marocaine. Une épargne qui s’avère ici aussi très importante, mais «qui n’est pas activée» comme on dit... Depuis plusieurs années, on assiste au Maroc à une gestion des finances publiques très sérieuse. Ce qui fait que l’Etat a réduit les déficits pour être en capacité d’investir dans le pays. L’épargne publique au Maroc est également importante, mais malgré la création d’une Bourse à Casablanca où très peu d’entreprises sont cotées aujourd’hui, il n’y a pas de transformation facile possible entre cette épargne privée ou publique des Marocains et l’investissement dans les entreprises. Il faut donc que se créent des transferts: les banques ont du mal à jouer ce rôle de transformation. Quelques banques un peu plus dynamiques que d’autres sont en train de se lancer dans cette aventure, nous avons travaillé avec plusieurs d’entre elles pour créer des filiales de gestion dédiées à de la prise de risques. Je pense à la création d’équipes techniques avec plusieurs banques marocaines, avec Attijariwafa bank par exemple, pour former une filiale dédiée au capital-risque et ceci est très important. Nous faisons de même avec la BMCE. Nous sommes disponibles pour travailler avec les banques marocaines qui veulent se lancer dans cette prise de risques et c’est tout un marché financier qu’il faudrait développer au Maroc pour avoir une capacité de transformer l’épargne marocaine en autre chose que de la souscription à des bons du Trésor, d’un côté, et de l’autre, l’exportation des capitaux vers les places financières européennes. Ce n’est pas là que ces fonds doivent être placés en priorité, mais au Maroc qui peut accroître son taux d’investissement. - En tant que haut fonctionnaire européen, que pensez-vous de cette proposition du président français Sarkozy de créer une «Union méditerranéenne» qui, d’après les dernières nouvelles, se limiterait aujourd’hui à une «Union pour la Méditerranée»? - Je crois que l’Union pour la Méditerranée a un avantage formidable: aujourd’hui, tout le monde se dispute favorablement pour être partie prenante de ces questions méditerranéennes, pour travailler avec les Méditerranéens. Si vous regardez seulement un an en arrière, nous nous occupions de la Méditerranée et nous avions du mal à attirer l’attention des chefs d’Etat et de gouvernements des pays qui ne sont pas riverains de la Méditerranée. Ce qui est nouveau avec l’Union pour la Méditerranée, c’est que les Etats sud-méditerranéens seront autour de la table et qu’ils pourront décider. Il reste à voir comment on pourrait répartir les rôles entre les deux partenaires. Sur les 23 pays riverains de la Méditerranée, 21 ont répondu qu’ils étaient intéressés (la Syrie n’a pas encore répondu). C’est donc une très bonne nouvelle pour les pays de la Méditerranée que tout le monde veuille faire partie de cette Union pour la Méditerranée, et je crois que s’il y a le plus possible de projets concrets pour la Méditerranée cela marquera une avancée majeure qu’il faudra concrétiser dès le 14 juillet prochain au Sommet des chefs d’Etats et de gouvernements euromed à Paris. - Dans l’éventualité de la création de cette Union pour la Méditerranée, peut-on imaginer que la Femip soit appelée, à terme, à être le bras financier de cette nouvelle structure? - Nous sommes par définition à la BEI le bras financier des Etats européens. Donc si les Etats européens veulent faire plus et sous une autre forme avec les Méditerranéens, nous sommes à leur disposition pour nous transformer comme ils le souhaitent pour être efficaces. C’est une décision qui appartient aux Etats membres et à eux seulement. Le gestionnaire que je suis leur dit simplement nous sommes, et de loin, le premier banquier en Méditerranée et nous sommes à disposition pour accélérer le développement de la Méditerranée. Propos recueillis à Bruxelles par Aziz BEN MARZOUQ

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