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    Finances-Banques

    «Bâle III ne ralentira pas la distribution de crédits»

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4807 Le 01/07/2016 | Partager
    Face aux grands risques, BAM exige plus de fonds propres
    Marge de manœuvre réduite pour les prises de participations dans les sociétés non financières
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    Ismail Douiri, directeur général d’Attijariwafa bank: «Nous pourrons absorber l’impact du changement de réglementation sans changer notre politique de dividende ni ralentir notre effort de distribution de crédits. En revanche, nous devrons identifier un financement spécifique en fonds propres Tier-1 pour toute acquisition importante d’un établissement de crédit» (Ph. Jarfi)

    L’octroi de crédit aux grands comptes, particulièrement les entreprises dont la dette est supérieure à 500 millions de DH coûtera plus de fonds propres aux banques. En outre, elles devront recueillir davantage d’informations auprès de cette clientèle avant d’instruire leur dossier. Les dernières circulaires de Bank Al-Maghrib traitent largement de ces sujets. Le durcissement de la réglementation intervient après la succession d’incidents sur quelques grandes entreprises. Les changements vont nécessiter des adaptations selon les établissements. Pour Ismail Douiri, Attijariwafa bank, dont il est le directeur général, «suit une politique anticipative pour le provisionnement et la surveillance de ses engagements, et pour le pilotage de ses fonds propres, évitant ainsi aux agrégats d’afficher tout mouvement brutal».

    - L’Economiste: Quels ajustements nécessiteront les derniers réaménagements au niveau des règles prudentielles?
    - Ismail Douiri: Les changements sont relativement mineurs. Ils concernent essentiellement le traitement des crédits aux entreprises dont la dette est supérieure à 500 millions de DH et qui ne publient pas de comptes consolidés. Les crédits octroyés à ces entreprises devront faire l’objet de la part des banques de dotations en fonds propres augmentées de 50%, rendant ainsi leur accès au crédit plus coûteux. Cette mesure est à déployer progressivement d’ici 2019. Elle vise à renforcer la transparence financière des grands groupes et leur octroie suffisamment de temps pour se mettre à niveau.

    - En quoi les difficultés de certains grands comptes et le resserrement de la régulation peuvent-ils peser sur les revenus des banques?
    - Les difficultés du client d’une banque se traduisent en général par son incapacité à rembourser ses crédits dans les temps impartis, et entraînent ainsi l’obligation pour les banques de constituer des provisions. Le resserrement de la régulation se traduit souvent par la nécessité faite aux banques de détenir davantage de fonds propres pour avoir le droit d’octroyer un même montant de crédit. Dans le premier cas, cela entraîne la baisse du résultat net et dans le deuxième, une rentabilité des fonds propres (ROE) plus faible. En ce qui concerne Attijariwafa bank, nous suivons une politique anticipative pour le provisionnement et la surveillance de nos engagements, et pour le pilotage de nos fonds propres, évitant ainsi à nos agrégats d’afficher tout mouvement brutal.

    - Les participations hors secteur financier sont désormais plafonnées à 60% des fonds propres de catégorie 1.
    - Cette mesure concerne la limitation des participations détenues par les banques dans des entreprises non financières. La limite a été effectivement ramenée de manière sensible à la baisse. Attijariwafa bank détient un portefeuille très limité de telles participations et qui reste beaucoup plus faible que le nouveau plafond réglementaire. Si une banque devait se retrouver en violation d’une telle limite, elle serait tenue de céder ces participations et, en fonction du prix de cession, pourrait enregistrer des plus ou moins-values sur leurs résultats de l’année et constater la disparition des flux de dividendes futurs associés aux participations cédées.

    - Que coûtera au final la migration vers Bâle III?
    - L’impact le plus important est lié à la déduction de l’intégralité des participations dans des établissements de crédit des fonds propres réglementaires «Tier-1» (avec une franchise). Auparavant, la déduction était faite pour moitié des fonds propres «Tier-1» et pour moitié des fonds propres «Tier-2» (sans franchise). Cela permettait, par exemple, de financer des acquisitions d’autres banques à hauteur de 50% par des émissions de dettes subordonnées considérées réglementairement comme fonds propres «Tier-2». Ce n’est plus possible sous Bâle III et l’intégralité de l’acquisition devra être financée par des fonds propres «Tier-1» (issus du capital et des résultats non distribués). Au Maroc, l’implémentation se fait progressivement d’ici 2019. Nous avons, dès les périodes de consultation avec Bank Al-Maghrib, effectué des mesures d’impact et pourrons absorber l’impact de ce changement de réglementation sans changer notre politique de dividende, ni ralentir notre effort de distribution de crédits.
    En revanche, nous devrons identifier un financement spécifique en fonds propres Tier-1 pour toute acquisition importante d’un établissement de crédit. L’autre impact concerne le ratio de liquidité LCR qui remplace l’ancien mode de calcul du ratio de liquidité. Son impact est positif puisque la réglementation de Bâle III offre un traitement prudentiel favorable aux dépôts de nature «retail», qui constitue l’essentiel des dépôts des banques au Maroc.o

    Propos recueillis par
    Franck FAGNON

     

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