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Affaire Ansar Al Mahdi
1re partie: La genèse d’Abou Ousama

Par L'Economiste | Edition N°:2359 Le 12/09/2006 | Partager

. Comment un commerçant est devenu émir . Une généreuse «sœur» casablancaiseIL s’appelle Hassan Khattab. Nom de guerre: Abou Ousama. Né à El Jadida le 28 juin 1973, ce père de deux enfants a été arrêté, fin juillet dernier, dans le cadre de l’affaire d’Ansar Al Mahdi. C’est ce qui ressort du rapport de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) concernant ce groupuscule terroriste présumé. S’étalant sur une centaine de pages, le rapport, dont L’Economiste détient copie, contient les interrogatoires des membres de cette cellule, des prolongements de la durée de garde à vue pour certains d’entre eux et une expertise relative aux perquisitions effectuées dans les domiciles des prévenus. En cours, l’instruction de cette affaire devra s’appuyer sur les nombreuses informations recueillies par les agents de la BNPJ sur ce groupuscule en août dernier. Après avoir alterné petits boulots et chômage, Khattab devient commerçant spécialisé dans la vente d’épices en détail. Il ouvre deux magasins dont un pour la réparation de téléphones portables à Hay Rahma, quartier situé au cœur d’une zone industrielle à Salé. Ce quartier a été aménagé par les autorités de la ville en petits lots d’habitation et de commerce pour recaser les nombreux bidonvillois de Salé. Guerraba, dealers et prostituées y cohabitent avec des barbus dont le nombre ne cesse d’augmenter. Khattab en fait partie. En «bon» pratiquant, il commence par fréquenter les mosquées «informelles» improvisées dans les garages de ce quartier ou de ceux qui l’entourent. A savoir Dar El Hamra, Hay Inbiâat, Douar Cheikh Mfadal… Khattab passe beaucoup de temps dans ces mosquées et dans les domiciles de certains «frères» écoutant les prêches des cheikhs et regardant des CD relatant les hauts faits des mouvements de la résistance islamiques à travers le monde. Avec l’avènement de la guerre en Irak, il devient davantage sensible au calvaire du peuple irakien. Les exactions commises par les soldats américains contre les Irakiens le révoltent et l’idée d’aller faire le jihad en Irak commence à lui triturer l’esprit. Mais le voyage jusqu’en terre mésopotamienne est long et très coûteux. Au fil des années, Abou Ousama devient un «frère» respectable dont les prêches sont très appréciés surtout pour leur virulence contre les Américains et les sionistes. Après les événements du 16 mai 2003, l’émir est soupçonné d’appartenir à la Salafia Jihadia. Il est arrêté et jugé. Mais son «séjour» dans la prison d’Outita à Sidi Kacem ne dure que deux ans. Après sa relaxe, Khattab revient dans le circuit et fait une rencontre déterminante. Hamadi Khaldi, un grand cheikh qui habite à Hay Salam à Salé, réussit à le convaincre que le jihad doit commencer au Maroc. Khaldi estime que le Royaume «est une terre impie et que son gouvernement s’est allié aux sionistes et aux Américains». C’est chez ce cheikh que Khattab rencontrera quatre autres «frères» qui constitueront après, la fraction militaire du groupuscule Ansar Al Mahdi. Il s’agit de Yassine El Ouardini, Toufiq Oukadi, Mohamed Lahbib et Mohamed Ousaoui. Convaincus par les propos du gourou, Khattab et ses nouveaux «amis» pensent à une stratégie pour accomplir des opérations terroristes. Le financement leur fait défaut. En 2005, Khattab découvre qu’il est cardiaque. A l’issue d’un premier pronostic, les médecins le conseillent de subir une intervention chirurgicale. Mais Abou Ousama n’a pas les moyens. Cependant, un «frère» lui suggère d’aller voir une femme à Casablanca qui pourrait l’aider. En février 2006, les deux compagnons rendent visite à la dénommée Fatima Zahra qui habite une petite villa route d’El Jadida à proximité de la faculté Hassan II de Casablanca. Une fois sur place, la «sœur» Fatima Zahra demande à Khattab de faire un prêche sur le jour du jugement dernier. Séduits par les propos de Khattab, la «sœur» Fatima Zahra et son mari, un dénommé Al Haj, promettent à leur invité de lui trouver un bon médecin pour faire l’opération et lui remettent 10.000 DH pour les soins. Un second diagnostic révèle à Khattab l’inutilité de subir une opération chirurgicale. La «sœur» Fatima Zahra et son mari lui remettent 30.000 DH pour aménager une mosquée et une bibliothèque islamique à Salé. Le contact est établi et Khattab multiplie les visites et les prêches au domicile de la «sœur» casablancaise. Cette dernière n’hésite d’ailleurs pas à mettre la main à la poche pour financer les activités de Khattab dont les propos deviennent de plus en plus virulents surtout à l’encontre de l’Etat marocain. Il réussit à convaincre son hôte de la nécessité de faire le jihad «pour délivrer le peuple marocain musulman des impies». Fatima Zahra adhère alors au projet terroriste et s’occupe d’une partie du financement. En tout et pour tout elle donne 150.000 DH à Abou Ousama et à ses acolytes pour acheter des armes (au nord chez les trafiquants des stupéfiants) et des produits chimiques pour fabriquer des explosifs. Outre les «aides» de la «sœur» casablancaise, les membres de cette cellule ont fabriqué à l’aide d’un scanner et d’une imprimante couleur des billets falsifiés d’un montant de 80.000 DH et comptaient attaquer l’agence de Western Union située dans la vieille médina de Salé. Leurs desseins tombent à l’eau avec l’arrestation de leur leader Hassan Khattab fin juillet.


Chefs d’inculpation

«Constitution de bande criminelle en vue de préparer et commettre des actes terroristes, atteinte grave à l’ordre public, collecte et gestion de fonds dans l’intention de les utiliser dans des actes terroristes et appartenance à une association non reconnue». Tels sont les chefs d’inculpation retenu par les agents de la BNPJ après interrogatoire des 56 personnes arrêtées dans le cadre du groupuscule «Ansar Al Mahdi» fin juillet dernier. L’instruction est en cours devant le juge Abdelhak Echentouf à l’annexe slaouie de la Cour d’appel de Rabat. Naoufal BELGHAZIDans notre édition du mercredi 13 septembre: El Ouardini, le «Zarkaoui» d’Ansar Al Mahdi

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