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Attentat à Istanbul L’industrie du tourisme étouffe

Par Salma BRIOUEL | Edition N°:4806 Le 30/06/2016 | Partager
Les arrivées chutent (-35%), les opérateurs redoutent une catastrophe
Ankara paie le prix de l’affaiblissement de ses relais en Syrie
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La panique des passagers après la triple explosion à l'entrée du terminal réservé au trafic international à l'aéroport Ataturk à Istanbul (Ph AFP)

L’attentat meurtrier qui a frappé l’aéroport international Ataturk à Istanbul mardi soir n’a pas encore été revendiqué, mais tous les soupçons se dirigent vers l’organisation terroriste Daesh. Le mode opératoire de cette opération et les premiers éléments de l’enquête ne laissent aucun doute, assure le Premier ministre turc, Binali Yildrim.
A l’heure où nous mettions sous presse, le bilan de l’attentat s’élevait à 41 morts et 239 blessés dont plusieurs dans un état grave. Les services de secours redoutent que ce bilan ne s’alourdisse car le pronostic vital de plusieurs personnes blessées serait engagé. Parmi les victimes, on décompte 13 ressortissants étrangers: 5 Saoudiens, 2 Irakiens, un Tunisien, un Ouzbek, un Chinois, un Iranien, un Ukrainien et un Jordanien.
Pour la Turquie, ce nouvel attentat est un coup dur porté à l’industrie touristique qui entame la haute saison. Par ailleurs, l’opinion publique vit désormais dans la hantise de l’insécurité provoquée par la succession des attentats terroristes. L’attaque suicide à l’aéroport international d’Istanbul est le 29e attentat en trois ans! Ankara paie un lourd tribut au retournement d’alliances dans le conflit syrien. Pendant longtemps et pour des considérations géostratégiques, l’AKP au pouvoir fermait les yeux sur la présence sur le territoire turc des éléments formant la base arrière de Daech et des florissants réseaux de contrebande de pétrole et de marchandises contrôlés par le groupe terroriste. Le seul ennemi déclaré du pouvoir en place était le PKK, l’organisation indépendantiste kurde. Le gouvernement

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Les services de secours s'activent pour assister les victimes. Selon le premier bilan communiqué par les autorités, ces attaques ont fait 41 morts et plus de 200 blessés graves (Ph. AFP)

d’Ankara  avait d’ailleurs dénoncé le cessez-le-feu en vigueur depuis des années pour, dit-il, «en finir une fois pour toutes avec ces terroristes». Malgré d’amicales pressions de ses alliés européens, le gouvernement d’Erdogan est resté campé sur cette position. Mais il a dû se rendre à l’évidence que la menace principale était le groupe terroriste Daech. L’affaiblissement de ses alliés en Syrie (la rébellion syrienne conduite par l’Armée syrienne libre) a fait le reste. D’où le changement de stratégie à l’encontre de l’EI opéré depuis près d’un an. Elle est devenue plus explicite dans sa lutte contre le terrorisme islamiste.
Depuis l’année dernière, les attentats ont fait plus de 200 morts et des milliers de blessés. De quoi faire fuir les touristes. Pendant que le drapeau turc est en berne, l’industrie touristique turque étouffe. Depuis 22 ans, la Turquie, poids lourd du tourisme mondial, enregistre les plus bas chiffres d’arrivées à cause de la menace terroriste qui s’installe désormais en permanence. Le ministère turc du Tourisme fait état d’une baisse de près de 35% du nombre de touristes étrangers.
Avant même cet attentat, les intentions des français de voyager en Turquie avaient déjà chuté de 77%, selon le syndicat des tour-opérateur français (Seto). La ville d’Istanbul fait partie des principaux centres touristiques turcs. Viser son aéroport, c'est condamner l’économie turque dans son ensemble.
Ce n’est pas la première fois qu’un attentat vise un aéroport. Le 22 mars, Bruxelles a également été le théâtre d’un attentat de grande envergure. Le transport aérien semble être une cible de choix pour les terroristes de l’EI. « Maintenant, l’urgence pour la Turquie est de réexaminer son système sécuritaire», concède le président Recep Tayyib Erdogan. Il a appelé à la «lutte commune, avec en tête les pays occidentaux, contre les organisations terroristes».

 

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