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    Tribune

    Réforme ou révolution?

    Par Abdelhak RIKI | Edition N°:4792 Le 10/06/2016 | Partager

    Abdelhak Riki a occupé le poste de chef de cabinet au secrétariat d’Etat au Commerce extérieur dans le 2e gouvernement El Youssoufi. Directeur de publication de l’ex-revue marocaine en langue espagnole «Marruecos Siglo XXI». Cadre de Banque, actuellement chargé de mission auprès de la FRMF (Ph. A.R.)

    «Le mot le plus héroïque dans toutes les langues est “révolution”»
    Eugene Victor Debs - socialiste américain (1855-1926)

    Aa Maroc, des milliers de jeunes ont investi, sans préavis, les rues des principales villes du pays, le 20 février 2011, pour exiger plus de liberté, de justice et de dignité. Le printemps arabe avait commencé en Tunisie en 2010 et s’était propagé comme une traînée de poudre d’abord en Egypte, ensuite au Maroc et finalement en Libye.
    Evidemment, quand une révolution éclate, personne ne peut prédire sa fin ni sa tournure. Mais ce qui est certain, c’est que son coût, en vies humaines, est souvent élevé. D’ailleurs, les sociétés européennes touchées de plein fouet par les révolutions durant les trois derniers siècles, ont «inventé» le système politique de démocratie représentative permettant aux divers groupes sociaux et leurs représentations politiques de s’affronter sur le terrain des idées et de soumettre leurs programmes aux électeurs les invitant à utiliser le bulletin de vote en lieu et place de la pierre, des barricades et des armes à feu.
    De nos jours, ce système politique, permettant l’alternance et la réforme, présenté par Winston Churchill comme «le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres», est en pleine crise, incapable de répondre aux divers défis, de contrecarrer la corruption et d’être un rempart contre les extrémismes et nationalismes qui reviennent en force pour hanter les nuits des Européens et des Américains. Le problème est que ce système de démocratie représentative, de pluralisme et de séparation de pouvoirs, tant décrié par certains intellectuels et politiques occidentaux, est le rêve de millions de citoyens de pays en voie de développement. Depuis les indépendances des années soixante du siècle dernier, la plupart des peuples du «tiers-monde» ont vécu sous le joug de régimes despotiques, totalitaires, militaires et une démocratie de façade. Durant le printemps arabe, la jeunesse n’a cessé de revendiquer le droit à une participation citoyenne, libre, démocratique et souveraine pour le choix des parlements et des gouvernements.

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    Le 20 février 2011, des milliers de jeunes ont investi, les rues des principales villes du Maroc, pour exiger plus de liberté, de justice et de dignité. Six ans plus tard, la jeunesse marocaine est toujours sur le qui-vive, espérant que les prochaines élections générales apporteront du nouveau (Ph. L’Economiste)

    La question principale qui se pose aujourd’hui, au Maroc, est celle de savoir si la réforme est en marche ou bien n’est-elle qu’une chimère? À cette question les avis sont partagés. Certains considèrent que les réformes entamées par le gouvernement actuel (caisse de compensation et réforme des retraites entre autres) sont de nature à assainir le budget de l’Etat et ouvrir la voie à d’autres réformes structurelles au bénéfice du pays, de son tissu économique et de ses populations défavorisées. D’autres nient toute option réformiste de ce gouvernement et soulignent que les solutions préconisées sont dictées  par le Fonds monétaire international, faisant supporter aux fonctionnaires et salariés le règlement de la facture des dysfonctionnements des gouvernements antérieurs. Les plus critiques d’entre eux rejettent toute idée de «réforme» et insistent sur le fait que le véritable projet de ce gouvernement présidé par les islamistes, n’est autre que de «ramper» doucement pour «l’islamisation de l’Etat et de la société».
    Néanmoins, si la «réforme» est un impératif politique, économique et social au Maroc ainsi qu’une exigence urgente des jeunes, il semble que l’on n’a pas encore réussi à élever cette «réforme» au niveau du consensus national et social. Beaucoup craignent que ce qui arrive n’est qu’une pilule tranquillisante et non pas une cure définitive aux nombreux maux sociaux et politiques du pays.
    La jeunesse marocaine est sur le qui-vive, espérant que les prochaines élections générales apporteront du nouveau dans l’édification de l’Etat de droit dans le sens d’une transparence du scrutin, des programmes de réformes avancées et des coalitions politiques homogènes, loin de toutes «ingérences» interne et externe. Les jeunes jugeront sur le tas et décideront de la suite du combat historique pour la «réforme» tout en faisant prévaloir leur droit légitime à la «révolution» si rien ne change dans le bon sens.

    Du printemps à l’automne

    Aujourd'hui, six ans après le printemps arabe, on peut discourir sur les causes et supputer les conséquences de ce mouvement unique dans l’histoire du monde arabe. Pour les causes, certains ont avancé une intrusion américaine dans cette partie du monde ayant pour but un nouveau «Sykes-Picot», d’autres estiment que le renouveau est à l’ordre du jour suite à la faillite des régimes postindépendances.
    Pour les conséquences, trois tendances se détachent, la première et la deuxième peuvent être considérées comme appartenant au même paradigme puisqu’elles insistent sur le fait que le printemps s’est transformé en automne arabe et que le mouvement des jeunes a profité aux islamistes. La troisième tendance avance l’idée que cette vague de protestations n’est qu’à ses débuts et que d’autres suivront tôt ou tard. Cette pensée est véhiculée par des intellectuels de gauche qui se réfèrent à l’histoire des révolutions de par le monde, essentiellement en Europe.

     

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