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Pourquoi les PME-PMI boudent la formation continue

Par L'Economiste | Edition N°:1606 Le 22/09/2003 | Partager

. Une enquête confirme que ce n'est pas encore une priorité. Coût, dispositifs incitatifs insuffisants… Les freins. Les cadres, premiers servisLes chefs d'entreprise sont quasi-unanimes. L'importance de la formation continue n'est plus à démontrer. Mais de là à passer à l'acte, c'est une autre paire de manches. Une enquête sur la perception de la formation continue par les PME/PMI, réalisée par les groupes l'Etudiant marocain et CESA/IGIC confirme le constat. Il y a bel et bien déphasage entre l'importance que les patrons accordent à la formation et le passage à l'acte. Et les motifs sont nombreux. Pour commencer, les mesures incitatives mises en place pour booster la formation au sein des PME/PMI sont ignorées ou mal connues d'une bonne frange de la population sondée. Un peu plus de la moitié (51,6%) de l'échantillon déclare en effet ne pas être au courant des différents dispositifs d'encouragement. Pour le reste, seule une partie des incitations est connue. En tout cas, les contrats spéciaux semblent sortir du lot. D'une part, aucune entreprise n'ignore complètement ce mécanisme incitatif et d'autre part, près de la moitié de l'échantillon déclare bien le connaître (29% beaucoup et 32,3% assez). L'ingénierie de formation est aussi bien connue (30,8% beaucoup et 23% assez). Ce qui n'est pas le cas pour la mesure du tiers payant. Pour plus de la moitié, elle est peu (29,6%) ou moyennement (25,9%) connue. Ceci est, sans doute, dû au fait que la mise en œuvre de ce dispositif est relativement récente (2002). De toute manière, qu'elles soient bien ou mal connues, ces mesures demeurent, de l'avis des interviewés, incomplètes et insuffisantes pour inciter l'entrepreneur à investir dans une action de formation. A noter, toutefois, que le plan de formation (PF) semble mieux intégré par les patrons des PME. Il est jugé primordial pour près des deux-tiers des sondés (62,2%). Deux raisons sont avancées pour expliquer cet intérêt. D'abord le remboursement par l'OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail) d'une partie des frais engagés, même si les procédures sont jugées compliquées pour 8,6% des entreprises interrogées. Ensuite, les objectifs qui deviennent grâce au PF plus précis et permettent alors de meilleurs retours sur investissements. D'ailleurs, selon l'enquête, la rentabilité et le retour sur investissement conditionnent toute action de formation. Pour 27,4% des patrons interrogés, la formation est perçue comme un réel investissement. 37,5% la programment dans le but de développer leur entreprise. Pour les autres (24,5%) elle répond à des impératifs de mise à niveau. Toutefois, même intéressés, des dirigeants (34,5%) rechignent à en faire car, comme le précise l'enquête, l'offre est jugée non satisfaisante et le coût élevé. C'est l'avis de 13% de l'échantillon. Le temps et la disponibilité du personnel font aussi partie des principaux freins au manque de formation. En effet, ce sont parfois les collaborateurs qui n'y adhèrent pas (13%). La crainte de départ des personnes formées ne revient étrangement que dans 8,6% des réponses. En dépit de tout cela, bon nombre d'entreprises (80%) déclarent avoir l'intention d'entamer des actions de formation prochainement. En 2004, c'est une proportion de 40% qui compte sauter le pas et pour 2005 c'est 20%. Côté fréquence moyenne des actions de formation menées dans les PME/PMI, pour plus de 40% des dirigeants, c'est 1 à 2, voire 3 fois par an. Les cadres semblent cependant plus chanceux, puisque dans plus de 50% des cas, cette fréquence peut aller jusqu'à 4 ou 5 fois par an. La durée est aussi plus importante dans les formations pour cadres: 1à 2 jours pour 44,8%, et 3 jours et plus pour plus de 40%. Cette durée est, par exemple, de moins d'une journée en moyenne pour 50% des employés. Moins d'un tiers de ces derniers et 25% des ouvriers profitent de formation de 3 jours et plus. L'enquête révèle, en outre, que c'est à l'initiative des cadres que les actions de formation sont généralement entreprises (95,2%). En revanche, c'est le patron qui est souvent derrière la décision (30%) quand il s'agit des employés. Pour les ouvriers, cette résolution émane à 100% du chef d'entreprise. D'ailleurs, selon l'enquête, dans la PME/PMI, les actions de formation profitent essentiellement aux cadres (42,5%). Et ce, qu'elles soient incluses ou non dans un PF. Les employés et ouvriers viennent en deuxième position (33,3 %) pour les actions planifiées. Les agents de maîtrise arrivent, eux, en dernier avec 26,7%. Pour les actions non planifiées, c'est l'inverse qui est observé. En ce qui concerne les champs retenus pour les actions de formation, la gestion, l'informatique, la production et les techniques de vente arrivent en tête. Ceci est vrai aussi bien pour les cadres (plus de 50% des réponses) que pour les employés (plus de 35%). La communication arrive en dernier (43% pour les cadres et 40% pour les employés). Côté résultats, l'enquête révèle un bon taux de satisfaction, soit 76,2%. Un chiffre à prendre avec précaution puisque les résultats sont jugés plus probants dans le cas des formations pour cadres.


