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    Analyse

    Agriculture: Des transformations inespérées mais réelles

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4792 Le 10/06/2016 | Partager
    Hausse spectaculaire du PIB agricole: +57% en 8 ans!
    Akhannouch: objectif, devenir le 1er contributeur à la croissance
    Seul bémol, la difficile réforme de la céréaliculture
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    Avec la pêche et les produits frais, l’agro-industrie occupe déjà la troisième place parmi les secteurs exportateurs. Sur les six dernières années, le taux moyen de progression en valeur s’est établi à 7% contre 2% avant 2009.

    Le secteur agricole se structure et devrait à terme, devenir le premier contributeur à la croissance du PIB. Le Maroc a tous les atouts pour réussir cette projection. A commencer par le potentiel et les acquis réalisés depuis le lancement de la stratégie agricole (plan Maroc Vert). Le pays dispose de 1,5 million d’exploitations, 15 millions de personnes qui en tirent leurs revenus et entre 35 à 40% des emplois. Le secteur participe également pour près de 14% au PIB  et se place désormais au 3e rang des exportations avec l’agro-industrie et la pêche. Des performances à mettre à l’actif des réalisations du plan Maroc Vert. Avec à la clé un net décollage de la productivité.
    Selon le ministère de l’Agriculture, la croissance du PIB agricole sur la période 2008-2015 a grimpé de 57% pour atteindre 115 milliards de DH l’année dernière. Ce qui se traduit par un taux annuel de plus de 7%. Ramené au revenu des agriculteurs, tout particulièrement les petits et moyens, la productivité végétale s’élève actuellement à 7.800 DH/ha. Pour le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, qui intervenait lors du tout récent colloque de l’Association des inspecteurs des finances, ce niveau a permis de multiplier par 4 le revenu des agriculteurs. Grâce, bien évidemment, aux cultures industrielles et à la reconversion de celles vivrières en arboriculture fruitière (voir aussi L’Economiste du 6 juin 2016).
     Ces  transformations ont été portées par l’élan d’investissement dont le niveau a atteint 87 milliards de DH sur les 8 années de déploiement  de la stratégie Maroc Vert. Avec toutefois, une forte contribution de l’Etat : 56 milliards de DH concentrés sur les mesures transverses telles les projets d’irrigation, de l’aménagement des terres et des aides et subventions. Mais l’effet de levier reste très significatif. Un dirham investi par l’Etat se traduit par 2,7 dirhams de la part du privé. Seul bémol, la réforme de la céréaliculture qui peine à se mettre en place. Or, celle-ci détermine le niveau de croissance bien que sa part se situe à moins de 20% de la production brute agricole. Sauf qu’elle représente un poids considérable en termes de superficie et de population concernée: 80% du monde rural et autant de surface. Pour y remédier, le ministère envisageait d’en valoriser
    1 million d’hectares sous forme de cultures arboricoles et d’initier des projets d’agrégation. Si le premier volet paraît sur de bons rails, le second ne semble pas encore accrocher. Un seul avait été lancé dans la région de Casablanca-Settat mais n’a pas fait long feu.

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    Avec la pêche et les produits frais, l’agro-industrie occupe déjà la troisième place parmi les secteurs exportateurs. Sur les six dernières années, le taux moyen de progression en valeur s’est établi à 7% contre 2% avant 2009.

    Pour le moment, le ministère de l’Agriculture compte s’attaquer à la valorisation, au système d’abattage et à l’assainissement des circuits de distribution. Ce qu’il appelle «le rééquilibrage de l’équation amont-aval», c’est la recherche d’une meilleure synergie entre le plan Maroc Vert et celui d’accélération industrielle autour de l’agro-industrie. La vision validée cible des mesures d’incitation à l’investissement pour la certification de l’existant, la création de nouvelles unités et l’acquisition du matériel industriel. Des mesures de soutien à l’export seront également mises en place pour les marchés porteurs. Il en est de même pour la distribution locale, via le soutien au référencement auprès de grandes surfaces. La nouvelle stratégie de l’agro-industrie sera lancée cette année, avec au préalable la signature prochainement d’un contrat-programme entre les professionnels et les ministères concernés.
      Pour le moment, plusieurs productions agricoles se prêtent à la valorisation. Avec à la clé des volumes suffisants et en hausse soutenue. L’élevage, les cultures sucrières, l’oléiculture, le maraîchage ainsi que les agrumes affichent une bonne santé. «Mieux, ces spéculations enregistrent une hausse soutenue», estime le ministère de l’Agriculture. Il faut dire aussi que le plan anti-sécheresse a permis d’estomper les contrecoups des mauvaises conditions climatiques.  Mais même en cette année marquée par un déficit pluviométrique relativement  élevé par rapport à la normale (50%), le PIB agricole n’a pas été trop impacté. Tout au plus, il faut s’attendre à une baisse de 7%. «Alors qu’avant le déploiement de la stratégie, la valeur ajoutée agricole accusait généralement un plongeon de 40% en cas de sécheresse», est-il indiqué. Or, depuis 2008, le PIB agricole a progressé de 7% par an en moyenne. A tel point que la production végétale a augmenté de 30% sur la période de mise en œuvre du plan Maroc Vert (PMV). Rien que sur l’année 2015, elle a bondi de 15%.   
    Aujourd’hui, l’élan d’investissement constaté depuis 2008 permet de sécuriser  plusieurs pans de l’économie agricole. Depuis le lancement du PMV, le montant annuel investi s’élève à 8 milliards de DH. Et en 2016, il devrait doubler, avec le déploiement de projets agro-industriels.
    Pour l’heure, la production sucrière locale, qui a atteint 510.000 tonnes,  assure 43% des besoins de la consommation. Le rendement à l’hectare est de l’ordre de 12 tonnes de sucre alors qu’il ne dépassait pas les 6 à 7 tonnes. La production des olives se situe à 1,4 million de tonnes et celle des agrumes dépasse les 2 millions de tonnes. Reste à opérer quelques réglages pour cette dernière filière qui connaît un début de désintégration. C’est l’objectif de la stratégie agro-industrielle dont le lancement est imminent. Le ministère planche sur une offre qui ciblerait aussi l’industrie laitière, le maraîchage et l’oléiculture. Il s’agit d’assurer un soutien de l’ordre de 30% du coût d’investissement. Pour les agrumes, il est question d’instaurer une prime à l’écrasement.

    Valorisation de l’agriculture solidaire

    La valorisation de l’agriculture solidaire est entièrement prise en charge par l’Etat. C’est le cas des unités de trituration des olives et du froid, emballage et conditionnement des dattes. Pour les olives, le programme arrêté par le ministère de l’Agriculture porte sur la mise en place de 48 unités d’une capacité variant entre 60 et 100 tonnes par jour. En ce qui concerne les dattes, il est prévu d’installer 23 unités frigorifiques et de conditionnement modernes. Elles seront dotées chacune d’une capacité de 400 tonnes/an pour les frigos et 800 tonnes pour les unités de conditionnement.

     

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