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Evénement

Pourquoi l’industrie ne tire plus la croissance

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4809 Le 05/07/2016 | Partager
Déficit d’intégration des activités à forte valeur ajoutée
Recul de 9 points de la part dans le PIB sur 20 ans
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L’industrie affiche un taux d’investissement similaire à celui de l’UE mais elle n’en tire pas la même rentabilité. Elle doit réorienter ses capitaux vers les activités à forte valeur ajoutée

Le secteur industriel va-t-il renouer avec son dynamisme des années 1990? Du moins avec la perspective qui s’offre aux nouveaux métiers mondiaux du Maroc. Pour le moment, la croissance reste déterminée par le secteur agricole, lui-même encore dépendant de l’aléa climatique. L’industrie, qui doit en principe jouer le rôle de locomotive de la croissance, n’intervient que pour une proportion négligeable. Car, malgré le dynamisme des branches comme l’automobile, l’aéronautique et l’électronique, les activités industrielles traditionnelles tirent plutôt vers le bas l’ensemble du secteur. A tel point que la part du secteur industriel dans le PIB s’est inscrite sur un trend baissier sur les dernières décennies. De 24% lors des années 1990, elle est passée à 14,6% durant la période 2000-2007 et à 14% au cours de la période 2008-2013 (Source: ministère des Finances). Sa contribution au total des valeurs ajoutées est également inférieure au secteur agricole: 15,5% contre 18%. Néanmoins, l’industrie représente plus de moitié des valeurs ajoutées des activités secondaires.
Aujourd’hui, son ancrage dans les chaînes de valeur mondiales avec l’émergence de nouvelles spécialisations devrait inverser la donne. Ces nouveaux secteurs ont permis de mieux positionner le Maroc en tant que destination industrielle crédible et compétitive tels l’automobile, l’aéronautique et l’offshoring.
En effet, le secteur automobile accroche et tend à renforcer le positionnement du pays dans la chaîne de valeur mondiale. En 2015, l’activité a généré 50 milliards de DH à l’export contre 40 milliards l’année d’avant. L’industrie automobile assure également 86.500 emplois et fait du Maroc le premier constructeur en Afrique du Nord et le second au niveau du continent. Le secteur affiche par ailleurs une croissance moyenne annuelle de 27% sur la période 2009-2015. Il n’empêche que l’impact sur l’industrialisation de l’économie reste limité. L’essentiel des composants sont en effet importés. Un gros effort reste à déployer au niveau de l’amélioration du taux d’intégration.
De même, le secteur aéronautique a enregistré un essor aussi remarquable comme en témoigne son chiffre d’affaires à l’export qui a atteint plus de 9 milliards de DH en 2015. Le taux de croissance à l’export se situe à plus de 4,5% contre 1%, il y a une décennie. Cette activité emploie actuellement quelque 9.500 salariés hautement qualifiés contre 5.769 employés en 2008. Au total, l’activité de l’aéronautique compte une centaine d’entreprises dont des leaders mondiaux.
Par ailleurs, les efforts déployés dans le secteur de l’offshoring ont permis de porter le chiffre d’affaires à 7,21 milliards de DH ces dernières années contre 4,1 milliards de DH en 2008.
A l’opposé, l’industrie  textile-habillement peine à se redresser. Son poids dans la valeur ajoutée globale est passé de 4,5% à 2,7% entre 2000 et 2014. De même le nombre d’entreprises et d’emplois dans la filière ont connu une chute de 32% et 17% respectivement durant la dernière décennie. Les exportations, et au gré des aléas de la conjoncture internationale, ont connu une évolution erratique durant la même période. L’activité n’a pas en effet opéré sa mue malgré deux plans de sauvetage. Elle est restée, pour l’essentiel, cantonnée dans la sous-traitance. Aujourd’hui quelques signes de restructuration semblent se dessiner à l’horizon.
En outre, l’industrie agroalimentaire occupe une place importante dans l’industrie nationale en contribuant pour près de 30% à la valeur ajoutée industrielle, de 23% à l’emploi et de 12% à l’export. Cette industrie renferme un fort potentiel de croissance eu égard aux avantages comparatifs dont bénéficie le Maroc. Seulement, elle manque cruellement d’innovation et de diversification par produit et par marché. De plus, l’activité n’a réellement jamais fait l’objet d’une stratégie. Elle vient d’être intégrée dans le plan d’accélération industrielle. Et un contrat-programme est à l’étude.

Transition «Emergence» et PAI

Capitalisant sur les acquis du pacte Emergence, le gouvernement a lancé en avril 2014 un programme d’accélération industrielle 2014-2020. Il vise à donner une nouvelle impulsion à l’ensemble du secteur industriel. Tout en maintenant le cap des nouveaux métiers mondiaux du Maroc, le plan veut aussi intégrer les autres filières traditionnelles. Il s’agit d’une feuille de route assignant des  objectifs à l’horizon 2020. Création d’un demi-million d’emplois, provenant à parts égales des IDE et du tissu industriel national rénové et accroissement de la part industrielle dans le PIB de 9 points: 23% à l’horizon 2000 contre 14% en 2014. Le plan vise également l’amélioration de l’équilibre de la balance commerciale, en assurant plus d’intégration du tissu industriel.

 

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