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    Courrier des Lecteurs

    Chronique des Changes: Semaine du 9 au 13 Mars 1992 : Fluctuations paradoxales

    Par L'Economiste | Edition N°:21 Le 19/03/1992 | Partager

    L'Observation de l'évolution des cours des principales devises inspire la maxime, arrangée à notre goût, Ramadan oblige, selon laquelle le marché des changes a parfois ses raisons que la Raison ou plutôt le raisonnement économique ne connaît pas:
    1- L'excédent commercial Japonais du mois de Février a doublé en un mois (importations en baisse de -10% en raison du refroidissement conjoncturel, exportations en hausse de +12% en raison de l'insolente compétitivité industrielle); et pourtant c'est une dépréciation (supérieure à 1%) qu'a enregistré le Yen au cours de la semaine sous-revue: -1,30% contre Dirham, dans la logique d'une dépréciation de -1,55% vis-à-vis de l'ECU, -1,36% contre Dollar, l'indice du taux de change effectif cédant pour sa part -1,9%.
    Le sentiment baissier sur cette monnaie sur les marchés des changes se nourrit toujours de l'anticipation d'un assouplissement imminent de la politique monétaire nippone, ce à quoi il convient s'ajouter celle, plus politique, d'un échec probable de la majorité au pouvoir lors des élections prochaines de Juillet.
    Le premier signe avant-coureur de cette perte de popularité (due pour une large part aux scandales politiques et boursiers) est la défaite, Dimanche 8 Mars du parti Libéral Démocrate à des élections partielles.

    Les élections au centre des préoccupations des opérateurs

    2- Les élections sont précisément parmi les préoccupations actuelles des opérateurs sur les marchés des changes: par un hasard de calendrier, elles se tiennent le 23 Mars prochain en France (élections régionales), le 5 Avril en Italie (élections législatives), et quatre jours plus tard au Royaume-Uni:
    - (I) C'est dans ce dernier pays où le "Poll-trading" (trading selon l'évolution des sondages) a commencé à se faire sentir le plus: la Livre Sterling s'est inscrite en baisse contre les principales devises (-0,56% par rapport à l'Ecu, -0,52% contre le Mark, -0,34% cédés au Billet Vert, et -0,35% au Dirham) car l'issue des élections (dont les sondages donnent un avant-goût) demeure hautement incertaine. Outre l'hypothèse d'une défaite des Conservateurs, la situation où aucune majorité ne se dégage à la Chambre des Communes, (les libéraux exerçant alors un rôle d'arbitre entre les deux grands partis) ne serait pas favorable à la tenue de la Livre. En effet, le Parlement risque d'être "pendu" ("Hung parliament") l'absence de majorité claire conduisant à des blocages "institutionnels, des tergiversations et atermoiements voire à des renoncements préjudiciables à la gestion d'un pays confronté à une récession économique tenace sans évoquer de plus d'un mot les enjeux et les échéances liés à l'unification de l'Europe.
    - (II) En France en revanche, lors des cotations du Franc les marchés ne se sont pas inquiétés outre-mesure de la campagne électorale en cours dans ce pays. Leur intérêt a continué de se porter vers les événements à l'Est du Rhin (les chiffres "peu brillants" de l'inflation allemande: 4% en rythme annuel) et les événements de l'Est (les troubles dans la C.E.I. : à Nagorny-Karabkh ...) qui pèsent sur la devise allemande. Aussi le Franc s'est il valorisé de +0,05% au détriment du Mark, +0,08% par rapport à l'ECU, +0,22% au Dollar et, par voie de conséquence, par rapport au Dirham (+0,21%). Pourtant, l'échéance politique du 23 Mars 1992 est importante: elle représente un "sondage" grandeur nature "de l'opinion française avant les élections législatives de l'an prochain. Or un affaiblissement du parti au pouvoir qui se ferait au bénéfice de l'extrême Droite, et donc au détriment de la Droite classique augurerait indubi-tablement une période de grande incertitude préjudiciable à la monnaie de l'Hexagone, par rapport à la continuité de la politique française (économique, européenne pour n'évoquer que ce qui nous concerne)

    Incertitudes sur la Lire

    - (III) En Italie, la campagne électorale fut assombrie par l'assassinat d'une personnalité sicilienne, député européen, et proche du président du Conseil italien. Cet événement macabre (un avertissement de la mafia à une classe politique "classique" qui promet une lutte sans merci contre le crime organisé?) est venu s'ajouter aux autres éléments d'incertitude qui caractérisent l'équation politique dans ce pays. Les opérateurs qui ont vendu la Lire italienne cette semaine (elle a perdu -0,13% à l'ECU) ont sans doute gardé à l'esprit de telles considérations. Contre le Dirhams, la devise italienne enregistra une faible appréciation (+0,08%): ce n'est guère paradoxal si l'on pense que, d'une part la monnaie italienne s'est valorisée en Dollars (de +0,07%), une des devises majeures de référence pour le Dirham; d'autre part, que la dépréciation de la Lire en termes d'ECU fut de loin inférieure à celles qu'ont subies tant le Sterling (-0,56% contre ECU) que la Pésète (-0,90%).
    3- A propos de la devise ibérique, il semble (autres murs d'apparence ésotérique pour les profanes des marchés des changes) que ceux-ci adorent brûler ce qu'ils ont eux même jadis adoré: en trois semaines, la Pésète a perdu en Dirhams plus de 78 centimes (de%) et +1,4% en ECU! Elle ne fut pas détrônée pour autant de sa première place au sein du mécanisme de change européen; à ce rythme cependant, la "pôle position" deviendrait intenable. L'anticipation d'un second assouplissement (après celui du 25 Février) de la politique monétaire dans la péninsule a indéniablement pesé sur les cours. Or, au lendemain de la publication des chiffres de l'inflation pour le mois de Février (+0,7% soit 6,8% annuels), la perspective d'une nouvelle baisse des taux s'est (momentanément, soulignons-nous) assombrie: jusqu'aux prochains chiffres de hausse des prix? Notre conviction demeure en effet, qu'un "geste" de Banque d'Espagne est inéluctable.

    Dollar: retour de tendance

    4- Indice TCE en maigre progression (+0,2%) appréciation vis-à-vis des monnaies "faibles" comme le Yen (+1,34%), la Livre Sterling (+0,23%) ou la Pésète (+0,34%) mais perte de terrain à la Lire et au Mark, -0,21% au Franc français. Telle et résumée l'évolution du Dollar au cours de la semaine dernière. Alors, pause ou retournement de tendance?
    Il est vrai que le Billet Vert n'a pas réussi à casser le seuil autant psychologique que "chartiste" des DM 1.68 qui lui aurait ouvert la voie vers les niveaux de DM 1,70 et plus (9 Dirhams). Mais, ce n'est que partie remise: le redressement de l'économie américaine (par la consommation) est désormais confirmé (voir chiffres des ventes au détail, ventes automobiles ... connus au cours de la semaine considérée).
    L'appareil productif suivra-t-il? Les statistiques, publiées lors des jours prochains, donneront quelques précieuses indications à cet égard. Il n'en restera pas moins que c'est le rythme de redressement (et non plus la réalité de ce redressement) qui, désormais, dominera la psychologie des marchés ... en compagnie, une fois encore, des élections et des sondages sur les changes du Président sortant de battre Bille Clinton, le Démocrate.

    B rahim BENJELLOUN-TOUIMI

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