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    Courrier des Lecteurs

    Chronique des changes : période du 24 Février au 6 Mars 1992 : Le Yen continue de glisser, Tendances à la baisse des taux directeurs

    Par L'Economiste | Edition N°:20 Le 12/03/1992 | Partager

    Au cours de la période de 10 jours ouvrés séparant le Lundi 24 Février du Vendredi 6 Mars 1992, la configuration des changes n'a pas fondamentalement changé par rapport à précédemment. En effet:
    - le Deutschemark (-0,84%), le Franc Français (-0,42%) et l'Ecu
    (-0,04%) demeurent les seules trois devises de notre échantillon d'observation dont les cours en Dirhams sont inférieurs à ceux prévalant à la fin de l'an dernier;
    - tandis que le Dirham se retrouve en baisse contre toutes les autres devises, Dollar en tête (+9,44% en Dirhams) suivi du Yen Japonais (+3,36%), puis, à des niveaux juste au dessus de 1%, le Dinar Tunisien (+1,28%) et la Lire italienne (+1,18), enfin à moins d'un demi pourcent, la Pésète et la Livre Sterling (respectivement +0,44% et +0,37%)
    Néanmoins, si la structure globale ne s'est pas sensiblement modifiée il y eut quelques évolutions marquantes:
    1- Le Yen japonais tout d'abord a perdu -1,26% de sa valeur en Dirhams, évolution logique après qu'il eût perdu -1,25% (étrange similitude!) par rapport à l'Ecu et -2,40% en Dollars. L'indice de son taux de change effectif (calculé par la Banque d'Angleterre) baisse de -2,3%, ce qui représente la plus forte proportion de toutes les autres monnaies. Trois grandes raisons à cet affaiblissement: (I) En premier lieu, la reprise du Dollar. (II) Puis, devant les signes de ralentissement de l'économie japonaise (le dernier en date étant le rapport "Tanken" rédigé par la banque centrale qui indique pour la première fois depuis 4 ans la dégradation de la confiance des entreprises nipones) la baisse du taux d'escompte (un demi pourcent?) est inéluctable, ce qui rendrait le Yen encore moins attractif en termes de rendements. (III) Autre facteur de cette désaffection, les scandales politico-boursiers qui ont terni sensiblement l'image de la majorité au pouvoir. Ces évolutions sont à ne point douter problématiques, et "sensibles" politiquement: le G-7 souhaiterait un Yen plus fort comme contribution à l'ajustement international des économies, même si ses communiqués n'en font pas état aussi explicitement que les marchés l'auraient souhaité. Cela explique les massives -mais néanmoins inefficaces- interventions de la Banque du Japon sur les marchés des changes pour "arrêter les frais" de cette glissade. Pour les raisons évoquées à l'instant, la baisse de la monnaie nipone devrait être enrayée rapidement, une fois que la baisse des taux aura été digérée.

    La pésète: lanterne rouge

    2- Au cours des dix jours ouvrés considérés, la Pésète espagnole exprimée en Dirhams a baissé de 41 centimes en pourcentage, proportion assez voisine de celle de son repli en Ecus (-0,50%); en revanche, elle fut "la lanterne rouge" de toutes les monnaies européennes face au Dollar puisqu'elle reflua de -1,83%. En comparaison, les autres taux de dépréciation vis-à-vis du Billet Vert furent -1,74% pour le Sterling -1,21% pour le Mark, -1,05% pour le Franc et la Lire ... Le 25 Février dernier, et comme nous le pressentions dans les chroniques précédentes, la Banque d'Espagne a effectivement abaissé sa garde: son taux d'intervention a cédé -0,25% pour s'établir désormais à 12,40%. Notre conviction est que ce geste n'est que le début d'une série d'assouplissements monétaires. Deux éléments de réflexion motivent notre anticipation: (I) Le taux d'inflation en Espagne est sur un trend baissier (5%) essentiellement en raison d'un refroidissement conjoncturel. Or cet indicateur économique figure, avec le rythme de progression du coût salarial, en première position dans le "tableau de bord" des autorités monétaires espagnoles. Carlos Solchaga, le Ministre des Finances se dit prêt à envisager jusqu'à un pourcent de baisse des taux pour l'année en cours pourvu que les deux indicateurs considérés évoluent "sagement". (II) L'accord de l'Union Economique et Monétaire Européenne de Maastricht étant signé, l'Espagne devra, à l'instar de ses autres partenaires, se conformer d'ici le 31 Décembre 1993 aux critères "communs" de convergence économique, parmi lesquels figure une marge de fluctuation unique pour les monnaies au sein du mécanisme de Change Européen. Jusqu'à présent, cette marge est, pour la Pésète, de 6%. Sa réduction à 2,5% en un an et demi entraînera la baisse progressive de la monnaie ibérique par rapport aux autres devises européennes.

