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Politique

Entre islam et terrorisme, les limites sont mal tracéesDe notre envoyée spéciale à Paris, Hayat KARIM ALLAH

Par L'Economiste | Edition N°:1555 Le 07/07/2003 | Partager

. Un colloque à l'IMA pour redéfinir les relations entre l'Europe et le monde arabe«Les relations entre l'Europe et le monde arabe» était le thème d'un colloque organisé par l'Institut du monde arabe à Paris vendredi 27 juin. L'un des sujets débattus lors de cette rencontre était le rôle et l'impact des communautés arabes en Europe. Le débat a été ouvert par le politologue Remy Leveau(1), qui a décrit la situation des Arabes dans le vieux continent. Une description qui se base sur une analyse de l'islam, principal vecteur de cette population. Le nombre de musulmans en Europe est significatif, avec 8 millions de personnes. La prise de conscience de l'importance de cette population a souvent été ponctuée par des crises (affaire Salmane Rushdi, port du voile...). «Les interrogations sur les doubles appartenances se manifestent à chaque fois où il y a des interactions avec des conflits extérieurs», explique Leveau. Le conflit israélo-palestinien illustre cette situation qui, le plus souvent, aboutit à la construction “d'une solidarité au sein d'une diaspora imaginaire”. Le problème qui se pose aujourd'hui est celui de la reconnaissance d'une identité collective. Le fait que l'islam apparaît comme un élément important dans la construction de cette identité fait que cette communauté ne va plus revendiquer la nationalité d'origine. Paradoxalement, la reconnaissance de la religion se fait sous forme de choix où il y a une liberté. Selon Leveau, on voit s'opérer dans l'espace européen un vrai “bricolage religieux”. Dans la longue construction de l'autonomie de l'Etat par rapport au religieux, ce dernier a été relégué à l'espace privé. Lorsqu'il réapparaît dans l'espace public, cela aboutit à un conflit. Lequel nourrit une crainte de voir des groupes religieux profiter des débats sur l'islam pour remettre en cause les acquis du passé. La solution est d'assurer à ces groupes minoritaires une représentativité. Il y a un long chemin à parcourir sur le plan politique. Un chemin qui devient plus ouvert dans les champs sociaux, sportifs et artistiques. L'aboutissement de ce projet est l'oeuvre d'une élite religieuse ayant une certaine autorité. C'est d'ailleurs cette dernière qui a réclamé la reconnaissance du Conseil de culte musulman. Le dialogue est alors annoncé même n'étant pas dans la forme la plus parfaite de la démocratie, mais cela a du moins permis l'émergence et la reconnaissance d'une élite aussi religieuse que politique. Un certain nombre d'interrogations relatives au 11 septembre, présentes quasiment dans tous les débats sur l'islam et la relation des musulmans avec l'Occident, se sont posées. L'effervescente Leila Chahid, représentante de l'Autorité palestinienne à Paris, a axé son intervention sur le regard de stigmatisation porté sur cette communauté. “Les dissonances qui règnent dans les discours des présidents occidentaux prêtent à plusieurs confusions”, dit-elle. Des termes religieux comportant plusieurs significations sont revenus plus d'une fois dans les déclarations qui ont suivi le 11septembre. Il ne s'agissait pas d'un lapsus quand Bush a utilisé le mot “Croisade”, signifiant la guerre déclarée aux cellules islamistes présumées commanditaires des attaques. Ensuite, Silvio Berluscuni et quelques intellectuels italiens se sont attaqués directement à l'islam en tant que religion qui, selon eux, non seulement prêche et incite à la violence, mais comporte dans ses precepts une nette adhésion à l'extrémisme. «Aujourd'hui, l'Occident a besoin de redéfinir ses relations avec l'islam pas en tant que religion, mais en tant que dimension à forte concentration dans l'espace européen», explique-t-elle. Ceci semble la seule issue pour sortir de l'impasse. Aujourd'hui, le fond du dialogue politique vis-à-vis du monde arabo-musulman est basé sur l'après-11 septembre. La définition américaine du terrorisme a contribué dans le changement de comportement dans la politique européenne envers le Moyen-Orient. Le groupe Hamas, qui est résolument assimilé au terrorisme, a fait connaître le problème palestinien. Or, pourquoi les lois internationales n'abordent-elles pas la question du droit des peuples à s'autodéfendre contre l'occupation? s'est interrogée Chahid.L'ex-ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, adhère à la définition de la superpuissance américaine. L'Europe, qui continue à jouer le rôle de la conscience de l'homme moderne, est aujourd'hui coincée par cette suprématie. Or, il se trouve que la pression exercée par la communauté arabo-musulmane fait que l'Europe n'a pas le choix. Elle est d'une manière ou d'une autre amenée à jouer un rôle de contrôle de qualité concernant le respect des droits de l'homme.


Images fallacieuses

Ce colloque a été organisé en collaboration avec la Fondation de la pensée arabe, organisation non gouvernementale indépendante. Il vise à encourager le dialogue et la coopération entre Arabes et Européens, la conjoncture étant défavorable au dialogue des cultures. Le défi culturel majeur auquel se trouvent confrontées les deux parties réside dans la persistance de clichés et d'images fallacieuses sur les uns et les autres. Alors qu'un bon dialogue passe nécessairement par une double remise en cause, comme l'a souligné Elias Sanbar, directeur de la Revue des Etudes Palestiniennes. A travers les interventions des différents acteurs politiques, on ose espérer qu'une relation créatrice serait celle qui trouverait l'heureuse synthèse entre les cultures des deux parties.--------------------------------(1) Professeur des universités à l'Institut d'études politiques, directeur d'études et de recherches à la Fondation nationale des sciences politiques.

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