Forum de la formation continue et du 3e cycle: 20.000 visiteurs attendus

Pendant quatre jours, du 25 au 28 septembre, la formation continue sera à l'honneur à la Foire internationale de Casablanca. Ce sera à l'occasion de la première édition du Forum de la formation continue et du 3è cycle dont l'Economiste est le partenaire presse exclusif. Organisée par le groupe l'Etudiant marocain, la manifestation ambitionne de réunir opérateurs économiques, décideurs, responsables de formation, cadres et diplômés. Objectif: d'une part, sensibiliser les entreprises, notamment les PME/PMI, à l'importance de la formation continue et mettre en valeur les possibilités de valorisation des compétences et d'orientation de carrières. D'autre part, promouvoir les cycles supérieurs (en formation initiale ou continue), informer sur les possibilités de spécialisation, de recherche scientifique et renseigner également sur les débouchés des cycles supérieurs (Doctorat, DESA, DESS, Masters, MBA…).Pour sa première édition, le forum qui se tient sous le thème «La formation au service de la performance», prévoit 150 exposants (ministères, offices, cabinets de formation, écoles supérieures publiques et privées, écoles professionnelles privées …) et quelque 20.000 visiteurs dont des dirigeants d'entreprises, des directeurs de formation, des DRH et des diplômés. . Fiche technique L'enquête sur la perception de la formation continue par les PME/PMI, réalisée par les groupes l'Etudiant marocain et CESA/IGIC (Centre d'enseignement des sciences appliquées), sera l'un des moments forts du Forum de la formation continue et du 3e cycle. Ses résultats doivent être discutés et analysés lors de l'une des tables rondes programmées par les organisateurs. Lancée à la demande des entreprises, l'enquête avait aussi pour objectif de préparer le Forum de la formation continue et du 3e cycle, précise Asmaâ Ayoub, directrice de Développement du groupe l'Etudiant marocain. «Nous avions besoin d'y voir un peu plus clair et juger de l'importance accordée à la formation au sein des PME», confie-t-elle. Il s'agissait de réaliser un état des lieux permettant de comprendre notamment pourquoi des patrons rechignent à investir dans la formation continue. Les investigations ont donc démarré en mars 2003 et les résultats étaient disponibles dès juin/juillet. Une équipe de 30 interviewers et 10 superviseurs a été mobilisée pour les besoins de l'enquête qui s'est basée sur l'entretien en face à face pour la collecte de l'information. L'enquête a ciblé quelque 150 personnes (chefs d'entreprises ou cadres supérieurs) appartenant à des PME/PMI. L'échantillon retenu est constitué pour moitié de PME exerçant dans les services (52,9%). Les entreprises de commerce viennent en 2e position avec 27,9%. Le reste étant constitué de structures industrielles. . BudgetLe coût de la formation figure parmi les grands freins à l'essor de la formation dans la PME. C'est ce qu'avancent deux tiers des dirigeants interviewés dans l'enquête. D'ailleurs, les budgets formation dans la PME/PMI demeurent faibles. Ils ne dépassent guère les 5.000 DH dans un tiers des cas. Pour l'autre tiers (31,7%), ils se situent entre 5.000 et 10.000 DH. Ils varient entre 10.000 et 15.000 DH pour 14,6% de l'échantillon et entre 15.000 et 20.000 DH pour 2,4%. Des patrons sondés consentent tout de même à dépasser le plafond des 20.000 DH par an et par personne. Ils représentent 17% de l'échantillon.


Chiffres CSF et GIAC

Les GIAC (Groupements interprofessionnels d'aide au conseil) et les CSF (Contrats spéciaux de formation) sont les deux mécanismes mis en place par les pouvoirs publics pour pousser les entreprises à faire de la formation continue. Pour rappel, les premiers sont des associations régies par le dahir de 1958. Ils sont constitués par les organisations et fédérations professionnelles des entreprises. Selon la direction de l'Enseignement professionnel au ministère de l'Emploi, on en compte actuellement sept: secteur du textile et cuir, IMME, technologie, pêche maritime, BTP, hôtellerie et agroalimentaire. L'action des GIAC comprend, outre la sensibilisation et l'information des PME sur la formation continue, le pilotage d'études stratégiques pour le développement des entreprises et des branches sectorielles, l'ingénierie des plans de formation, la réalisation de diagnostic des besoins en formation et l'élaboration des plans qui en découlent. Depuis 2002, les GIAC sont financés au même titre que les CSF sur la taxe professionnelle. Le système des CSF consiste, lui, en la conclusion de contrats avec les entreprises pour une contribution au financement des activités d'élaboration et de réalisation des plans de formation. Ils sont à gestion tripartite (Etat, employeurs et salariés) assurée par un comité central et 10 comités régionaux. Le remboursement peut atteindre 70% des frais engagés par l'entreprise (si la formation est planifiée). Il est de 90% dans le cas des programmes sectoriels.Khadija EL HASSANI

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