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    Entretien avec M Abdelahad Idrissi, président de l'ANIT : "Le Maroc ne doit pas rater la délocalisation des services"

    Par L'Economiste | Edition N°:155 Le 24/11/1994 | Partager

    Le développement des télécommunications est important au Maroc. Toutefois, pour rendre le secteur compétitif, estime M. Abdelahad Idrissi, président de l'Association Nationale des Ingénieurs des Télécommunications (ANIT), il faut impérativement repenser l'ensemble des textes.

    - L'Economiste: Comment a évolué le réseau de base national durant la dernière décennie?
    -
    M. Abdelahad Idrissi: Pendant très longtemps, notamment durant les années 70, le téléphone était considéré au Maroc comme un gadget ou comme un produit de luxe. Ce n'est qu'à partir du Programme d'Ajustement Structurel (PAS) que la Banque Mondiale et le FMI ont attiré l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité impérieuse de modifier leur stratégie en matière de télécommunications.

    A partir de là, des changements ont eu lieu notamment sur le plan institutionnel avec la création de l'Office National des Postes et Télécommunications le 11 janvier 1984. Ainsi, grâce notamment au PAS et au concours appréciable de banques et d'organismes internationaux, nous avons aujourd'hui un réseau de base qui n'est peut-être pas totalement satisfaisant, mais reste quand même non négligeable. La densité se rapproche des normes fixées par les instances internationales. Dans les deux ou trois années à venir, le parc d'abonnés atteindra probablement la barre de 1,5 million d'abonnés.

    - Comment percevez-vous aujourd'hui l'évolution des prix des services de télécommunications?
    - Il s'agit de l'un des points les plus délicats de certains réseaux. En effet, l'ONPT, établissement public, doit répondre aujourd'hui à un triptyque: disponibilité du service, qualité du service et prix. Concernant le premier volet, le téléphone est disponible; et dans certains localités, l'offre dépasse la demande. La qualité de service, de son côté, s'est améliorée dans des proportions inimaginables car, il y a quelques années, à titre d'exemple, les problèmes de dérangements n'étaient relevés qu'au bout de 3 ou 4 mois. Actuellement, la durée moyenne est d'une semaine.

    Pour le troisième aspect, les prix, il faut nuancer les choses. A première vue, ils s'avèrent très chers par rapport au niveau général des prix au Maroc. Mais il ne faut pas oublier que l'ensemble des équipements sont importés avec des droits de douane et des taxes très élevés. S'ajoutent un réseau et une productivité par agent très faibles. Ainsi, avec tous ces facteurs combinés, on peut justifier que le coût des prestations au Maroc est élevé par rapport au niveau général des prix. Maintenant, il y a toute une stratégie à adopter et il est probable que dans le cadre d'une déréglementation nous pouvons arriver à offrir des prix beaucoup plus compétitifs.

    - Quel sens donner à cette déréglementation?
    - La déréglementation ne veut pas dire un désengagement de l'Etat. Dans notre esprit, elle signifie tout d'abord le changement des textes en vigueur. En effet, le cadre réglementaire des télécommunications au Maroc remonte à 1924 et se trouve de ce fait totalement obsolète. Nous, nous trouvons actuellement confrontés à un problème très simple, à savoir la nécessité de démonopoliser au moins partiellement les services de télécommunications. Peut-être pas le réseau de base, mais tous les services à valeurs ajoutée. Nous pouvons aussi envisager, et les textes qui sont en cours de préparation sur les PTT le préconisent, le changement statutaire de l'Office en société anonyme. Et nous devons inévitablement nous acheminer vers cette forme. Car, une fois une société de droit privé mise en place, le capital peut être ouvert à des particuliers ou encore à des entreprises internationales.

    - En l'absence de privatisation des télécoms, quelle place est réservée au secteur privé?
    - Cette place est considérable. Le secteur est divisé en deux branches: le secteur privé en tant que consommateur de télécoms et le secteur privé en tant qu'intervenant sur le réseau. Dans le premier cas de figure, la place des télécoms devient de plus en plus prépondérante au sein de toutes les entreprises. Cependant, si le Maroc a manqué la délocalisation de l'industrie dans les années 70, il ne faut pas rater aujourd'hui la délocalisation des services. Celle-ci suppose la mise à la disposition des utilisateurs de l'entreprise de moyens de communication performants à des prix extrêmement intéressants.

    Par ailleurs, du coté des intervenants, deux catégories d'entreprises se distinguent. La première englobe les entreprises qui sont amenées à être de simples fournisseurs de matériel pour l'ONPT. La seconde concerne les opérateurs spécialisés dans certaines niches telles que le mobile ou les réseaux de données.

    Propos recueillis par Meriem OUDGHRI

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