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Courrier des Lecteurs

Chronique des changes : : Le Dirham en hausse contre le Dollar et le Yen

Par L'Economiste | Edition N°:25 Le 16/04/1992 | Partager

Période riche en événements que celle de ces trois dernières semaines:
- "spectaculaire" la défaite en France le 22 et 29 Mars des partis traditionnels, en premier lieu du Parti Socialiste qui a "obligé" le Président Miterrand à "accepter" la démission de Mme Cresson et de nommer à sa place le rassurant Pierre Bérégovoy à la tête d'un gouvernement de "fidèles" du Président;
- un "terromoto" (tremblement de terre politique) en Italie le 5 Avril après que la coalition "quadripartito" des 5 partis (Démocratie Chrétienne, Républicains, Parti Socialiste et Social-démocrate ait perdu la majorité absolue au Parlement, et que ce soit affirmé le vote protestataire et "anti-méridional" des ligues du Nord (de lombardie, Vénetie, Piémont et Trentin ...). Dans ces conditions, l'Italie est difficilement gouvernable (la constitution du prochain Cabinet fin Avril sera sans doute très laborieuse) alors que les échéances européennes (ratification du traité de Maastricht, mise en oeuvre d'un plan de Convergeance de l'U.E.M., notamment sur le plan budgétaire...) deviennent de plus en plus pressantes;
- un avertissement à la coalition allemande au pouvoir, la défaite des fidèles du parti de M. Kohl aux élections partielles dans deux des plus importants Landers d'Allemagne;

- "une divine surprise" (comme l'ont qualifiée les marchés), la victoire à la majorité absolue le 9 Avril des Conservateurs aux élections législatives au Royaume Uni alors que l'ensemble des Instituts de sondage prédisaient un "Parlement (sus) pendu" (Hung parliament) ...;
- inquiétant, ce "krach au ralenti" depuis quelques semaines à la Bourse de Tokyo: les cours au "Kabuto Cho", surtout celles des banques nippones (un tiers de la capitalisation boursière) ont perdu jusqu'à 40% de leur valeur en 3 mois, insensibles qu'elles furent à la baisse de -0,75% du taux d'escompte de la Banque du Japon;
- réconfortante, la baisse d'un quart pourcent de l'objectif des Fonds Fédéraux américains le Jeudi 9 Avril, pour prévenir l'effet de contagion du Krach boursier nippon, et pour réagir à des signes de reprise économique "molle" outre-atlantique.
Et les cotations de la monnaie nationale dans ce tourbillon d'événements politico-économiques internationaux? Le fait technique marquant de cette période est que les cours du Dirham contre les 10 devises de notre échantillon sont désormais tous inférieurs à ceux notés à la fin de l'an dernier. La dépréciation s'échelonne entre -0,16% (vs Mark, cette même devise qui fut pendant des semaines "la lanterne rouge" des cotations) à -7,31% contre Dollar, avec -0,95% vs Ecu et -0,91% vs Franc. En revanche, si on s'intéresse à l'évolution de notre monnaie au cours de la période de trois semaines stricto sensu, aboutit-on alors à une configuration maintes fois rapportée ici, d'un Dirham en hausse contre les monnaies des deux premières puissances économiques mondiales (Dollar: +2,36% et Yen +1,20%) et en repli contre toutes les autres, et ce, dans des proportions variant de -0,49% (vs la Lire) à -1,36 vs la Livre britannique. Les événements que nous évoquions à l'instant nous éclairent sur les raisons de telles évolutions:
- (i) en tête du tableau de variation à la baisse du Dirham (mais toujours en queue du mécanisme de Change européen!) la devise de Sa Majesté britannique (-1,36% en trois semaines) qui prolonge (et en fait s'explique essentiellement par) son appréciation respectivement de +0,97% et +3,24% vis-à-vis des deux composantes majeures du "panier marocain", l'Ecu et le Dollar. L'indice du Taux de change effectif engrange, lui, +1,4%. Cette évolution fut une des manifestations de joie des cambistes sur les marchés des changes à l'annonce que la majorité sortante au Royaume-Uni "en reprenait encore pour cinq ans"!

- (ii) au bas de la colonne de gauche de notre tableau de variation, la Lire italienne. Elle ne s'est appréciée par rapport au Dirham que de +0,49% en trois semaines. Mécanisme de change européen oblige, la devise cisalpine évolue en sympathie avec ses homologues "continentales" (dont l'Ecu) lorsque celles-ci, "solidairement" s'apprécient contre le Dollar. Mais, dans le même temps, et en raison des évolutions politiques évoquées en début de chronique, elle a cédé quelques centimes en % à la moyenne des monnaies européennes qu'est l'Ecu (-0,19%); si bien que sa moindre appréciation vis-à-vis de notre monnaie n'en devient que plus logique.

