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    Comment le groupe Karim-Lamrani a investi dans la production de bois au Gabon

    Par L'Economiste | Edition N°:523 Le 07/06/1999 | Partager

    · Une loi gabonaise oblige la société Contre-plaqués et Emballages du Maroc (CEMA) à délocaliser une partie de sa production à Libreville

    · CEMA-Gabon, 170 millions de DH d'investissements, sera opérationnelle en l'an 2000

    SUR le plan économique, le voyage de M. Abderrahman Youssoufi au Gabon n'aura pas été très fructueux. Du moins, pas autant que son passage en Côte-d'Ivoire. Le seul élément qui mérite d'être signalé concerne la société "Contre-plaqués et Emballages du Maroc", plus connue sous le nom de CEMA. L'entreprise, filiale du groupe Karim-Lamrani, doit investir près de 100 millions de FF (170 millions de DH) au Gabon. Le projet porte sur l'implantation d'une unité de transformation (déroulage et séchage) de bois à Libreville près du port d'Owento. En fait, CEMA-Gabon (société de droit gabonais) existe depuis 1997. Mais pour des raisons protocolaires (voyage de M. Youssoufi oblige), l'accord portant création de la filiale gabonaise a été officialisé jeudi 3 juin. Conçue pour produire 36.000 m3 de placage par an, l'usine sera implantée sur un terrain de 64.000 m2. "Notre intérêt pour l'Afrique de l'Ouest est évident. Toute notre matière première provient de la région", explique M. Mohamed Imanssar directeur-général de CEMA.
    Si CEMA a décidé de délocaliser une partie de sa production en Afrique de l'Ouest, c'est aussi en raison d'une loi gabonaise qui impose la transformation du bois Okoumé sur place. Pour l'instant, le quota fixé pour la transformation locale est de 60%. "Si nous n'avions pas investi sur place, nous ne serions peut-être plus, dans un an ou deux, en mesure d'alimenter les usines du Maroc en grumes ou en produits semi-finis", souligne M. Imanssar. L'investissement sera réalisé en deux tranches. La première, qui s'achève cette année, porte sur un montant de 60 millions de FF.
    L'unité de déroulage et de séchage de CEMA Gabon sera opérationnelle en janvier 2000. Celle-ci doit créer 80 emplois permanents.

    Dans une première étape, l'approvisionnement en grumes de la filiale gabonaise sera assuré par des exploitants forestiers locaux. CEMA considère que l'exploitation de permis forestiers sera à moyen terme indispensable. Surtout qu'il est prévu au cours de la deuxième étape du projet de doubler les approvisionnements. "A ce stade, seule l'exploitation de permis forestiers permettra d'assurer l'indépendance obligatoire vis-à-vis des exploitants et la régularité aussi bien en qualité qu'en quantité". L'entreprise juge également nécessaire aussi bien la mise en place d'incitations fiscales. Une demande d'exonération des droits et taxes a d'ailleurs été introduite auprès des autorités gabonaises. La question de la Charte des Investissements reste, en revanche, toujours en suspens. Celle-ci a été votée l'année dernière par le Parlement gabonais, mais les textes d'application n'ont toujours pas vu le jour.
    Créée en 1948, CEMA(1) est spécialisée dans la transformation de grumes, c'est-à-dire de troncs d'arbre pour en faire des contre-plaqués ainsi que d'autres produits dérivés du bois: particules, stratifiés et lamifiés. L'entreprise dispose d'une unité industrielle installée dans les environs de Casablanca (Sidi Maârouf) qui s'étend sur une superficie de 170.000 m2. La société couvre 65% des besoins du marché marocain en contre-plaqués, tandis que 30 à 35% du chiffre d'affaires (qui est de 500 millions de DH) est destiné à l'export. CEMA comporte également la société marocaine "Bois de l'Atlas" dont le groupe a pris le contrôle en 1995.

    (1) Cf L'Economiste du 24 mai 1999.


    La production de bois en bref


    LE processus de transformation du bois peut être sommairement décrit comme suit: les grumes (c'est-à-dire les troncs d'arbre) sont livrés par les forestiers. Ils sont ensuite découpés dans des dimensions prédéterminées. L'on obtient alors ce qu'on appelle des panneaux. Ceux-ci subissent différentes opérations de transformation, notamment l'étuvage qui consiste à faire bouillir le bois de manière à le travailler plus facilement. Les opérations de déroulage (qui consiste à faire passer les troncs d'arbre dans des sortes de taille-crayons géants) et de séchage constituent les dernières étapes.

    Mohamed BENABID

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