×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Agrumes: Sus à la Tristeza!

Par L'Economiste | Edition N°:3355 Le 06/09/2010 | Partager

. Plus de 730 ha à arracher et incinérer . La région de Larache déclarée en quarantaine . 35.000 DH/ha d’indemnisation Feu bactérien, charançon rouge du palmier dattier, virus du Nil occidental, autant de ravageurs et autres maladies virales, qui ont été importés au Maroc en moins d’une année. Mais le fléau le plus redoutable demeure la Tristeza, cette maladie virale des agrumes dont les souches du virus responsable ont été détectées dans la région de Larache, l’année dernière. L’Economiste s’en est fait l’écho dans son édition du 2 septembre 2009. A l’époque, l’administration et la profession avaient cherché à minimiser, en réduisant la présence du Citrus Tristeza Virus (CTV) à quelques dizaines d’hectares dans la région de Larache. Depuis lors, la maladie a gagné plus de 730 ha répartis entre 245 vergers d’agrumes. Ce ravageur compte à son actif la disparition de millions d’arbres en Argentine, au Brésil, aux Etats-Unis, en Espagne ou encore au Vénézuela. Une réunion dédiée a eu lieu récemment entre la profession et les responsables concernés. «L’objectif est de plancher sur l’urgence des mesures à prendre, mais aussi d’obtenir la mobilisation de tous pour contrer le fléau». A commencer par l’arrachage et l’incinération des arbres contaminés et l’interdiction de la sortie du matériel végétal à partir des zones infestées. Car, la propagation à longue distance se fait par le matériel végétal contaminé. La transmission mécanique est rare, étant donné la taille du virus. Apparue en Asie, la Tristeza est véhiculée par les pucerons. «Ces insectes en constituent les vecteurs naturels. En tout, 4 espèces ont été identifiées dont 3 existent au Maroc. «Mais la famille la plus redoutable est le Toxoptera et notamment l’espèce Citricida», explique un chercheur de l’Institut national de recherche agronomique.Celle-ci n’a pas encore été repérée au Maroc mais elle est présente au nord de la péninsule ibérique (Espagne et Portugal). «Toutefois, la vigilance doit être de rigueur. Et les contrôles des végétaux à la frontière doivent être systématiques», recommande Ahmed Darrab, secrétaire général de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc. Ceci, sans épargner les moyens logistiques. Car, si le feu bactérien a été introduit via des plants, «le charançon rouge des palmiers dattiers et d’ornement a été trouvé dans un vieil hôtel à Tanger», révèle le chercheur de l’Inra. Venu d’Asie, cet insecte a été repéré en Espagne en 1997 après avoir causé des ravages en Egypte. En 2008, un autre insecte aussi redoutable mais s’attaquant aux tomates est entré par le port de Nador. C’est le Tuta absoluta. Cet insecte originaire d’Amérique latine a gagné Agadir. C’est dire que le libre-échange est un miroir à double face. Il n’empêche qu’il fait place à toutes les mesures de protection. Pourvu d’en faire recours pour prévenir tout danger. Pour le moment, il s’agit de parer au plus urgent. Autrement dit, éradiquer le fléau sur place pour éviter sa propagation aux autres régions de production agrumicole. Selon Hamid Benazzou, directeur général de l’Office national de la sécurité sanitaire et alimentaire (Onssa), la superficie infestée est de l’ordre de 730 ha. Les services de cet organisme ont ratissé quelque 1.522 ha totalisant 819 vergers. «C’est pratiquement l’ensemble du verger agrumicole de la région de Larache», précise Benazzou. 80% de ces exploitations ont une superficie inférieure à 10 ha, 75% ne dépassent pas 5 ha et la moitié dispose d’une surface de moins de 1 ha. D’où la vulnérabilité des petits producteurs vis-à-vis de l’achat des plants bon marché car non certifiés. Le recours à l’importation frauduleuse du matériel végétal est aussi chose courante. Et c’est l’unique source de contamination que pointent les professionnels. Bien évidemment après le relâchement du contrôle des végétaux à la frontière.Quoi qu’il en soit, l’affaire est désormais prise au sérieux. L’administration tout comme la profession se mobilisent pour mettre en œuvre les mesures de lutte. Pour le moment, deux décisions d’ordre réglementaire sont à signaler. D’un côté, le gouverneur de la province de Larache a promulgué un arrêté rendant obligatoire la lutte contre la maladie de la Tristeza. De l’autre, le département de l’Agriculture a élaboré un arrêté qui se trouve actuellement au niveau du Secrétariat général du gouvernement. Le texte réaffirme aussi le caractère obligatoire de la lutte contre l’endémie et son vecteur de propagation, mais dans l’ensemble du territoire national. L’arrêté, qui a déjà reçu le visa des Finances, fixe par ailleurs les montants d’indemnisation des exploitants dont les vergers seront arrachés et replantés. Il s’agit d’une prime de 7.000 DH/ha destinée à couvrir les frais d’arrachage et d’incinération des arbres de la parcelle reconnue contaminée. Son obtention est conditionnée par la présentation d’un dossier comprenant une demande de l’intéressé et le procès verbal du comité constatant l’arrachage et l’incinération.

Plan de surveillance du puceron vecteur de la maladie
Le comité est composé de l’exploitant, d’un représentant de la profession, d’un agent de l’autorité locale et du délégué de la direction de la protection des végétaux. Une autre prime de 28.000 DH/ha est destinée à couvrir les frais des replantations des vergers contaminés et arrachés. C’est un pactole de 35.000 DH/ ha pour venir en aide aux agrumiculteurs affectés. Montant jugé insuffisant par la profession. Selon le secrétaire général de l’Aspam, l’indemnisation prévue par le gouvernement représente à peine 50% des frais à engager au titre de l’arrachage, incinération et replantation. Ceci, sans compter le manque à gagner pour les années avant l’entrée en production des nouvelles plantations. Car, les arbres même contaminés par le virus de la maladie continuent de produire… avant de mourir, est-il indiqué. Seulement, on omet de signaler que le verger de Larache a atteint la limite d’âge et il faut en tout cas le rajeunir. A quelque chose malheur est bon! Pour le moment, les mesures de lutte visent la mise en place d’un plan de surveillance du puceron vecteur de la maladie, l’interdiction de la circulation des plants à partir de Larache moyennant le renforcement du contrôle de la gendarmerie.

Mort subite

Les associations porte-greffe/greffon sensibles au CTV donnent des symptômes similaires à ceux causés par certaines maladies des racines et du collet, à savoir un jaunissement des feuilles, un arrêt de croissance, et chute anormale des feuilles. Les arbres infectés produisent des fruits minuscules. Les jeunes arbres atteints par le CTV fleurissent de manière précoce et fructifient 1 à 2 ans avant les plants sains. Mais plus tard, c’est la mort subite. A. G.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    redacti[email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc