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Courrier des Lecteurs

Chronique des changes Semaine écourtée du 21 au 24 Avril 1992 : Baisse du Dirham par rapport aux monnaies européennes

Par L'Economiste | Edition N°:27 Le 30/04/1992 | Partager

La semaine sous-revue, comme la précédente, écourtée d'un jour en raison des fêtes pascales judéo-chrétiennes, fut marquée par un certain nombre d'événements internationaux qui ont pesé sur les principales devises, et ainsi expliquent les cotations de notre monnaie. La configuration des variations du Dirham au cours de cette période se caractérise par:
- l'appréciation du Dirham vis-à-vis des monnaies des puissances économiques des deux rives du Pacifique (+1,19% vs Yen, +0,60% vs Dollar) et des monnaies des péninsules ibérique (+0,16% vs la Pésète) et italienne (+0,03%)

- et sa baisse par rapport à d'autres devises du SME, au premier rang desquelles l'Escudo portugais (-1,08%), puis la Livre Sterling (-0,55%) suivies de loin par le Franc Français et le Mark (respectivement en hausse en Dirhams, de +0,17 et +0,08%). Quant à l'ECU, les variations divergeantes qu'ont connues ses principales composantes contre Dirham explique sa faible variation (+0,02%).

Buba ne cède pas

1. La faiblesse relative de l'appréciation de la devise germanique en Dirhams (+0,08%) ne reflète guère l'appétit qu'ont eu à son égard les opérateurs sur le marché des changes, mais en fin de semaine seulement: indice TCE en hausse de+0,3%, mais dépréciation par rapport à l'ECU -0,24%. En effet ce n'est que Vendredi que fut connu le chiffre relatif à une des variables stratégiques sur le tableau de bord conjoncturel de la Buba, à savoir l'évolution de la Masse Monétaire;: celle-ci a cru au courant du mois de Mars au rythme annualisé de +9,7% (alors que l'objectif qui lui est assigné s'inscrit dans une fourchette de 3 à 5,5%!). Les ténors de la Banque centrale allemande ont bien opportunément eu à leur disposition, lors de la rencontre du G-7 du Week-end, un argument - clé et chiffré pour repousser les pressions de leurs partenaires visant l'assouplissement de la politique monétaire allemande, et ce, comme contribution au redémarrage de l'économie européenne. Par ailleurs, l'annonce de la grève générale pour le 27 Avril dans le Secteur Public (la première depuis 1974) fut ignorée par les acheteurs de Marks: en d'autres circonstances, elle aurait lourdement pesé sur les cours. Notres sentiment est que la Buba ne cèdera pas aux pressions de ses partenaires, mais "ces mauvais chiffres" ne présagent pas non plus d'un tour de vis supplémentaire sur le front des taux.

Le Yen moins attractif

2. Le Yen et le Dollar (indices TCE en replie respectivement de -1,5% et -0,2%) ont pâti de la reprise du Mark, mais pas d'elle seulement: (I) la monnaie nippone-qui supporte déjà des rendements parmi les plus faibles du Monde industrialisé (taux d'escompte de la Banque Centrale fixé à 3,75%) - risque d'être encore moins attractive: en tous cas le G-7; Américains en tête, le souhaite... Ajoutez à ceci la morosité, selon les standards nippons, de l'activité dans l'archipel, le malaise issu d'un climat malsain issu "d'affaires" compromettantes pour certains politiciens influents, et vous aurez de quoi vouloir vous délester de quelques Yens. (II) Le FMI, dans ses perspectives de l'économie mondiale ("World Economic Outlook") a qualifié la reprise américaine de "modeste" et d' "hésitante". Faute de disposer d'indices décisifs qui démentent ce constat, les marchés des changes ont allégé leurs positions "longues" (acheteuses) de Dollar d'où son repli (moins que proportionnel par rapport à la forte avancée de la semaine précédente qui s'échelonne de -0,80% contre la Lire italienne à -1,79% contre l'Escudo portugais (-1,11% vs l'Ecu, et 0,60% vs Dirhams). Ce Mardi 28 Avril devrait être connu le taux de croissance de l'économie américaine pour le mois de Mars: il sera décisif pour l'orientation à court terme de la devise américaine. Avec +1,7% en rythme annualisé, comme c'est généralement escompté, le Dollar devrait trouver matière à renouer avec des niveaux plus élevés.

