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Culture

Code de la famille: Ce que pensent les internautes

Par L'Economiste | Edition N°:1623 Le 15/10/2003 | Partager

. «Une rupture brutale avec archaïsme et conservatisme». «La réforme que toutes les femmes attendaient» Les internautes sont unanimes à saluer les réformes de la Moudawana. Pour A. El Oufir, “c'est un projet novateur, une philosophie nouvelle, tendant à prémunir le tissu social marocain contre des maux qui le rongent depuis longtemps”. Un autre internaute qualifie ce changement “de choix de la modernité”. En effet, pour Amine, “théoriquement, le nouveau code de la famille, par son caractère révolutionnaire, marquerait une rupture brutale avec l'archaïsme et le conservatisme qui sévissaient depuis x temps, dans une société où la tradition est sacrée et le changement sacrilège”. Et d'ajouter: “Les choses ne sont tout de même pas aussi claires qu'elles le paraissent. Le projet sera sans aucun doute voté, mais reste à savoir si les mentalités rebelles au changement suivront? Si les barbus laisseront faire? Si les femmes seront à la hauteur du projet libérateur? Si les hommes mettront de côté leur machisme? Si le peuple s'inscrira dans le projet moderniste ou retournera-t-il à l'âge de pierre en invoquant la religion? Si la notion de l'individu naîtra avec la mise en oeuvre de ce projet ambitieux? Si la société civile s'inspirera de cette démarche courageuse pour revendiquer plus de liberté et ouvrir les dossiers sulfureux et ceux qui fâchent? Quoi qu'il en soit, le combat de la modernité est loin d'être gagné, on en est juste au premier round”, souligne Amine.De son côté, Myriem “pense que c'est une très bonne chose pour le Maroc et pour la famille en particulier. Je crois que c'est une initiative qui va encadrer les relations familiales. Cela ne va en aucun cas à l'encontre de l'islam, qui est malheureusement mal connu dans notre société, de même que tout ce qui concerne le mariage et le divorce”. “Le mariage à 18 ans, je suis tout à fait d'accord car à 15 ans, on est encore jeune, trop jeune, pour un tel engagement. Comment une fille de 15 ans peut-elle gérer son adolescence, ses études, son mariage et être mère? Laissons chacun vivre sa vie comme il se doit. Le divorce, la polygamie, il est temps de tout structurer. On y pensera à 10 reprises avant de se marier, 20 fois avant de se remarier et 50 fois avant de divorcer. On peut applaudir mais on ne doit surtout pas s'arrêter là”, estime Myriem.. Le respect de l'autrePour sa part, Nezha de Casablanca précise que “voilà enfin la réforme que toutes les femmes attendaient pour vivre dans la dignité et le respect. Il était une fois, un pays où l'homme pouvait répudier sa femme et la chasser de chez elle avec les enfants. Si les parents de la femme sont morts ou pauvres, elle se retrouve à la rue, avec les enfants, démunie et fragile dans un monde cruel, alors que l'homme convole en secondes noces avec une adolescente de 16 ans. Ce pays dont je parle était le nôtre jusqu'à vendredi dernier, mais grâce à cette réforme bénie (notre Souverain veut notre bonheur, que Dieu le préserve!), désormais, le mari devra y réfléchir à deux fois avant de prendre une décision, et le tissu familial s'en trouvera protégé. Allez mes concitoyennes, cette réforme n'est que le début d'une succession de bonnes choses qui nous rendront fières d'être marocaines. Elevons bien les enfants dans cet esprit: le respect de l'autre et la liberté d'être soi”.“Enfin du mouvement!” clame L. Zineb. “Le discours de Sa Majesté m'a insufflé beaucoup d'espoir. J'attends énormément de ce pays, et je commençais à ne plus y croire. Ce discours marque un tournant décisif pour notre pays. En effet, résoudre les problèmes liés à la cellule familiale est pour moi le fondement de toute réforme, quelle qu'en soit la matière. En tant qu'étudiante en droit, les dispositions discriminatoires de la Moudawana envers les femmes et les enfants m'ont toujours révoltée et je n'osais plus penser au changement. Sa Majesté a remis “les pendules à l'heure” en décidant, en tant que Commandeur des Croyants, de faire cesser les débats stériles et les bras de fer nous opposant à l'obscurantisme”. “Sa Majesté a insisté sur le fait que ces nouvelles réformes, au-delà de ce qu'elles rapporteront aux femmes, sont d'abord garantes d'une stabilité familiale. Toutefois, j'attends de tenir le nouveau code de la famille entre mes mains pour réellement crier victoire et en expliquer la teneur au maximum de personnes, car c'est aussi cela se comporter en citoyen”, souligne Zineb. Pour M. Lahlou, “le Maroc est sur la bonne voie, car il ne peut y avoir de développement durable dans l'injustice sociale. Il reste cependant un chantier de taille: la réforme de la Justice, la transparence dans l'administration, l'allégement de la bureaucratie et surtout l'éradication de la corruption”.Rajae, elle, estime qu'il s'agit d'une avancée certes, mais qu'il reste beaucoup à faire, notamment dans le domaine de l'héritage. Ce qui était valable hier ne l'est plus aujourd'hui. Rajae se pose plusieurs questions: Pourquoi la part d'héritage du garçon représente-t-elle le double de celle de la fille en cas de décès du père? Pourquoi, si le couple n'a que des filles, les oncles et tantes ont-ils droit à une part d'héritage si le père ou la mère décède? Pourquoi le mari hérite-t-il de la moitié des biens de sa femme alors que cette dernière n'hérite que du 1/8 de ses biens?


Pour un code et une culture

De l'avis d'un citoyen: “C'est l'histoire d'une femme qui ne sait ni lire ni écrire, qui apprend vaguement qu'on a donné ses droits à la femme... Elle est contente comme toutes les femmes du Royaume, et comme devrait l'être tout le monde. Car c'est une véritable gageure que d'essayer de donner des droits à une femme opprimée et relire les préceptes de l'islam. On a perdu bêtement des années et des années avant d'en arriver là. Merci Sa Majesté. Maintenant, reste à savoir à quel point cette révolution va être intégrée culturellement. Au niveau de la Justice, la partie semble serrée et gare à celui qui faillirait. (...) En d'autres termes, si le culturel ne change pas, ce qui va l'être, c'est les moyens de détourner ou d'adapter la loi... Alors, allez dire à cette femme rurale ce qu'il en est exactement et vous la verrez contente... Mais suggérez-lui de demander ses droits, de vivre dans la dignité, et vous verrez..., qu'elle vous répondra, sous le regard de son époux..., que tout va bien. Donc, sans travail éducatif, sans changement de mentalité, ces réformes que l'on voudrait historiques ne seront que lettre morte. Vive cette réforme! mais de grâce, ne refaisons pas les mêmes erreurs, ne nous arrêtons pas à une jouissance émotionnelle... c'est à nous de prendre la relève... Admirer une réforme est la meilleure manière de la faire avorter”.Leconomiste.com
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