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Culture

Après le cyclone Katrina, quelques leçons
Par Francis GHILÈS

Par L'Economiste | Edition N°:2118 Le 28/09/2005 | Partager

Francis Ghilès est membre de l’Institut européen de la Méditerranée (Iemed). Situé en Espagne, l’Iemed est une sorte de think thank qui agit en tant qu’observatoire des politiques méditerranéennes.Ghilès a été durant de longues années le spécialiste du Maghreb pour le quotidien britannique Financial Times. Il a donné et donne de nombreuses conférences et analyses sur le monde arabe et la MéditerranéeLes téléspectateurs du monde entier retiendront du désastre qui s’est abattu sur la Nouvelle-Orléans, le 29 août dernier, l’image de centaines de Noirs demandant de l’aide. Ceux qui habitent les pays d’Asie n’oublieront pas de sitôt que leurs gouvernements réagirent avec beaucoup plus d’efficacité aux conséquences du tsunami neuf mois plus tôt. Ceux qui habitent en Europe seront confortés dans leur vision pessimiste d’une société où les riches (Blancs pour l’essentiel) trouvèrent les moyens de fuir la catastrophe annoncée et les pauvres (quasi tous Noirs) furent abandonnés à leur sort. Ils le furent tant avant l’ouragan que dans les jours suivants. Les Américains découvrent, médusés et honteux, que la première puissance du monde devait envoyer son armée remettre de l’ordre dans une ville dont le gouvernement avait interdit l’accès à la Croix-Rouge! Ils découvrirent que l’imprévision et la désorganisation des secours (tant à l’échelle de la Louisiane ou du Mississipi que de l’Etat fédéral) augurent mal de la capacité de réaction du pays en cas de nouvelle attaque terroriste. Ils virent que les Etats-Unis en ces jours de septembre 2005 font davantage penser à un de ces pays corrompus et inefficaces du Tiers-Monde qu’à la première puissance militaire du monde!. «Moins d’Etat» n’a pas donné «mieux d’Etat»Il était inévitable que les ravages provoqués par l’ouragan Katrina évoquent les horreurs infligées par Al Qaida à New York voici quatre ans: George Bush l’a dit et répété ad nauseam. Katrina, pourtant, s’avère être l’anti-11/9 par excellence. Alors que les Etats-Unis s’étaient unis comme jamais autour de leur président face à la menace de Oussama Ben Laden, Katrina a montré un président incapable de leadership, incapable d’anticiper les crises, incapable de remplir sa fonction première qui est de protéger ses concitoyens. Katrina a mis à nu les inégalités sociales caractérisant la société américaine. Et plus encore, le cyclone a mis à nu la pauvreté croissante qui touche la population noire, soit les deux tiers des habitants de la Nouvelle-Orléans. L’ouragan a mis à nu l’incapacité de l’Etat (local ou fédéral) à réagir vite. Cette incapacité est la conséquence des réductions d’impôts et des coupes budgétaires qui se succèdent depuis un quart de siècle de dogme de «moins d’Etat» appliqué par le Parti républicain… sans que ce «moins d’Etat» produise «mieux d’Etat». Nombre de commentateurs -y compris dans des cercles qui sont loin d’être systématiquement hostiles à la politique républicaine- évoquent la faillite du système Bush.Le 11 septembre 2001 prit le gouvernement fédéral totalement par surprise. Il n’y avait guère de plan d’urgence à New York et les communications entre différents agents fédéraux et new-yorkais s’avérèrent défectueux. La réaction de Bush fut faussée par la décision déjà prise en secret de se débarrasser de Saddam Hussein. Trop peu de troupes furent envoyées en Afghanistan, quand le régime des Talibans fut renversé, ce qui explique sans doute pourquoi ce pays est aujourd’hui si loin d’être pacifié.Retournons en Louisiane près du lac Pontchartrain, qui jouxte La Nouvelle-Orléans. Ses eaux sont au-dessus du niveau de la ville. Pourtant, jour après jour, mois après mois, année après année, les digues protégeant la ville ont été sapées. Le président et le Congrès, dominé par la majorité républicaine fidèle, avaient réduit de moitié les fonds fédéraux visant à prévenir des inondations dans le sud-est de la Louisiane et de moitié ceux affectés à la consolidation des digues autour du lac Pontchartrain. . Budget et «jérémiades»Ces fonds économisés ont été versés au financement de la guerre en Irak. Le corps des ingénieurs de l’armée avait demandé 29 millions de dollars pour réparer les digues au début de cette année: George Bush s’est battu pour réduire cette somme à 3,9 millions. Dans de très nombreux articles, le journal de la ville, The New Orleans Times-Picayne a rapporté les débats et signalé les risques qu’une telle politique faisait courir à la ville au cas où un ouragan de force 3 ou 4 (Katrina fut de force 4) s’abattrait sur la région. Rien n’y fit, les élus ne prêtèrent guère l’oreille à ce qu’ils considéraient comme des «jérémiades». Sénateurs et membres du Congrès n’avaient que faire de réalités qui gênaient leur dogme du «moins d’Etat».Pendant ce temps, la situation en Irak se détériorait et le besoin de troupes américaines s’accroissait. Le manque d’hommes força le président à mobiliser des troupes de la Garde nationale pour les envoyer en Irak et à recruter de plus en plus de compagnies de sécurité privées. Mais ce ne fut pas tout. Le 29 août et les jours qui suivirent, le manque de ces mêmes soldats de la Garde nationale se fit cruellement ressentir en Louisiane. Tout comme l’équipement nécessaire pour ce type de situation -lui aussi en Irak.Il est aussi instructif de noter que la frontière américaine avec le Mexique est de moins en moins protégée. Un million de migrants illégaux sont appréhendés chaque année pour un demi-million réussissant à passer. Parmi ces illégaux, un nombre croissant vient des pays du Moyen-Orient et certains agents liés à Al Qaïda ne cachent guère qu’ils comptent faire passer de futurs terroristes par la frontière mexicaine pour des actions aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. George Bush démontre son manque de sérieux quand il a signé le 17 décembre 2004, le «National Intelligence Reform Act». En effet, celui-ci prévoit le recrutement de seulement 1.000 agents de frontières, recrutement qui commencera en 2006. Dans le budget pour 2006 pourtant, il est seulement prévu des fonds pour ne recruter que 210 agents nouveaux. Pourtant, encore en août dernier, les gouverneurs démocrates d’Arizona et du Nouveau-Mexique ont demandé des fonds affectés aux désastres «fédéraux»: ces fonds sont destinés à remettre de l’ordre sur la frontière mexicaine où la situation est devenue chaotique.. Croisade en banquerouteLes horreurs de la Nouvelle-Orléans, le désastre en Louisiane, le chaos le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, l’anarchie croissante en Irak et en Afghanistan… Ce sont autant de situations qui soulignent à quel point la stratégie de Bush est en pleine banqueroute. La Nouvelle-Orléans offre un miroir, certes grossissant de l’état des lieux: plus d’un million de personnes, en majorité blanches, fuirent la région avant l’ouragan, mais les pauvres, en majorité noirs, restèrent sur le carreau. Le pourcentage de pauvres à la Nouvelle-Orléans est de 28%, soit le double de la moyenne nationale. Ceux qui furent laissés-pour-compte n’étaient ni moins ni plus courageux que ceux qui ont fui. Nombre d’entre eux n’avaient tout simplement pas les moyens (voitures et argent) pour quitter la ville. Ils restèrent. Au péril de leur vie.Si Bush n’avait pas divisé les forces américaines entre deux guerres, s’il n’avait pas sacrifié la sécurité de la frontière mexicaine, s’il n’avait pas envoyé les membres de la Garde nationale en Irak, il y aurait peut-être moins de morts et de destructions aujourd’hui en Louisiane et dans le Mississipi. L’histoire serait-elle sur le point de jouer un tour aux dirigeants américains? Au lieu de voir les dictatures tomber au Moyen-Orient et de voir un avenir démocratique lumineux s’ouvrir devant le regard émerveillé des peuples arabes, les dominos seraient-ils sur le point de tomber aux Etats-Unis et d’ouvrir devant le regard émerveillé la possibilité d’une fin de ce règne où l’incompétence économique et militaire le dispute au machisme médiocre et à la duplicité?