    La Livre volatile

    3. La Livre Sterling, à l'autre opposé de la grille de change européen a souffert au cours de cette même période de deux éléments d'anticipation défavorable: (I) dans la perspective des élections législatives du 9 Avril (nous sommes quasiment fixés sur cette date) et pour contribuer à la relance d'une économie languissante, M. Lamonte, Chancelier de l'Echiquier britannique allait annoncer lors de la présentation du Budget le 10 Mars une baisse du taux directeur de la Banque d'Angleterre. (II) A la veille du début de la campagne électorale qui débute Mercredi 11 ou Jeudi 12 Mars, les sondages d'opinion indiquent que les "jeux sont très serrés "entre le parti au Pouvoir et le Labour. Tantôt les uns tantôt les autres devancent d'une "courte tête". La perspective d'un gouvernement travailliste aux affaires ne réjouit pas les marchés non pas tant parce que ceux-ci seraient "conservateurs" (comme nous les avons qualifiés dans la chronique précédente), que parce qu'une sortie de la Livre du SME (et donc son flottement, sans doute d'abord à la baisse) est une option que les travaillistes ne répugnent pas à envisager. Notre sentiment est que la Livre, comme la Lire italienne d'ailleurs, est promise à une grande volatilité avant l'issue de ces élections. La victoire des "sortants" sera saluée par une reprise du Pound, mais elle fera "long feu" si la conjoncture économique outre- Manche ne s'améliore pas d'une manière décisive, d'autant que la "prime des taux d'intérêt élevés "ne joue pas en faveur de la Livre. Elle le jouera d'autant moins qu'un assouplissement monétaire au Royaume Uni est inéluctable, quelle que soit la décision sur les taux qui aura été prise cette semaine. Ce n'est qu'une question de "timing". En effet le Royaume-Uni ne peut durablement se confiner dans un "splendide isolement" par rapport au reste de l'Europe; la victoire que constitue pour ce pays, le fait de bénéficier d'une clause d'exemption à l'UEM en 1997 est en définitive illusoire.

    Nouveaux signes à la hausse du Dollar

    Pour le reste des devises de notre échantillon qui se sont appréciées en Dirhams:
    - le Dollar a bénéficié de nouveaux signes de reprise économique aux Etats-Unis (connus notamment au cours des 5 derniers jours ouvrés) parmi lesquels les chiffres "fétiches" des emplois non agricoles: En Février, 194.000 créations d'emplois furent enregistrées; quant à la hausse du taux de chômage de 7,1% à 7,3% (niveau le plus élevé depuis 6 ans), les cambistes ont choisi de l'ignorer. Le Billet Vert s'est donc inscrit en hausse contre toutes devises: de +1,05% par rapport aux monnaies française et italienne +2,40% par rapport au Yen (et +2,12 vis-à-vis de l'Ecu, +1,33% vis-à-vis du Dirham). L'indice de TCE a engrangé pour sa part 1% durant la période considérée. Les prochains objectifs de hausse du Dollar (à laquelle nous continuons de croire) sont établis à DM 1,70 (9DH environ) puis, dans un second temps à DM 1,72 (9,10-9,15DH).
    - le Dinar Tunisien (+0,49%) voit son évolution confortée par celles qu'ont enregistrées les deux monnaies qui comptent réellement dans la détermination de sa valeur: aussi bien la devise américaine que l'Ecu européen se sont appréciées en Dirhams.

    La Lire: la plus forte hausse

    - La plus forte proportion de hausse d'une devise européenne composant notre échantillon, fut celle de la Lire italienne (+0,17% contre le Dirham) suivie de celle du Franc Français (+0,12%): en fait ces deux devises latines ont moins baissé face au dollar que leurs homologues européennes (-1,05 toutes deux); de même, se sont-elles logiquement inscrites en hausse contre l'ECU (respectivement de +0,13% et +0,05%). Quant à leur indice TCE, il n'a pratiquement pas varié au cours de la période sous-revue.
    - enfin près de 5 centimes représentent la maigre variation à la hausse du Mark (première victime de la vigueur du Dollar) et de l'Ecu (dont les plus importantes composantes n'ont connu qu'un faible frémissement par rapport au Dirham). Cette variation aurait été nulle voire négative si le Dollar n'avait connu une pause dans son ascension et ce, durant la première semaine de notre période d'observation de 10 jours ouvrés.

    Brahim
    BENJELLOUN-TOUIMI

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