3. Les cours de la Lire au Vendredi 24 Avril 1992 (en repli de -0,03% par rapport au Vendredi précédent, de -0,26% vs ECU, l'indice de TCE perdant lui -1%, n'aivaient pas encore intégré la nouvelle de la démission du Président italien COSSIGA, Samedi 25 Avril. Ce type d'événement n'est bien évidemment pas favorable à la tenue d'une devise. Mais ce n'est pas tant la situation d'une Italie sans Président (le Président du Sénat assumant l'intérim pendant 15 jours) sans Premier Ministre (après la démission de G. Andréotti) et sans Gouvernement qui est la plus inquiétante. C'est le constat d'impuissance de plusieurs hommes politiques (dont le Président démissionnaire) par rapport à leur propre classe (la classe politique) pour la convaincre de mener à bien les réformes qui permettraient à l'Italie de s'attaquer enfin aux quatre défis définis par M. Cossiga, lui-même en guise de testament "politique" le Marché Unique Européen du 1er Janvier 1993, la crise des Finances Publiques, la reprise économique et la lutte contre le crime organisé.

Escudo et Pésète en pôle-position

4. Il n'y a pas qu'en Allemagne où les syndicats font du remue-ménage, surtout à l'approche du Premier Mai; il y a aussi .... en Espagne où l'UGT et d'autres centrales veulent mener leurs troupes en guerre contre le Gouvernement Gonzalez, contre son "Plan de Convergeance" (dans le sillage de Maastricht) et son projet de "décret-loi" sur la réduction des allocations chômage. Ces événements ne sont pas du "meilleur effet" sur les marchés des changes puisque la Pésète cède -0,22% à l'ECU et -0,16% au Dirham. L'anticipation d'une réduction des marges de fluctuation de la monnaie espagnole ainsi que celle des taux d'intérêt ont également favorisé la tendance de repli. Le principal bénéficiaire fut l'escudo portugais (+1,08% vs Dirham, environ une soixantaine de centimes contre l'ECU), qui ainsi dispute à la Pésète sa "pôle-position" dans la grille du SME.
5. Dans la précédente Chronique des changes, nous avancions deux facteurs à l'origine de la bonne tenue de la Livre (+0,55% vs Dirham, +0,28% vs ECU, indice TCE calculé par la banque d'Angleterre engrangeant 70 centimes de pourcentage ...: un "facteur politique" d'abord qui est la victoire des Conservateurs aux élections qui permet la continuité dans la mise en oeuvre de la politique économique. Ensuite, comme second facteur de soutien, la réduction probable de ses marges de fluctuation autour des taux pivots. Ces même éléments ont joué également cette semaine, la Livre s'acheminant progressivement vers le cours pivot de référence de DM 2,95, lequel donne le ton à l'orientation des autres cours du Sterling. Cette tendance haussière serait plus franche si les signes de reprise économique apparaissent: le Rapport de la Chambre de Commerce britannique, paru cette semaine, donne quelques espoirs à cet égard.

Découplage Franc-Mark

6. C'est à un découplage Franc-Mark auquel nous assistons ces dernières semaines, avec une monnaie française en hausse contre le Dirham par rapport à l'an dernier, alors que son homologue d'Outre-Rhin cédait à notre monnaie -0,37% au cours de la même période. En fait, le Franc a pu enfin engranger quelques dividendes d'une économie "vertueuse" dont les finances publiques, le commerce extérieur, aussi bien que la hausse des prix soutiennent avantageusement la comparaison avec l'Allemagne. Cette semaine aussi, la monnaie française a grignoté quelques centimes face au Mark (+0,09%), et bien plus encore par rapport à notre monnaie (+0,17%) si bien que ses cours au 24 Avril sont, face au Mark, supérieurs de +1,14% à ceux notés au 31 Décembre dernier, et face au Dirham, supérieurs de +0,60%. Le danger qui guetterait le Franc serait une hausse des taux allemands (à notre avis inopportune), ou une baisse sensible (supérieure à un 0,25% et unilatérale de ses propres taux, ou une stimulation "électorale" du Budget à une dizaine de mois des élections législatives dans l'hexagone. Quand à une franche reprise du Mark, suite à des signaux de même nature que celui connu au cours de la semaine considérée (dérapage de la croissance monétaire), c'est un scénario que nous envisageons difficilement. L'unification allemande, pour exaltante qu'elle soit sur un plan culturel, émotionnel et géopolitique a un coût dont les Allemands n'acceptent pas encore le prix: le prix du Mark, lui, en tient compte.

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