Trois risques majeurs

Bien avant le 11 septembre 2001, la Fema (l’autorité fédérale chargée des désastres) avait prévenu le gouvernement fédéral que trois risques de désastres primaient tous les autres: - une attaque terroriste visant New York; - un ouragan dévastant la Nouvelle-Orléans;- un tremblement de terre à San Francisco. Mais George W. Bush décida que changer le régime irakien primait tout autre considération. Si gouverner c’est prévoir, Bush a effectivement failli à sa mission.


Hégémonie et pauvreté

La croisade néoconservatrice a milité pour bâtir l´hégémonie des Etats-Unis dans le monde. Mais la base électorale de Bush mène aussi une croisade pour réduire les impôts. On ne peut à la fois vouloir dominer le monde et réduire les moyens de le faire, c’est-à-dire les impôts! Le Koweït, les Etats du Golfe et l’Arabie saoudite ont sans doute payé pour financer la guerre de 1990-91, mais ce «miracle» financier ne se reproduit pas en 2003 pour l’invasion de l’Irak! Katrina souligne la faillite de ces différentes politiques: tout d’abord, on ne peut réduire indéfiniment le rôle du gouvernement. Les réductions d’impôts de 2001 ont privé le gouvernement des moyens d’action, notamment pour prévenir des catastrophes naturelles. Malgré la considérable augmentation du budget militaire, les Etats-Unis n’ont guère les moyens humains pour mener plusieurs guerres de front et assurer en même temps la sécurité intérieure de la population américaine: 3.000 hommes de la Garde nationale de Louisiane et 4.000 du Mississipi sont actuellement en Irak – ce n’est guère leur place et ils ont cruellement manqué à l’appel depuis le 29 août. Depuis une semaine, de nombreuses compagnies privées ont tenté de remédier à l’absence du gouvernement fédéral. 115 gouvernements étrangers et 15 organisations internationales ont envoyé de l’aide aux victimes. Spectacle orwellien s’il en est: les dirigeants d’un pays qui passent leur temps à sermonner la planète, à infliger des leçons de démocratie au Moyen-Orient et à insulter les pays dont les dirigeants ne partagent pas leur point de vue (dont l’Espagne), à maintenir que leur modèle social est le seul qui vaille… ces dirigeants en sont réduits à accepter l’aide humanitaires de petits pays tout en offrant un spectacle digne d’une république bananière. La pauvreté croissante de nombreux Américains a été révélée d’une façon très crue. Et de nombreux citoyens, y compris à droite de l’échiquier politique, éprouvent de la honte à la vue du spectacle qu’offre leur pays. Cette pauvreté va croissant depuis 2000. Elle affecte aujourd’hui 12,7% de la population contre 11,3% il y a cinq ans. Ce pourcentage est plus élevé que dans les années 1970 malgré trente ans de croissance économique solide.

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