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Politique Internationale

Grande-Bretagne
Débandade des leaders politiques

Par Ariane BADET | Edition N°:4810 Le 11/07/2016 | Partager
Les démissions s’enchaînent dans le camp du Brexit
Une fracture profonde dans la société aux conséquences imprévisibles
Duel 100% féminin chez les Tories pour succéder à David Cameron
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Moins de deux semaines après le vote du Brexit, les manifestations se succèdent à Londres en faveur de l’Europe (Ph. AFP)

Deux semaines après le vote britannique en faveur du  «leave», la scène politique est toujours en vrac. Les démissions politiques s’enchaînent et le pays est plus que jamais divisé.  Lundi  4 juillet Nigel Farage, le désormais ancien leader du parti europhobe Ukip décidait de se retirer de la vie politique en déclarant «mon objectif de sortir de l’UE est atteint, (…) j’ai accompli ma mission». 
C’est le deuxième départ d’un partisan du Brexit après celui du conservateur  Boris Johnson, l’ancien maire de Londres qui avait soutenu le «leave» qui semblait pourtant bien positionné dans  la course à la succession de David Cameron. Il a dû se désister après que de nombreux députés conservateurs aient exprimé des doutes sur ses compétences. 
Le retrait de ces deux leaders de la campagne pour le «out» laisse le camp des brexiters orphelin et prouve l’amateurisme de ces dirigeants. Comme l’a noté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, les leaders du «out» n’avaient pas prévu leur succès et laissent donc leurs électeurs sans plan économique et politique pour préparer et négocier la sortie de l’UE.
Dans le camp du «in» les perspectives ne sont pas meilleures. Les deux principaux partis, les «tories» et le parti travailliste, outre les problèmes de leadership, font également face à un risque de scission entre le camp des «in» et celui des «out». Pour la direction du parti,  le premier est confronté au choix cornélien entre un candidat «brexiter» ou pro-européen semble ne pas vouloir se décider puisque Theresa May, ministre de l’Intérieur, soutien du «in» mais peu impliquée dans la campagne, semble en bonne position. Mais les brexiters du parti conservateur n’ont pas dit leur dernier mot puisque Andrea Leadsom, ancienne ministre de l’énergie soutenue par Boris Johnson est la seconde candidate à la présidence du parti désigné par les députés tories. Cet été ce sera aux  militants de faire leur choix, même si May bénéficie d’une large avance auprès des parlementaires il n’est pas certain que les membres du parti approuvent ce choix.
Du côté du Parti Travailliste, la situation n’est pas plus stable, Jeremy Corbyn, l’actuel leader du parti a perdu le vote de confiance. En effet deux-tiers des députés travaillistes menés par l’ancienne secrétaire d’Etat au commerce Angela Eagle se sont exprimés en faveur du départ de Corbyn notamment en raison de sa position ambiguë dans la campagne du Brexit. Le rapport Chilcot, accablant l’ancien premier ministre Tony Blair pour sa participation à la guerre en Irak, publié mercredi 6 juillet divise encore davantage le parti. Le mouvement Momentum, soutient de  Corbyn, a en effet aussitôt profité de l’occasion pour fustiger Eagle pour son soutien aux opérations britanniques en Irak Ces fractures profondes au sein du parti le placent face à un véritable risque de scission entre une gauche modérée socio-démocrate pro-européenne et une gauche dure eurosceptique.
Le système politique britannique et ses partis emblématiques pourraient disparaître pour laisser place à de plus petits partis composés de factions des partis traditionnelles. Leur survie et les nouveaux clivages politiques dépendront des négociations à venir avec Bruxelles et surtout du degré de séparation avec l’UE.

Du côté de la société civile, le résultat du vote est l’illustration des clivages au sein de la société, entre les plus jeunes et les plus âgés, entre les classes populaires qui ont peu bénéficié de la mondialisation et les classes les plus aisées qui bénéficient de la libéralisation des échanges entraînée par l’Union Européenne. 
Le pays est également divisé territorialement. La carte électorale laisse apparaître de fortes disparités régionales: Londres, l’Irlande du Nord et l’Ecosse ont massivement voté en faveur du «remain» alors que le reste de l’Angleterre et le Pays de Galles se sont clairement exprimé pour le «leave». Cette fracture pourrait alimenter des velléités d’indépendance de l’Ecosse et la réunification de l’Irlande. En effet plusieurs dirigeants écossais ont d’ores et déjà réclamé un nouveau référendum pour l’indépendance, et beaucoup de dirigeants  politiques en République d’Irlande et d’ex-leaders de l’IRA se déclarent en faveur d’une réunification de l’île.  
Après la traumatisante victoire du «out», de nombreuses manifestations ont eu lieu en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE. A Londres, on pouvait lire des slogans tels que «Vous jouez avec notre futur», «UE, je t'aime» ou encore, en plus original «Du fromage, pas Farage». Cette volonté des pro-européens d’empêcher une sortie effective du Royaume-Uni s’est également manifestée au travers d’une pétition pour la tenue d’un nouveau référendum sur le site du parlement qui a récolté plus de 3 millions de signatures. 
Cette mobilisation intervient dans un climat de tensions renforcé entre les deux camps, les agressions verbales et physiques à caractère raciste se sont multipliées ces derniers jours, beaucoup d’agresseurs invoquant le choix des britanniques. Pourtant malgré la multiplication de ces expressions extrémistes, de nombreuses personnes ayant voté «out» semblent aujourd’hui regretter leur choix compliquant encore davantage la lecture du paysage politique et électoral  britannique. 

Quelques repères de la démocratie britannique

- 1215, le roi Jean Sans Terre concède à ses barons la Grande Charte qui limite les prérogatives royales et l’oblige à tenir compte des observations de son Conseil. 
- 1649, le roi Charles Ier Stuart est exécuté. Olivier Cromwell, instaure une République dictatoriale qui dure dix ans puis la dynastie Stuart remonte sur le trône mais son pouvoir est  d’emblée limité.
- 1679, Charles II concède l'Habeas Corpus, mettant fin aux arrestations arbitraires. 
- 1689, la royauté concède le Bill of Rights (Déclaration des Droits), qui limite fortement le pouvoir royal au profit du Parlement. C'est l’aboutissement de la Glorieuse Révolution et l 'Angleterre devient alors la première monarchie parlementaire. 

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