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Economie

Pilotage Maroc Vert
Le patronat agricole veut un sursis

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4810 Le 11/07/2016 | Partager
Il attend l’arrivée à échéance de la stratégie
Et réclame une loi-cadre d’orientation agricole

LE patronat agricole émerge. Comader s’érige désormais en interlocuteur unique  pour le monde rural. Le Maroc s’oriente ainsi vers le système corporatiste  français basé sur deux patronats: Le syndicat des agriculteurs et le Medef.
Dix ans après sa création, la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural a mis en place une organisation par filière et interprofession intégrant le secteur agricole de l’amont à l’aval. Le dispositif est complété par une dizaine de commissions spécialisées et le chantier de comités régionaux pour être en phase avec la régionalisation avancée vient d’être lancé. 
Au-delà, l’organisation patronale s’est ralliée des profils à forte capacité managériale. Des PDG rompus à la gestion de grandes entreprises font partie du bureau ou dirigent des commissions. En somme, le syndicat est fin prêt pour prendre le pilotage de la stratégie agricole comme prévu par la loi 03-12 sur les interprofessions. Un relais qu’Ahmed Ouayach,  président de Comader veut «qu’il emprunte une transition progressive». Car à ses yeux, il s’agit d’un tournant décisif dans le déploiement du plan Maroc Vert. Ce dernier sera transféré clés en main aux professionnels. L’Etat n’aurait plus qu’à faciliter la tâche au privé. A charge pour ce dernier de piloter toutes les activités de production, de valorisation, de distribution et de promotion tant sur le marché local qu’à l’international. «Le tout bien évidemment dans une démarche de partenariat public-privé», précise le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural.
C’est l’esprit de la loi 03-12 et ses textes d’application dont la totalité a été publiée, il y a déjà plus de deux années. Mais les professionnels ne veulent pas  bousculer les choses avant l’échéance fixée au PMV: 2020. La prise de leur mission stratégique de relais est attendue au-delà de cet horizon. Histoire de maintenir les soutiens de l’Etat.

Comité consultatif de l’interprofession

BIEN qu’il n’ait qu’un rôle consultatif, le Comité institué par la loi se veut une instance d’orientation. Il est composé des représentants de l’Etat et de tous les organismes sous tutelle du ministère de l’Agriculture: recherche, contrôle, développement et formation. Pour ce qui est des membres représentant l’Etat, le décret pris pour l’application de la loi 03-12 dispose que ces derniers sont désignés, à titre nominatif, parmi les ministères de l’Agriculture, de l’Intérieur, des Finances et de l’Industrie pour une durée de trois ans renouvelable. Présidé par le ministre de l’Agriculture ou son représentant, le Comité peut se faire assister par des experts. Il  se réunit sur convocation de son président autant que nécessaire, selon les demandes d’avis qui lui sont adressées, et au moins une fois par semestre. Il rend ses avis dans les délais et selon les formes et modalités fixées par son règlement intérieur.

En attendant, ils veulent pérenniser les acquis de la stratégie agricole. «D’où la nécessité de la mise en place d’une loi-cadre d’orientation sécurisant le secteur contre les aléas climatiques mais aussi contre les changements politiques», souligne Ouayach.  Pour le moment, la loi sur les interprofessions règle tous les aspects relatifs à l’organisation, au financement et délimite les champs d’action de l’Etat et des opérateurs.  
L’organisation interprofessionnelle  regroupe les opérateurs de l’ensemble des composantes d’une même filière (production, valorisation et commercialisation), autour d’une vision unifiée et concertée. Outre la représentativité, l’interprofession agricole doit être reconnue par les pouvoirs publics et les accords interprofessionnels qu’elle élabore sont obligatoirement étendus à l’ensemble des professions représentées. Ces accords peuvent porter sur les prix des produits agricoles destinés à la consommation ou à régler aux producteurs. De même qu’ils concernent le financement propre de l’organisation professionnelle via la détermination du niveau des prélèvements sur les produits. Le contrôle de ces organisations sera régulièrement assuré. Et pour cause, le législateur les a investies d’importantes missions dont certaines sont jusqu’à présent du ressort d’organismes étatiques. C’est le cas de la promotion et le marketing sur les marchés extérieurs. Il en est de même de l’intelligence économique et de la logistique par rapport à la demande interne et externe. Même la mise en œuvre des règles de mise sur le marché, de prix et de conditions de paiement seront du ressort des organisations professionnelles. Sans oublier l’élaboration de programmes de recherche scientifique, la promotion de la qualité et de la normalisation. C’est également aux professions d’assurer le  suivi sanitaire et phytosanitaire des produits ainsi que la formation technique et l’encadrement des agriculteurs. «En somme, le Maroc s’oriente vers le modèle français basé sur l’organisation professionnelle et la R&D», observe Ouayach.

10 commissions permanentes 

LA Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural a mis en place 10 commissions spécialisées à caractère permanent. La plupart sont présidées par des membres du bureau de Comader se réclamant d’expérience avérée. 
A titre d’exemple la Commission agro-industrie est présidée par Mohammed Fikrat, PDG de Cosumar. Celle de commercialisation et logistique, pilotée par M’hamed Loultiti, PDG de Copag. La Commission partenariat public-privé a été confiée à Youssef Alaoui, patron de plusieurs affaires et actuel président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole. La régionalisation et développement est dirigée par Hammou Ouhelli, ancien ministre et chef de file des producteurs des viandes rouges. 

 

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