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    Focus

    Déficit budgétaire
    Tensions sans précédent!

    Par L'Economiste | Edition N°:3514 Le 22/04/2011 | Partager
    Brutales restrictions sur les dépenses publiques
    Enormes dérapages pour démarrer 2011
    En cause: le budget de fonctionnement plus la compensation

    Toutes les administrations et entreprises publiques ont été averties par le gouvernement: ne dépensez que 80% (90% pour les cas les plus favorables) du budget qui vous a été octroyé par la loi de Finances! D’ordinaire cette demande n’arrivait qu’en été. Jamais mars-avril.
    Ça s’annonce donc plutôt mal pour les caisses de l’Etat en ce début 2011. Rien qu’en janvier, le déficit ressort à 3,4 milliards de DH. C’est 1 milliard de DH de plus qu’à la même période de 2010.
    Ce ne serait pas Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib qui dirait le contraire. En effet, il a mis en garde le gouvernement, lors du denier conseil de la banque en mars dernier, sur l’importance de renforcer «la vigilance» et d’assurer «une soutenabilité du déficit». Cette soutenabilité se traduit par un déficit se situant entre 3 et 4% en fonction de la conjoncture associé à un niveau d’endettement public ne dépassant pas 60% du PIB. Sur ce dernier point, nous avons encore un peu de marge (voir pages 5 & 6).
    «Le déficit doit être contenu dans des limites acceptables qui puissent permettre à l’Etat de le financer sans recourir de manière exagérée au monétaire», disait
    Jouahri. Cela risque de mettre le financement du secteur privé en résiduel et par conséquent, affecter la croissance et pousser vers l’augmentation des taux.
    La soutenabilté du déficit est, également, un prérequis essentiel pour la promotion de la place financière de Casablanca dont le road show est programmé pour la rentrée prochaine (septembre 2011).
    En attendant, la situation du déficit est plutôt critique. Prenant compte de la réduction du stock des arriérés de paiement de 2,7 milliards de DH, le besoin de financement du Trésor s’est hissé à plus 6 milliards de DH. Pour combler ce manque, le Trésor a mobilisé 5,4 milliards de DH sur le marché intérieur et 717 millions de DH de flux net extérieur.
    Dans la foulée, les dépenses se sont inscrites à la hausse (+8%) à plus de 19 milliards de DH en un an. A elles seules, les dépenses ordinaires (les salaires, le fonctionnement, le train de vie de l’Etat…) bondissent de près de 19% atteignant 18,5 milliards de DH. Selon les Finances, «cet alourdissement provient de la hausse de 5,4% des dépenses du personnel et de 4,6% de celles des autres biens et services». Ce qui donne un plus de 10% pour les dépenses de fonctionnement plus donc que pour la compensation elle-même.
    Les charges en intérêts, pour leur part, marquent un bond de plus de 62%, sous l’effet de l’alourdissement de 58,4% du service de la dette intérieure et de 120,8% de celui de la dette extérieure.
    Les dépenses de compensation restent le talon d’Achille du budget. Elles bondissent de plus de 80% pour s’élever à 3,4 milliards de DH juste pour un seul mois en raison de la flambée du pétrole.
    Les dépenses d’investissement progressent également pour atteindre 7,3 milliards de DH pour un taux de réalisation de 15,2%. Ce qui est un bon signe, sauf si dans ces dépenses se cachent de vraies dépenses de fonctionnement reclassées avec un programme d’investissement. Les cas existent mais personne ne peut dire aujourd’hui s’ils sont significatifs ou marginaux.
    Parallèlement à l’alourdissement des charges du budget, les recettes progressent légèrement. En hausse de 2,4%, elles se sont élevées à près de 16 milliards de DH. Dans ce total, les recettes fiscales, qui constituent le plus gros des entrées de l’Etat, ne s’apprécient que de 2% pour s’élever à près de 15,5 milliards de DH. Ce qui ne suffit toujours pas pour combler le déficit. La répartition par catégorie fait ressortir des évolutions assez disparates. Les recettes de l’IS se sont ainsi détériorées de plus de 52% à 884 millions de DH, tandis que celles de l’IR ont augmenté de 2,3%, atteignant 3 milliards de DH. Parallèlement, la TVA voit ses entrées s’apprécier de 8% à 6,4 milliards de DH, alors que celles relatives à la TIC, elles ont diminué de 3,5%, pour se monter à 1,8 milliard de DH.
    Le déficit budgétaire alimente, également, le déficit commercial. A fin mars, il s’est élevé à 44 milliards de DH en hausse de 29% sur une année. La progression de 20% des exportations n’arrivent, ainsi, pas à contrebalancer l’avancée des importations. L’OCP tire toujours vers le haut ce poste. En effet, l’Office enregistre un chiffre d’affaires de près de 10 milliards de DH à l’export en hausse de 47,7% et ses ventes hors phosphates progressent de 13% à 30 milliards de DH. Les chiffres du début d’année sont donc mauvais. Ils risquent de s’alourdir avec les effets du 20 février, des recrutements, du dialogue social…

    Réda BENSAOUD

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