-(iii) ce n'est pas la défaite des Socialistes français que le Franc a salué en capitalisant +2,75% contre le Dollar (+0,41% vs l'Ecu, +0,35% vs le Mark, et +0,93% par rapport au Dirham), l'indice du taux de change gagnant pour sa part +0,8%. Mais c'est plutôt la nomination de Pierre Bérégovoy comme Premier Ministre, ce "gardien du temple" de l'orthodoxie monétaire et budgétaire à gauche, et le partisan du "Franc fort", cher aux investisseurs internationaux.

- (iv) l'évolution du Mark sur les marchés des changes internationaux au cours de la période sous-revue fut la résultante des évolutions des autres devises car aucun élément déterminant n'est intervenu en Allemagne: les négociations salariales branche par branche sont toujours en cours, l'activité économique est toujours atone, le chômage (dans l'ex-RDA surtout) continue d'augmenter, et la Bundesbank, par la voix de différents membres de son Directoire, ne cesse de "tonner" contre le niveau à son goût élevé, du taux d'inflation (4%), tout en faisant la sourde oreille aux appels (dont ceux des respectés instituts de conjoncture allemands" en faveur d'un assouplissement de la politique monétaire Outre-Rhin.
La monnaie allemande qui s'est appréciée de +0,71% par rapport au Dirham a bénéficié du repli du Dollar (-2,38%), tout en demeurant relativement stable (+0,04%) par rapport à la moyenne des devises européennes.

- (v) dans le tableau de variation ci-dessous, figure désormais, l'Escudo portugais, parmi les autres devises de notre échantillon d'observation. Son inclusion procède de notre volonté, d'une part de marquer à notre manière l'entrée début Avril de la monnaie lusitanienne dans le mécanisme de change européen (au taux pivot de 178,735 pour un Ecu et une marge de fluctuation de 6% comme la Pésète ou la Livre); d'autre part, de notre volonté d'anticiper sur l'essor que ne manqueront pas de connaître dans un proche avenir les relations luso-marocaines, au nom de la Communauté d'intérêt et de destin entre des pays voisins, proches par la géographie et par l'histoire, et en vertu d'une volonté politique commune de resserer les liens: une visite officielle de Sa Majesté Le Roi au Portugal est d'ailleurs annoncée pour Mai prochain. Depuis son entrée au sein du mécanisme du SME, la monnaie lusitanienne a évolué "à l'espagnole" rejoignant la Pésète au sommet de la grille européenne des changes. Contre Dirham, son appréciation fut similaire à celle de sa voisine ibérique (+1,01% pour l'Escudo contre +1,08% pour la Pésète). Ces évolutions sont tout à fait compréhensibles compte tenu des niveaux de rendements -désormais sans risque majeur (de change)- sur l'Escudo lesquels tutoient les 17% à trois mois!

- (vi) le repli du Yen, exprimé en Dirhams (-1,20%) dans la logique du glissement vis-à-vis de l'Ecu (-1,46%) aurait plus important encore si la monnaie nippone n'avait bénéficié au cours de la troisième et dernière semaine, de mouvements de dégagements de la part des investisseurs japonais, de certaines places boursières, et ce, pour combler, un tant soit peu les considérables pertes subies sur le Kabuto Cho.

- (vii) la phase de consolidation du Dollar que nous évoquions dans la précédente chronique s'est réalisée au-delà de toute espérance.
"Consolidation", soulignons-nous, "Correction", corrigerons-nous à la limite, mais il n'y a pas de renversement de "trend". Nous continuons de croire, en effet, dans une tendance haussière - quoique moins prononcée que précédemment - du Billet Vert: en cette année d'élections présidentielles aux Etats-Unis, tout sera entrepris par les autorités politiques pour que le vent de la reprise, soutien majeur de la devise américaine, souffle sur l'économie américaine. On l'a bien vu ces derniers jours lorsque, confrontée à des signaux décevants de croissance de l'emploi et de la production aux Etats-Unis, et à des signaux dangereux en provenance de l'autre Rive du Pacifique, confortée par des statistiques "sages" d'inflation américaine, la Réserve Fédérale a procédé à un assouplissement monétaire supplémentaire.

Brahim BENJELLOUN-TOUIMI

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