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Economie

Traitements anticancéreux: De qui se moque le fisc?

Par L'Economiste | Edition N°:2730 Le 07/03/2008 | Partager

. La TVA appliquée à certains médicaments et pas à d’autres. Associations et médecins s’insurgent Les cancéreux doivent prendre leur mal en patience. Alors qu’au plus haut sommet de l’Etat, à travers l’engagement de S.A.R. Lalla Salma notamment, le soutien aux malades du cancer a été réaffirmé à plusieurs reprises, voilà que l’intendance bureaucratique semble vouloir compromettre les efforts accomplis. Les nouveaux traitements anticancéreux sont toujours assujettis à la TVA (7%), au grand dam des professionnels qui ont organisé, le 4 mars à Casablanca, une table-ronde consacrée à cette question brûlante. «Néo Vi House», une association de lutte contre les maladies chroniques, est montée au créneau pour dénoncer les incohérences de la loi. Tout médicament rangé dans la catégorie des «antimitotiques» (chimiothérapie anticancéreuse) est exonéré. Le reste étant soumis à la TVA. Or il se trouve qu’aujourd’hui certains types de traitement, qui relévent pourtant de la famille des antimitotiques, ne sont pas exonérés. «Ce problème d’appellation constitue une barrière majeure à l’accès aux nouvelles thérapies», indique le responsable d’un laboratoire pharmaceutique qui a requis l’anonymat. Appellation ou pas, cette mesure risque de priver les personnes atteintes de cancer de leur droit aux nouveaux traitements, plus chers certes, mais plus efficaces. «Durant la dernière décennie, ces médicaments sont devenus incontournables pour le traitement du cancer au Maroc, affirme le Pr Abdelkader Acharki, cancérologue et membre de l’Association «Néo Vi House».La taxation de ces médicaments ne va être supportée ni par l’industriel, ni par le pharmacien. C’est donc le patient, consommateur final du produit, qui devra passer à la caisse. Cette taxe peut dépasser 25.000 DH pour certains traitements. «Dans les pays qui se respectent, les médicaments pour maladies chroniques et graves sont exonérés de la TVA. Au Maroc, nous devons aussi suivre la même voie», poursuit le Pr Acharki. A signaler que le cancer figure sur la liste des Affections de longue durée (ALD) prévue dans le cadre de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Ce qui justifie une exonération totale de la TVA, selon les professionnels. Pour alléger leurs factures, les malades s’approvisionnent directement chez les laboratoires pharmaceutiques ou les grossistes répartiteurs moyennant des chèques de garantie. Une fois remboursés, les patients règlent leur dû. Malheureusement, les organismes d’assurance maladie ne remboursent pas toujours à temps, les délais allant d’un à six mois, voire plus. Pour leur part, les cancérologues attirent l’attention sur le fait que le nombre des malades qui se traitent est en diminution à cause du «prix exorbitant des anticancéreux». «L’envolée des prix des nouveaux médicaments anticancéreux ne profite, en fin de compte, qu’à la médecine traditionnelle et aux charlatans», déplore Acharki.Pour remédier à la situation, deux scénarios sont possibles. «Travailler directement sur la loi de Finances, mais, dans ce cas, les malades devront attendre celle de 2009, ou bien exonérer les nouvelles thérapies par le biais de décrets ministériels, cette solution serait la mieux adaptée vu l’urgence de la situation», selon les termes du responsable d’un laboratoire pharmaceutique. Quoi qu’il en soit, la taxation des anticancéreux fait reculer le Maroc 10 ans en arrière dans la gestion du dossier des malades atteints de cancer, de l’avis des professionnels.  Saad Souleymane BOUHMADI

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