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    Economie

    Travail dangereux: 193.000 enfants exposés

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4796 Le 16/06/2016 | Partager
    Ils sont âgés de 7 à 17 ans et «opèrent» pour la majorité dans le monde rural
    Le Maroc a ratifié la convention du BIT en 2001 sans l’appliquer
    Des chiffres publiés pour la première fois par le HCP
    travail_enfants_096.jpg

    Risque de brûlure, de coupure ou de malformation sous le poids de la charge que supportent les mineurs dans les divers ateliers (Ph. L’Economiste - le visage a été modifié)

    Combien sont-ils à courber l’échine dans des tâches dangereuses? Dans quels secteurs? Quelle répartition par milieu de résidence? Les chiffres que publie le HCP pour la première fois sur le travail dangereux des enfants donnent l’ampleur du phénomène qui sévit parmi la population âgée de 7 à 17 ans. «C’est la composante des pires formes de travail exercé par cette catégorie de la population active occupée au Maroc», s’indigne le Haut commissariat au plan. Surtout, en cette occasion de célébration de la Journée mondiale contre le travail des enfants de manière générale. Certes, le Maroc a franchi d’importantes étapes dans cette lutte, via l’adoption d’une législation spécifique et l’adhésion à plusieurs conventions internationales dédiées mais beaucoup de chemin reste à faire. Surtout, en ce qui concerne les tâches à haut risque de santé, de handicap, voire de danger de mort.    
    Selon les données du HCP, en 2015 le travail dangereux concerne 193.000 enfants âgés de 7 à 17 ans. Le chiffre représente  59% de l’effectif total des mineurs au travail et 2,9% des enfants de cette catégorie d’âge. Par milieu de résidence, les plus exposés au danger se trouvent les campagnes : 80% qui sont pour l’écrasante majorité de sexe masculin, soit 78%. Les enfants âgés de 15 à 17 ans sont aussi majoritaires à hauteur des trois quarts.
    En milieu urbain, les enfants sont au nombre de 39.000 à exercer un travail dangereux. Ce qui représente 86% des mineurs au travail dans les villes et 1,1% de l’ensemble des enfants citadins. En milieu rural, ce nombre s’élève à 154.000.
    Fait marquant, environ 19% des enfants exerçant des taches dangereuses sont en cours de scolarisation et 71% ont quitté l’école alors que  9% ne l’ont jamais fréquentée. Pourtant, le Maroc a ratifié en 2001, la convention n° 182 de l’Organisation internationale du travail. Celle-ci décrète «l’interdiction des pires formes de travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur élimination». L’accord multilatéral définit le travail dangereux  pour les enfants comme facteur «nuisible à la santé, la sécurité et à la moralité des enfants».  
    Le travail dangereux reste concentré dans certains secteurs économiques et diffère selon le milieu de résidence. Ainsi, en zones rurales, il relève à raison de 76,4% de l’agriculture, forêt et pêche. En ville, en revanche, 52,7% se concentre dans les services et  30,5% dans l’«industrie y compris l’artisanat. Mais le danger guette le plus le secteur du BTP avec une proportion de 93%. Les chutes et les incidents dans les chantiers sont fréquents, faute de moyens de sécurité.

    Echantillon de risques

    Dans le monde rural, les dangers sont souvent liés à la présence d’animaux, d’insectes dangereux et de plantes toxiques ou vénéneuses. Sans compter les   risques d’exposition aux bactéries, aux parasites ou aux virus. Il en est de même de la manipulation de produits chimiques associés aux gaz (pesticides, herbicides, insecticides). Il y a également les dangers résultant des lieux de travail mal agencés. Les travaux exigeant le levage, le transport ou le déplacement de charges lourdes, des mouvements répétitifs ou puissants, ou des positions de travail maladroites. S’ajoute également le travail de nuit ou dans l’isolement.

     

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