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Culture

Des notes Jazzy pour faire valser le Statut avancé

Par L'Economiste | Edition N°:3299 Le 16/06/2010 | Partager

. Marocains et Européens jouent au Jazz au Chellah . Un public averti milite pour le droit au son «Le jazz c’est comme les bananes, ça se déguste sur place», disait le philosophe Jean-Paul Sartre. Au Festival Jazz au Chellah, qui s’est tenu du 10 au 14 juin à Rabat, il n’y avait pas que la banane. De Stockholm à Rabat, les groupes qui se sont enchaînés sur la scène ont servi un menu sonore dont les notes joignaient l’Europe et l’Afrique. Le Jazz au Chellah c’est des rencontres entre «Marocains d’ailleurs et d’ici», entre artistes européens et Marocains, entre un public et une musique… Une musique dont les rythmes ont migré d’Afrique en Amérique pour se réinventer. C’est aux Etats-Unis où sont nés «le swing et l’improvisation», rappelle l’un des deux directeurs artistiques du festival, Jean-Pierre Bissot. Des ingrédients de base pour les jazzmans de l’époque. La deuxième Guerre mondiale éclate et le Jazz avec. Miles Davis fera gémir sa trompette dans le boulevard parisien Saint-Germain des près où des intellectuels aussi flamboyants que Boris Vian (inventeur du mot tube) ou Sartre justement se faisaient des perfusions de sang jazzy. Ils ont été, avec beaucoup d’autres, les joyeux héritiers du commerce triangulaire. C’est aussi ça le Jazz au Chellah où la pianiste belge Mathilde Renault et le saxophoniste Suédois Jonas Knutsson perpétuent l’héritage avec le percussionniste Marocain Khalid Kouhen. Epoustouflant, leur concert du vendredi 11 juin. Une fusion entre le chaud et le froid: une voix suave, un jeu pétillant et des instruments rythmiques, dont le Tablâ venus d’Inde. Démonstration reprise avec brio le lendemain par les Danois d’Ibrahim Electrique accompagnés du saxophoniste Camil Hachadi et du percussionniste Abdelfettah Houssaini, tout deux Marocains. «Découvrir des talents du Jazz mais surtout des musiciens qui jouent un répertoire marocain et qui arrivent à créer des choses extraordinaires sur scène», commente sur les ondes d’Atlantic Radio Saffa Kadioui, responsable culturelle auprès de la délégation de la Commission européenne à Rabat. Cette 15e édition n’est-elle pas d’ailleurs présentée comme un mariage entre «Jazz européen et musiques marocaine»? Un slogan également mis en avant par Eneko Landaburu, ambassadeur de l’Union européenne à Rabat. Le Statut avancé, c’est aussi des notes et des rythmes. Pourtant, «le choix reste encore limité lorsqu’il s’agit d’inviter des jazzman marocains. A un certain moment on est obligé d’inviter les mêmes», explique Majid Bekkas, le directeur artistique du festival. Le «patron du jazz au Maroc» -comme le présente en direct Frank Mathiau, un des deux animateurs de l’émission «Tout va bien» d’Atlantic Radio- est pour la création de classe Jazz dans l’enseignement de la musique, l’encouragement des résidences d’artistes…». Au conservatoire de Rabat, Il a tenté l’expérience avec le défunt guitariste Paulo Radoni. Mais «il n’y a pas eu de suivi». Heureusement, que les rencontres de Chellah aboutissent à des projets: Tom Johnson’s Shark et le percussionniste Ali Alaoui vont faire un album et une tournée en Espagne. Vu que l’on n'y joue que du Jazz, ce festival ne dégage-t-il pas un côté «élitiste»? C’est possible, puisque la musique, comme l’art en général, exige une sensibilité et de la maturité parfois. A coup sûr, Jazz au Chellah à son public, R’bati surtout, relativement bourgeois certes, mais ayant du feeling. A Casablanca, un agitateur culturel nommé Adil Saâdanni, a lancé un club: Jazz sous le rochet. Il a tenu presque un an avant de fermer boutique. Il faudra militer pour que l’accès à la culture ait un statut constitutionnel. Et donc que des établissements privés exerçant en partie un service d’intérêt général aient droit à des subventions publiques. C’est une option a explorer si le Maroc veut devenir une puissance musicale mondiale. Faiçal FAQUIHI


Format historique

L’histoire se répète, mais sous d’autres formats. Puisque dans le site de Chellah, où se tiennent les concerts, se «juxtaposent deux couches archéologiques». L’une date du 3e siècle avant-JC et l’autre s’étend de la fin du 13e jusqu’au 15e siècle. Les Mérinides (1214 -1465) ont édifié «l’enceinte du monument et qui servira de nécropole à leurs sultans dont Abi Hassan Al Mérini. Bien avant, les Romains s’en servaient comme base militaire puisque Chellah se trouve à l’embouchure de Bouregreg», explique le professeur Ahmed Achaâban. Spécialiste d’archéologie islamique, il enseigne à la faculté des lettres et sciences humaines d’Aïn Chock à Casablanca. Chellah -dite «Sala Colonia»-, a marqué les frontières des terres contrôlées jusqu’à Taza par l’envahisseur romain. L’histoire a été spoliée aussi. Les Berghouatas ont vécu à Chellah pendant dix siècles, entre l’époque romaine et médievale. A l’école, les livres d’histoires ne leur consacrent que deux lignes. Et-ce parce que cette principauté jeunait Chaâban plutôt que ramadan?

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