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Politique

Brexit: Les modalités de la répudiation

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4803 Le 27/06/2016 | Partager
L’UE à la GB: Go fast[scald=3964:sdl_editor_representation]
Les secteurs les plus inquiets
Les freins à la mobilité
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Près de 52% des Britanniques ont voté leave (quitter l’UE), jeudi 23 juin, lors du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, ouvrant la porte à une nouvelle histoire. Londres devrait régler plusieurs questions avec l’Union européenne (Ph. AFP)

Le Brexit laisse une Europe désormais à «27». Au lendemain du vote, une pétition en ligne adressée au Parlement britannique réclamait l’organisation d’un deuxième référendum. Le Parlement se doit d’examiner une pétition à partir du moment où elle dépasse les 100.000 signataires. Ce sont surtout les jeunes Britanniques qui sont furieux des résultats. En attendant, les Européens sont pressés d’acter le divorce. L’Écosse est prête à défendre séparément ses intérêts. Démissionnaire, David Cameron doit retrouver, ce mardi 28 juin, ses pairs lors d’un sommet européen à Bruxelles. De son côté, le commissaire européen britannique Jonathan Hill a aussi annoncé sa démission. Tour d’horizon:

■ Risques de contagion: Après le Brexit (voir aussi L’Economiste du mercredi 22 juin), certaines voix appellent au Nexit (une sortie néerlandaise de l’Union européenne) ou encore au Frexit (rupture entre la France et l’UE) et aux renégociations de leur adhésion avec l’Union européenne. Les eurosceptiques à travers l’UE ont crié victoire et appelé à un référendum dans leurs pays, faisant grandir les craintes sur le futur de l’unité européenne. Face à cette situation, les banques centrales (BCE,  Fed…) se sont dites prêtes à intervenir ou l’ayant déjà fait pour prévenir un assèchement de liquidités et contrer des mouvements extrêmes de change. La Banque d’Angleterre (BoE) a indiqué qu’elle était prête à injecter 250 milliards de livres (326 milliards d’euros) de fonds additionnels afin d’assurer des liquidités suffisantes pour le fonctionnement des marchés. La note financière du pays pourrait être abaissée. Juridiquement, l’article 50 du Traité sur l’Union européenne établit la procédure à suivre dans le cas où un Etat membre décide de quitter l’Union européenne.

■ Réunion au sommet: La chancelière Angela Merkel a convoqué un mini-sommet, lundi 27 juin à Berlin, avec ses homologues français et italien, ainsi que Donald Tusk, pour analyser la situation. Une réunion des 28 commissaires européens est prévue le jour même à Bruxelles, pour discuter de la mise en oeuvre pratique du Brexit. Le président Martin Schulz a convoqué une session plénière extraordinaire mardi 28, au cours de laquelle doit être votée une résolution appelant David Cameron à activer au plus vite l’article 50 du Traité de Lisbonne afin de lancer la procédure de «divorce». Le Parlement européen devra in fine approuver l’accord de retrait négocié entre Londres et l’UE. Fin juin (28 et 29), un sommet européen est prévu à Bruxelles entre les chefs d’Etat ou de gouvernement.

■  Les droits des Britanniques dans l’UE: Londres devra négocier le statut de ses quelque deux millions de ressortissants vivant ou travaillant dans l’UE. Leurs droits à la retraite ou encore leur accès à des services de santé dans les 27 autres pays de l’Union sont en effet remis en cause. Les citoyens du Royaume-Uni résidant à l’étranger, dont ceux qui ont pris leur retraite en Espagne, ne pourraient pas supposer que ces droits seront garantis, observait le gouvernement britannique dans une étude. Et chaque droit qui serait négocié en faveur des Britanniques dans les pays de l’UE serait accordé sous condition de réciprocité pour les ressortissants de l’UE au Royaume-Uni.

■ Les secteurs les plus touchés: D’abord l’industrie pharmaceutique. Quel pays héritera de l’Agence européenne du médicament (EMA)? Plusieurs fédérations nationales de l’industrie pharmaceutique, comme celle de l’Italie mais aussi en Suède et au Danemark, militent déjà ouvertement pour obtenir son siège. Basée à Londres depuis sa création en 1995, l’EMA est notamment chargée d’autoriser la mise sur le marché des nouveaux médicaments dans l’UE. Dans le secteur bancaire, la City se prépare à voir des milliers de banquiers faire leurs valises pour Francfort, Paris ou Dublin. Au total, le cabinet PwC estime que le Brexit pourrait coûter 70.000 à 100.000 emplois dans le secteur des services financiers britanniques d’ici 2020. Il faudrait s’attendre aussi à une période de turbulences pour le secteur aérien britannique qui a grandement bénéficié du ciel unique européen instauré depuis une vingtaine d’années. Parmi la masse d’accords que les autorités britanniques vont devoir renégocier avec Bruxelles figurent les conditions de vol entre le reste de l’UE et le Royaume-Uni, actuellement régies par le marché unique du transport aérien instauré à partir de la fin des années 1980. Du côté du secteur de l’assurance, le risque lié à la sortie de l’Europe pourrait être aussi de celui de la sortie des textes régulant le secteur de l’assurance et notamment Solvabilité 2.

■ Commerce/TTIP: Les Etats-Unis ont assuré que la raison d’être du traité de libre-échange commercial en discussion avec l’Union européenne (TTIP) restait forte en dépit du vote britannique. Depuis 2013, les Etats-Unis et l’UE tentent de s’entendre sur un vaste accord qui supprimerait les barrières douanières et règlementaires entre les deux blocs mais qui rencontre de fortes résistances de part et d’autre de l’Atlantique. A priori, la Grande-Bretagne ne sera plus directement associée à un éventuel accord que Washington veut boucler d’ici la fin de l’année. Le prochain round de discussions commerciales sur le TTIP doit avoir lieu en juillet en Europe.

■  Et les étudiants: Il n’y aura pas de conséquence à court terme pour les échanges d’étudiants dans le cadre d’Erasmus, a estimé le président de la conférence des présidents d’universités françaises (CPU). Il va falloir attendre les négociations, qui pourront prendre plus de deux ans. Près de 20% des étudiants français effectuent leur mobilité Erasmus au Royaume-Uni et quelque 30% des étudiants britanniques effectuent la leur en France.

■  Visa/voyage: L’effet devrait se faire sentir sur la liberté de déplacement des ressortissants britanniques au sein des autres pays de l’Union européenne. Si un simple document d’identité suffisait jusqu’à présent pour se déplacer au sein de l’espace Schengen (bien que le Royaume-Uni n’en soit pas membre), la sortie du pays du bloc des 28 devrait désormais s’accompagner de la nécessité pour les ressortissants britanniques de demander un visa en cas de voyage en Europe continentale. A l’heure actuelle, seuls 44 pays sur 219 imposent des visas à l’avance aux ressortissants britanniques. Les ménages britanniques devraient également se préparer à débourser davantage qu’auparavant pour aller passer leurs vacances sur le Vieux Continent.

■ Vers de nouvelles frontières? Conséquence plus inattendue, la sortie du Royaume-Uni de l’UE pourrait rendre ses relations avec certains de ses voisins immédiats problématiques. L’Espagne pourrait notamment être tentée de fermer sa frontière avec Gibraltar, un rocher de 6 km2 collé à l’Andalousie où vivent 33.000 Britanniques. Plus au nord de l’Europe, le Brexit pourrait également créer une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande, ralentissant la circulation de milliers de personnes chaque jour.

 

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