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    Courrier des Lecteurs

    Après une année de crise : Le secteur touristique revient aux résultats de 1990

    Par L'Economiste | Edition N°:21 Le 19/03/1992 | Partager

    Les effets négatifs de la crise du Golfe n'ont pas encore complètement disparu dans le tourisme. Car, dans le secteur touristique, la décision de destination se détermine six mois à un an à l'avance. Les professionnels espèrent pourtant retrouver cette année les résultats de 1990.

    Près le sinistre causé par la guerre du Golfe, le secteur touristique reprend forme. Pourtant, les deux premiers mois de l'année 1992 ne sont pas jugés très satisfaisants. Le mois de Mars qui est en général une bonne période touristique, coïncide cette année avec le mois de Ramadan. Mais, d'une manière générale, les professionnels du tourisme s'attendent à retrouver les résultats de l'année 1990.
    La crise du Golfe a, par ailleurs, mis en exergue les points faibles du secteur touristique marocain. Actuellement, le secteur connaît une diversification du produit et des marchés. Le tourisme d'affaires ou le tourisme incentive est en plein développement. Pour l'incentive, une société invite ses employés ou organise un séminaire pendant trois ou quatre jours. C'est un tourisme très avantageux puisque pendant une courte période les visiteurs dépensent en général beaucoup. Mais, un problème demeure pourtant, c'est la disponibilité des salles de congrès. En effet, une seule est disponible dans tout le Maroc, celle de Marrakech.
    Les agences de voyages développent également le tourisme de montagne. Des circuits sont arrêtés et les Tours Opérateurs les incluent dans leurs brochures. C'est un tourisme qui se développe parallèlement aux tendances écologiques en vogue.
    Le tourisme itinérant du grand sud ou des villes impériales connaîtra probablement une croissance certaine avec la construction de la route entre Zagora et Erfoud, les autocars n'auraient plus à faire deux fois la même route.
    Les agences de voyages organisent également un tourisme d'aventure dans le sud marocain ou le désert. L'organisation de ce tourisme est difficile, mais il est très rentable puisqu'il n'exige pas de gros investissements. Pour ce type de tourisme, le service rendu par les agences de voyage allie l'imagination à la recherche de l'originalité. Les voyages se font en général en 4x4 et des soirées au clair de lune sont organisées avec une grande attention.

    La reprise par marché

    La reprise espérée cette année est fonction des différents marchés. En effet, une reprise assez nette est constatée sur les marchés allemand, italien et espagnol. Le développement des marchés italiens et espagnols s'explique par le fait que les ressortissants de ces pays sont restés longtemps confinés chez eux en raison de leur faible pouvoir d'achat passé. Le tourisme méditerranéen prédomine actuellement. C'est ce qui explique le caractère saisonnier propre à ces marchés constaté de plus en plus.
    La France et l'Angleterre sont deux marchés qui n'ont pas connu une véritable reprise. Pour le marché français, des problèmes économiques internes pourraient expliquer ce phénomène, autant que les malentendus politiques. L'agence de voyages Orange Tour, filiale de Fram, travaille en grande partie sur le marché français. Son activité ne reprend que lentement en comparaison avec les autres agences puisqu'en 1992 elle ne s'attend qu'à 55.000 clients, soit seulement 55% du chiffre réalisé en 1989. Aussi, elle ne compte occuper son hôtel les Idrissides à Marrakech qu'à hauteur de 80%. Alors, qu'avant 1991, et pour certaines périodes cet hôtel affichait complet et elle devait installer ses clients dans les autres hôtels de Marrakech.
    Par contre, le marché maghrébin est un marché en expansion. Cependant, il n'est pas très rentable à cause du faible pouvoir d'achat et du fait que la plupart des visiteurs algériens ont une famille marocaine chez qui ils descendent. Le marché local est également porteur, M. Farid Mahrouche, directeur de Fram Tours estime qu'"aucun pays ne peut développer son tourisme sans une assise locale".
    Casablanca connaîtrait probablement, en cette année, et d'après les professionnels un taux de remplissage de près de 75%. Agadir pour sa part, atteindrait un taux variant entre 50 et 55%. Marrakech n'enregistrerait qu'un taux voisin de 50%, alors qu'elle connaissait durant une année normale un taux de 65%. Ceci est dû en partie au fait que Marrakech est beaucoup plus orientée vers le tourisme incentive qui est un tourisme qui se prépare au moins 10 mois à l'avance.

    Des efforts promotionnels

    La promotion a joué un rôle très important en raison de la diversification des produits. En 1991, le Ministère des Finances a consacré un budget spécial à une importante campagne promotionnelle du produit touristique marocain. Cependant, pour différentes raisons, ce budget a dû être reporté à 1992. Actuellement, le Ministère du Tourisme a établi un cahier de charges pour préparer un "plan médias" qui serait valable pour toute l'Europe. Un appel d'offre international a déjà été lancé. L'ouverture des plis est programmée entre le 15 et 20 Mars, et le lancement de
    la campagne est prévu en septembre en préparation à la saison 1992-1993 qui débute le premier Novembre 1992.
    M. Benslimane, Ministre du Tourisme a également entrepris une tournée de sensibilisation auprès des médias et des Tours Opérateurs des pays considérés comme étant les plus grands fournisseurs de tourisme marocains, l'Espagne, le Portugal, la France, la Hollande, la Belgique, l'Angleterre et l'Allemagne.
    De leur côté, les agences de voyages contactées, Fram Tours, Atlas Voyages, Comanav Voyages, et Orange Tours, mise à part leur présence dans la plupart des Salons étrangers, entreprennent des prospections directes et organisent des "éducateurs tours". Ils invitent alors, des responsables des agences de voyages étrangères ou des décideurs de séminaires et leur offre un séjour au Maroc pour faire connaître le produit. Toutes les parties concernées, sociétés de transport aérien, hôtels et restaurants collaborent à l'organisation de ces "éducateurs tours". "C'est une technique qui paye énormément à condition qu'elle soit réussie" précise Mme Nezha Amrani, Directrice de marketing à Atlas Voyages.
    Le déclassement des hôtels dernièrement entrepris par le Ministère du Tourisme est pour sa part bien perçu par les responsables des agences de voyages. En effet, pour ces derniers, il était temps de faire correspondre le produit touristique marocain à des normes internationales crédibles.
    Enfin, et d'après M. Fouad Lahbabi, Directeur de Comanav Voyages, l'assainissement du produit devrait concerner également le problème des faux guides de plus en plus nombreux. En effet, le harcèlement de la clientèle par ces derniers dérange la profession.

    Laïla TRIKI

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